<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Anthilemoon &#187; nouvelle</title>
	<atom:link href="http://anthilemoon.net/tag/nouvelle/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://anthilemoon.net</link>
	<description>Les tendances du web vues par une jeunette</description>
	<lastBuildDate>Tue, 31 Jan 2012 18:44:17 +0000</lastBuildDate>
	<language>en</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.3.2</generator>
		<item>
		<title>C&#039;est une première&#8230;</title>
		<link>http://anthilemoon.net/2007/03/cest-une-premiere/</link>
		<comments>http://anthilemoon.net/2007/03/cest-une-premiere/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 24 Mar 2007 19:53:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mitsu</dc:creator>
				<category><![CDATA[Tranches de vie]]></category>
		<category><![CDATA[nouvelle]]></category>
		<category><![CDATA[prépa]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://so-yamapi.net/wp/?p=72</guid>
		<description><![CDATA[Et oui, je l&#8217;ai finie ! La nouvelle que certains d&#8217;entres vous ont lu la semaine dernière&#8230; Je l&#8217;ai finie ! Je n&#8217;en reviens pas moi même, car ce doit être seulement le troisième récit que je termine malgré le fait que je passe mon temps à écrire. Bon, il ne m&#8217;aura fallut que deux [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://anthilemoon.net/2007/03/arrache-moi-les-ailes/"><img src="http://img407.imageshack.us/img407/9971/amlavd4.png" border="0" alt="" /></a></p>
<p>Et oui, je l&#8217;ai finie ! La nouvelle que certains d&#8217;entres vous ont lu la semaine dernière&#8230; Je l&#8217;ai finie ! Je n&#8217;en reviens pas moi même, car ce doit être seulement le troisième récit que je termine malgré le fait que je passe mon temps à écrire. Bon, il ne m&#8217;aura fallut que deux jours pour l&#8217;achever : une heure pour la première partie la semaine dernière, et trois heures pour le reste cette semaine, mais la suite de l&#8217;histoire m&#8217;a parut être une évidence.<br />
Je vais arrêter de m&#8217;étaler là-dessus, ceux qui voudront la lire pourront aller à <span style="text-decoration: underline;">Écrits</span> &gt;&gt; <span style="text-decoration: underline;">Arrache moi les ailes</span>. N&#8217;hésitez pas à me donner votre avis, qu&#8217;il soit positif ou négatif !</p>
<p>J&#8217;ai passé une semaine épuisante. J&#8217;ai cavalé tous les jours pour boucler mes dossiers d&#8217;inscription en classes préparatoires, pour des établissements dans lesquels je suis quasiment sûre de ne pas être reçue. Il m&#8217;a fallut acheter des <em>pochettes plastifiées à angles ouverts</em> (ils pouvaient pas faire <span style="text-decoration: underline;">encore</span> plus compliqué ?), des enveloppes d&#8217;un format précis, des timbres à 1€30, une chemise avec étiquette, et blablabla&#8230;<br />
Je crois que le plus dur a été d&#8217;écrire mes lettres de motivation. Vous savez, ces quelques lignes dans lesquels vous dites à quel point vous aimeriez intégrer leur établissement, à quel point vous les aimez, à quel point vous êtes motivée, et à quel point il feraient une <strong>ÉNORME ERREUR</strong> en ne vous prenant pas.<br />
J&#8217;ai hésité un instant à écrire quelque chose du genre &laquo;&nbsp;J&#8217;suis une quiche en maths, mais je kiffe grave votre bahut, donc prenez moi, wesh&nbsp;&raquo; puis je me suis contentée d&#8217;un paragraphe d&#8217;une affreuse banalité.<br />
Enfin, on verra bien.</p>
<p><strong>Nouveau partenaire :</strong> <a href="http://littlest-things.fr.nf/" target="_blank">Littlest Things</a>, le site de créations graphiques de [multicOlOr].</p>


<div class="shr-bookmarks shr-bookmarks-expand shr-bookmarks-center">
<ul class="socials">
		<li class="shr-delicious">
			<a href="http://delicious.com/post?url=http://anthilemoon.net/2007/03/cest-une-premiere/&amp;title=C%26%23039%3Best+une+premi%C3%A8re..." rel="nofollow" class="external" title="Partagez-le sur del.icio.us">Partagez-le sur del.icio.us</a>
