J’ai commencé à travailler vendredi dans une grande entreprise de cosmétiques (quand je dis grande, je veux dire très grande), dont j’ai modifié le nom car mon contrat m’oblige à la confidentialité. Oui, oui. On fait pas les choses à moi, chez L’Auréole.
Je suis donc arrivée vendredi matin, à 9h00 précisément, bien habillée et bien maquillée, pour faire bonne impression le premier jour. Ensuite, on s’en fout, mais le premier jour, c’est important de donner une bonne image de soi, n’est-ce pas ? ^^
On était une trentaine de jeunes à attendre, mal réveillés, la tête dans le pâté, essayant de faire bonne figure. Je ne savais pas trop quoi faire pour m’occuper donc j’ai essayé d’écouter les conversations.
- Tu sais quoi, Thomas avait deux chaussettes de couleurs différentes, hier !
- Noooon ?! Trop LOL quoi !
Là, je me dis : Mitsu, on se calme. Tout le monde ne peut pas être comme ça. Pas comme ça. Pitié.
Ensuite, on s’est tapé une formation de 3h sur la sécurité. On a revu toutes nos bases de chimie, les pictogrammes sur les produits ménagers, du genre : « Attention, lorsqu’il y a une flamme sur l’étiquette, ça veut dire que le produit est inflammable. »
Sérieusement ? Youhou.
Enfin, nos chefs de service sont venus nous chercher. J’ai eu le droit à une femme d’une quarantaine d’année qui avait vraiment, mais vraiment l’air de se prendre pour la directrice générale de L’Auréole.
- Bon, là, c’est ton bureau. Là, c’est le mien, me dit-elle d’un ton dédaigneux avant de partir.
Je la rappelle :
- Excusez-moi, vous n’auriez pas un peu de travail à me confier ?
- Tu as une liste avec les noms des personnes à contacter dans ton bureau.
Et là, elle se casse. Oui, elle se casse, et elle me laisse seule, livrée à moi-même, avec pour seule compagnie une feuille de papier où étaient alignés des instructions et des noms de personnes à contacter.
Je prend le premier de la liste : « Archivage Rouges à Lèvre. Elisabeth. 5847. »
Au lieu d’appeler la fameuse Elisabeth, je me dis que je pourrais faire des rencontres en me baladant dans les couloirs. J’entre dans un bureau où étaient réunies quatre ou cinq personnes.
- Excusez-moi, je cherche Elisabeth.
- C’est moi-même ! répond-elle avec un geste magistral avant de m’annoncer que l’archivage est annulé, et que je n’ai donc rien, rien, rien de rien à faire.
- Mais je peux te donner un CD à graver, si tu veux ? ajoute-t-elle, pleine de bonne volonté.
Aha. T’es drôle, toi.
Finalement, elle a réussi à me dénicher un truc à faire relativement intéressant, que j’ai la flemme d’expliquer, mais qui consiste en gros à résumer des rapports d’analyse sur des rouges à lèvres et faire quelques graphiques pour illustrer le tout.
Mais s’il y a quelque chose de formidable, à L’Auréole, c’est bien la cantine ! Un pâtissier en chef nous concocte de délicieux gâteaux paraissant tout droit sortis d’une boulangerie des Champs-Élysées, on nous sert des salades à la tomate et de la mozzarella, etc.
Avec un plateau rempli à ras-bord d’un tas de bonne chose, entendez entrée + plat principal + dessert + canette de soda, j’en ai eu pour… 3 euros !
Je risque de prendre du poids ^^’
Quelques citations d’un type qui m’a bien fait rire à la cantine :
- Je connais un magasin de jouets, c’est comme Disney Land, mais en mieux !
- J’adore faire des trucs étranges, comme regarder la télé éteinte.
- Les seuls films qui me font pleurer, ce sont ceux avec Jean-Claude Vandamne.
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