		</li>
		<li class="shr-facebook">
			<a href="http://www.facebook.com/share.php?v=4&amp;src=bm&amp;u=http://anthilemoon.net/2007/03/cest-une-premiere/&amp;t=C%26%23039%3Best+une+premi%C3%A8re..." rel="nofollow" class="external" title="Partagez-le sur Facebook">Partagez-le sur Facebook</a>
		</li>
		<li class="shr-linkedin">
			<a href="http://www.linkedin.com/shareArticle?mini=true&amp;url=http://anthilemoon.net/2007/03/cest-une-premiere/&amp;title=C%26%23039%3Best+une+premi%C3%A8re...&amp;summary=%0A%0AEt%20oui%2C%20je%20l%27ai%20finie%20%21%20La%20nouvelle%20que%20certains%20d%27entres%20vous%20ont%20lu%20la%20semaine%20derni%C3%A8re...%20Je%20l%27ai%20finie%20%21%20Je%20n%27en%20reviens%20pas%20moi%20m%C3%AAme%2C%20car%20ce%20doit%20%C3%AAtre%20seulement%20le%20troisi%C3%A8me%20r%C3%A9cit%20que%20je%20termine%20malgr%C3%A9%20le%20fait%20que%20je%20passe%20mon%20temps%20%C3%A0%20%C3%A9crire.%20Bon%2C%20il%20ne%20m%27aura%20fallut%20que%20deux%20jours%20po&amp;source=Anthilemoon" rel="nofollow" class="external" title="Partagez-le sur LinkedIn">Partagez-le sur LinkedIn</a>
		</li>
		<li class="shr-stumbleupon">
			<a href="http://www.stumbleupon.com/submit?url=http://anthilemoon.net/2007/03/cest-une-premiere/&amp;title=C%26%23039%3Best+une+premi%C3%A8re..." rel="nofollow" class="external" title="Tomber sur un bon truc ? Partagez cet article sur StumbleUpon">Tomber sur un bon truc ? Partagez cet article sur StumbleUpon</a>
		</li>
		<li class="shr-technorati">
			<a href="http://technorati.com/faves?add=http://anthilemoon.net/2007/03/cest-une-premiere/" rel="nofollow" class="external" title="Partagez-le sur Technorati">Partagez-le sur Technorati</a>
		</li>
		<li class="shr-tumblr">
			<a href="http://www.tumblr.com/share?v=3&amp;u=http%3A%2F%2Fanthilemoon.net%2F2007%2F03%2Fcest-une-premiere%2F&amp;t=C%26%23039%3Best+une+premi%C3%A8re..." rel="nofollow" class="external" title="Partagez-le sur Tumblr">Partagez-le sur Tumblr</a>
		</li>
		<li class="shr-twitter">
			<a href="http://twitter.com/home?status=RT+%40anthilemoon+%3A+C%26%23039%3Best+une+premi%C3%A8re...+-+http://anthilemoon.net/2007/03/cest-une-premiere/&amp;source=shareaholic" rel="nofollow" class="external" title="Tweetez-le !">Tweetez-le !</a>
		</li>
		<li class="shr-wikio">
			<a href="http://www.wikio.com/sharethis?url=http://anthilemoon.net/2007/03/cest-une-premiere/&amp;title=C%26%23039%3Best+une+premi%C3%A8re..." rel="nofollow" class="external" title="Partagez-le sur Wikio">Partagez-le sur Wikio</a>
		</li>
</ul>
<div style="clear:both;"></div>
</div>

]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://anthilemoon.net/2007/03/cest-une-premiere/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Arrache moi les ailes</title>
		<link>http://anthilemoon.net/2007/03/arrache-moi-les-ailes/</link>
		<comments>http://anthilemoon.net/2007/03/arrache-moi-les-ailes/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 24 Mar 2007 14:13:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mitsu</dc:creator>
				<category><![CDATA[(Ré)création]]></category>
		<category><![CDATA[écriture]]></category>
		<category><![CDATA[nouvelle]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://anthilemoon.net/?p=448</guid>
		<description><![CDATA[Mon but était ici de décrire le glissement d&#8217;une jeune fille de la réalité au rêve, et de parvenir à opérer ce changement sans que le lecteur ne s&#8217;en aperçoive. Je sais, j&#8217;ai eu la folie des grandeurs. Résultat : une nouvelle finie mais bâclée qui me laisse un arrière-goût de pas terminé. Il faudrait [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Mon but était ici de décrire le glissement d&#8217;une jeune fille de la réalité au rêve, et de parvenir à opérer ce changement sans que le lecteur ne s&#8217;en aperçoive. Je sais, j&#8217;ai eu la folie des grandeurs. Résultat : une nouvelle finie mais bâclée qui me laisse un arrière-goût de <em>pas terminé</em>.<br />
Il faudrait que je prenne mon courage et qu&#8217;un jour je la reprenne intégralement, sans même me baser sur les bribes que j&#8217;ai déjà écrites.</p>
<p><span id="more-448"></span></p>
<h2 class="green">Samedi</h2>
<p>Elle écrasa sa cigarette à peine entamée dans le cendrier qui tenait comme par magie sur le rebord de son lit, et replia lentement ses longues jambes maigres sous son corps. L&#8217;unique bas de laine rayé qu&#8217;elle portait sur la jambe gauche faisait figure d&#8217;élément incongru au milieu de cette chambre grise. Les murs, au papier peint délavé laissant deviner quelques gribouillis d&#8217;enfant çà et là, entouraient avec austérité un bric-à-brac de vêtements chiffonnés, de vieux emballages, de feutres, de croquis inachevés et de livres abandonnés.<br />
Tout était gris et terne dans cette chambre, et Cannelle retira brusquement ce bas malvenu pour le jeter sous une commode, où il alla rejoindre les autres objets qui avaient eu le tort de l&#8217;agacer un jour où l&#8217;autre. Sans se soucier de la cigarette qui fumait encore et du cendrier rempli qui manquer de tomber sur le sol à chacun de ses mouvements, elle se laissa tomber lourdement en arrière sur le lit défait et soupira en regardant la lumière pâle qui filtrait à travers les volets fermés.</p>
<p>- Il faudrait que je songe à sortir&#8230;&nbsp;&raquo; murmura-t-elle pour elle-même.</p>
<p>C&#8217;était un samedi après-midi, et comme toute étudiante elle aurait sûrement dû aller boire un verre avec des amis, ou voir le dernier film dont on parlait. Mais elle n&#8217;en avait ni l&#8217;envie, ni d&#8217;ailleurs de véritables amis avec qui partager ces moments d&#8217;une insipide banalité. Oh, elle n&#8217;était ni laide ni associable, mais elle faisait suffisamment d&#8217;efforts quotidiennement avec ses camarades pour être capable d&#8217;endosser le costume de l&#8217;adolescente passionnée par les rumeurs et les animaux étranges du sexe opposé lorsqu&#8217;elle n&#8217;y était pas obligée.</p>
<p>Elle enfila un short par dessus sa culotte et lissa du plat de la main la chemise froissée de son père qu&#8217;elle portait, avant de quitter sa chambre qu&#8217;elle ferma précautionneusement.<br />
Dans la cuisine, sa mère préparait des œufs au plat pour une raison inconnue à cette heure de la journée.</p>
<p>- Tu en veux, ma chérie ? Le docteur a dit que c&#8217;était très bon pour la santé. Et Timothée en voudra, lui aussi.&nbsp;&raquo;<br />
Cannelle poussa un soupir agacé.<br />
- Maman, Timothée est mort.<br />
- Ne dis pas de bêtises, voyons. N&#8217;est-ce pas, Timothée, que tu es en pleine forme et que tu vas rendre fière ta maman en gagnant ce tournoi de tennis ?&nbsp;&raquo; répondit-elle en regardant tendrement ce qui, de toute évidence, n&#8217;était qu&#8217;une casserole.<br />
Cannelle ne prit pas la peine d&#8217;objecter, et ouvrit le réfrigérateur qu&#8217;elle ne mit pas beaucoup de temps à inspecter : il était vide.</p>
<p>- Bordel, est-ce que tu comptes, ne serait-ce qu&#8217;une fois, faire les courses pour qu&#8217;on puisse manger quelque chose dans cette maison de fous ?&nbsp;&raquo; éructa-t-elle.<br />
- Je voulais y aller, mais Timothée était fatigué et ton père n&#8217;est pas encore rentré.&nbsp;&raquo; expliqua calmement sa mère tout en posant sur la table une assiette contenant un œuf.<br />
Cannelle prit entre ses doigts un petit bout de blanc resté collé sur le bord de l&#8217;assiette et le goûta, avant d&#8217;entamer franchement le reste de l&#8217;œuf, toujours à la main. Au début, elle avait détesté manger comme cela, mais à force de ne jamais trouver le moindre couvert dans la cuisine, elle s&#8217;y était habituée et ne faisait même plus la remarque à sa mère, qui de toute façon lui répondait inlassablement que cela amusait Timothée de les cacher.</p>
<p>Depuis sa fausse couche, Suzanne était dans cette état en permanence, ou presque, et encore valait-il mieux sa folie douce à ses éclairs de lucidité, où elle restait debout, hébétée et muette, cherchant désespérément à comprendre où en était le court de sa vie. Les psychologues avaient tous été unanimes : elle n&#8217;acceptait pas la port de son fils et avait donc mentalement matérialisé son avorton.<br />
Mais Cannelle n&#8217;avait pu contenir sa rage quand ils lui avaient avoué qu&#8217;ils ne voulaient rien tenter pour ce qui était de la guérir, car une seconde perte de son fils chéri pourrait irrémédiablement bouleverser sa santé mentale. Comme si celle-ci n&#8217;était pas déjà passablement atteinte !<br />
Le père de Cannelle n&#8217;avait pas supporté de voir sa femme sombrer de jour en jour, lui même cantonné au rôle d&#8217;impuissant spectateur, et il était parti un matin, très tôt, sans rien dire. La jeune fille aurait pu lui en vouloir de les avoir abandonnés, mais elle l&#8217;admirait en fait secrètement pour avoir réussi à franchir le pas, alors qu&#8217;elle en rêvait toute les nuit sans pouvoir s&#8217;y résoudre. Elle n&#8217;avait plus rien à voir avec cette étrangère qu&#8217;était devenue sa mère, mais ne se sentait pas capable de l&#8217;abandonner car elle constituait son dernier lien avec la réalité.</p>
<h2 class="green">**********</h2>
<p>Après que Cannelle ait quitté la pièce comme une ombre, Suzanne ramassa l&#8217;assiette laissée vide et abandonnée sur la table pour la laver. Tout en observant d&#8217;un œil absent l&#8217;eau savonneuse qui glissait lentement sur la porcelaine, elle songea à sa fille.<br />
Qu&#8217;avait-elle à répéter sans cesse que son frère était mort ? Son comportement était étrange ces derniers temps, et même si Cannelle avait toujours été légèrement différente des autres enfants, sa mère commençait à s&#8217;inquiéter. Elle avait bien tenté d&#8217;en parler à Franck, son mari, mais celui-ci lui rétorquait qu&#8217;il n&#8217;en savait strictement rien puisqu&#8217;il ne l&#8217;avait pas croisée depuis des mois.<br />
- Elle sort toujours avant que je ne rentre à la maison, et si par miracle nous sommes ensemble sous ce toit, elle s&#8217;enferme des heures dans sa chambre? Qu&#8217;est-ce qu&#8217;elle y fiche, d&#8217;ailleurs ? s&#8217;ennervait-il.<br />
Suzanne haussait alors simplement les épaules et levait les yeux au ciel, comme tout femme au foyer qui a renoncé à comprendre.</p>
<h2 class="green">**********</h2>
<p>Trempée et frissonnante, Cannelle hâtait le pas dans les rues maintenant sombres de son quartier pour rentrer s&#8217;abriter chez elle. Elle ne regrettait finalement pas d&#8217;être sortie, et serrait sans ses mains tâchées de boue une boîte à chaussure qu&#8217;elle tentait de protéger de la pluie. Apercevant la façade de sa maison, elle n&#8217;osa pas courir malgré l&#8217;eau qui ruisselait sur son visage, de peur d&#8217;en abimer le précieux contenu. Elle parcourut les derniers mètres, poussa la porte de la maison silencieuse et, n&#8217;y tenant plus, gravit quatre à quatre les marches de l&#8217;escalier avant de claquer violemment la porte de sa chambre derrière elle.<br />
Elle s&#8217;y adossa et se laissa choir, épuisée. Elle tendit l&#8217;oreille quelques secondes pour vérifier qu&#8217;elle n&#8217;avait pas réveillé sa mère à cette heure tardive de la nuit, quand un grattement se fit entendre dans la boîte. Elle la regarda, hésitante, puis l&#8217;ouvrit doucement lorsque le bruit se fit plus insistant. Elle ne vit passer qu&#8217;un museau, et sentit une vague de chaleur dans son cou.</p>
<p>Cannelle attrapa le gros rat qui s&#8217;y était lové, et le posa sur ses genoux. Cela faisait tellement longtemps qu&#8217;elle en désirait un ! L&#8217;animal gesticulait dans tous les sens, tentant de saisir le doigt que la jeune fille lui tendait. Elle eu soudain une idée, et reposa le rat dans la boîte qu&#8217;elle ferma avant de descendre dans la cuisine. Dans le noir, elle trouva à tâtons la porte du réfrigérateur qu&#8217;elle ouvrit pour la seconde fois de la journée.<br />
- Il doit bien y avoir un petit bout de fromage quelque part&#8230; marmonna-t-elle.<br />
Une petite voix lui répondit immédiatement derrière elle.<br />
- Y&#8217;a plus de fromage, j&#8217;ai tout mangé !<br />
Cannelle se retourna brusquement, croyant avoir rêvé. La lumière bleutée du réfrigirateur éclairait un garçon de cinq ans à peine, qui lui souriait, la tête légèrement penchée sur le côté.</p>
<p>- Que&#8230;?<br />
- J&#8217;ai tout mangé ! répéta l&#8217;enfant en se balançant d&#8217;un pied sur l&#8217;autre, les mains dans le dos.<br />
Cannelle écarquilla les yeux, puis se les frotta sans conviction, maintenant sûre qu&#8217;il y avait bien un gamin inconnu dans sa cuisine. Elle se calma, persuadée que c&#8217;était encore une des lubies de la mère.<br />
- C&#8230; Comment t&#8217;appelles-tu ? demanda-t-elle en essayant d&#8217;être la moins agressive possible.<br />
- Timothée, répondit-il immédiatement.</p>
<p>La jeune fille prit une chaise et s&#8217;y laissa littéralement tomber. Sa mère allait trop loin. À qui pouvait-elle bien avoir prit cet enfant, croyant que c&#8217;était le sien ? Dans un autre foyer, un couple pleurait peut-être la disparition de ce garçon, le pensant aux mains d&#8217;un pédophile ou noyé au fond d&#8217;un lac.<br />
C&#8217;était un enlèvement, songea-t-elle, et si quelqu&#8217;un venait à s&#8217;en rendre compte, la démence de sa mère éclaterait au grand jour et elle serait enfermée pour des années.<br />
- Dis moi, quel est ton vrai prénom ? chuchota-t-elle. Le garçon parut désappointé et cessa de sourire niaisement.<br />
- Euh, c&#8217;est Timothée, bégaya-t-il.<br />
Mon Dieu&#8230; Elle avait convaincu ce pauvre gosse qu&#8217;il s&#8217;appelait ainsi. Comment alors le ramener à ses parents ? Elle le dévisagea.<br />
Il n&#8217;avait l&#8217;air ni effrayé, ni malheureux. Elle tombait de sommeil et décida de remettre tout cela au lendemain. Ce serait Dimanche, les gendarmes n&#8217;entreprendraient pas de réelles recherches avant Lundi, elle avait le temps de trouver une solution.<br />
- Vas te coucher, tu vas être fatigué, lui dit-elle en le poussant légèrement vers le couloir.</p>
<p>Le gamin obtempéra sas poser de questions et Cannelle entendit quelques secondes plus tard une porte se refermer. Elle se souvint soudain du rat qui attendait dans sa boîte et arracha un morceau à la baguette de pain rassi qui trainait près de l&#8217;évier avant d&#8217;aller se coucher.</p>
<h2 class="green">Dimanche</h2>
<p>Cannelle préféra éviter toute entrée en matière, tant le problème était grave.<br />
- C&#8217;était qui, le gamin qui dormait à la maison, hier soir ?<br />
- Ah, tu te rends enfin compte de l&#8217;existence de ton frère ? répondit Suzanne, d&#8217;un ton qu&#8217;elle aurait préféré moins sarcastique.<br />
Elle pressait des oranges pour le petit-déjeuner de Franck, son mari, qui exceptionnellement ne travaillait pas ce jour là. Il dormait encore, et elle voulait comme tous les dimanches lui apporter un plateau bien garni au lit.<br />
- Arrête avec cette histoire, marmonna Cannelle. Je comprend que tu souffres, mais de là à enlever un gamin&#8230; Faudrait songer à te faire sérieusement soigner ! ajouta-t-elle plus fort.<br />
Suzanne releva la tête, hébétée.<br />
- Qu&#8230; Quoi ?</p>
<p>La jeune fille était exaspérée. Voyant qu&#8217;il était impossible de faire entendre raison à sa mère, elle décida d&#8217;entreprendre elle même les démarches nécessaires pour le restituer à ses parents. Elle sortit de la cuisine pour rejoindre l&#8217;enfant, se doutant que sa mère l&#8217;avait fait dormir dans la chambre qui était à l&#8217;origine destinée au vrai Timothée. Elle ouvrit la porte, et resta muette à l&#8217;entrée de la pièce.<br />
Elle n&#8217;était pas entrée depuis l&#8217;évènement qui avait rendu sa mère aliénée, et supposait vaguement que ce devrait maintenant être un vieux débarras poussiéreux. Mais au contraire, cela avait tout l&#8217;air d&#8217;une chambre d&#8217;enfant : des jouets, éparpillés sur la moquette bleue, débordaient de caisses colorées en plastique. Une petite bibliothèque remplie d&#8217;imagiers et de figurines faisait face à un bureau désordonné et à un lit paradoxalement bien fait, mais vide de tout occupant. Cannelle rebroussa chemin et ouvrit la porte de la cuisine à tout volée.</p>
<p>- Où est-il ? cria-t-elle.<br />
Sa mère laissa tomber le plateau rempli qu&#8217;elle portait sur la carrelage. Un tasse, une assiette et une théière se brisèrent, répandant leur contenu sur le sol. Suzanne se précipita pour ramasser les débris, bouleversée. Elle releva la tête et regarda sa fille dans les yeux, rouge de colère, ne tentant pas de dissimuler les larmes qui coulaient sur ses joues.<br />
- Où est quoi ? hurla-t-elle<br />
- Le gamin !<br />
Suzanne ne répondit pas, déjà occupée à éponger la flaque de café qui s&#8217;étendait doucement.<br />
- Où est le gamin ? répéta Cannelle, qui ne pouvait plus se contrôler.<br />
Sa mère se releva, tenant dans ses mains quelques morceaux de verre qui l&#8217;avaient entaillée. Elle les jeta dans l&#8217;évier, grimaçant au bruit désagréable qu&#8217;ils firent en tombant sur le métal, et essuya du coin de la robe la goutte de sang qui perlait au bout de son doigt. Elle était parvenue à retrouver cette attitude calme et légère qu&#8217;elle avait tous les jours.<br />
- C&#8217;est ton frère, commença-t-elle. Alors cesse de l&#8217;appeler ainsi. Et il est parti tôt ce matin chez les grands parents, pour les vacances.<br />
Elle soupira.<br />
- Qu&#8217;est-ce que je vais dire à ton père ? Il va attendre son petit déjeuner.<br />
Cannelle s&#8217;était déjà saisi du téléphone, composant fébrilement le numéro des urgences psychiatriques.</p>
<h2 class="green">Lundi</h2>
<p>Blanc. Tout était trop blanc dans cet hôpital. Suzanne se retourna dans son lit, retenant un gémissement de douleur, et ramena à elle le peu de couverture qu&#8217;on lui avait donné. Elle hésitait à dire aux médecins pourquoi elle était ici.<br />
Peut-être allaient-il lui faire du mal ?<br />
Elle ne le supporterait pas. D&#8217;un mouvement de la main involontaire, elle chassa ses idées sombres comme on chasse un insecte gênant, et se recomposa un sourire lorsqu&#8217;elle vit Franck et Timothée entrer dans la chambre main dans la main, apportant sûrement des fleurs ou des chocolats.</p>
<h2 class="green">**********</h2>
<p>Cannelle s&#8217;allongea sur le sol toujours aussi encombré de sa chambre et laissa courir son rat le long de son bras. Craintif au début, il se laissait déjà caresser au bout d&#8217;une journée à peine.<br />
Elle fixa le plafond lézardé, un peu perdue. Elle ne culpabilisait pas d&#8217;avoir averti les médecins et fait envoyer sa mère à l&#8217;hôpital, car elle restait maintenant intimement convaincue que cela restait le mieux à faire, mais s&#8217;étonnait de ne ressentir aucun regret. Suzanne restait sa mère, tout de même ! De plus, prise de panique, elle avait quitté la maison précipitament après avoir appelé, sans se soucier du gamin, qu&#8217;elle n&#8217;avait pas trouvé là à son retour. Elle bâilla, regardant le ciel s&#8217;assombrir au travers de la fenêtre entrouverte.<br />
Pas de frère, trop faible pour tenir, pas de père, trop lâche pour rester, et maintenant c&#8217;était sa mère qui la quittait, sa mère simplement trop folle.<br />
Qu&#8217;allait-elle faire maintenant ?</p>
<p>Elle se roula en boule pour réfléchir, quand elle entendit quelqu&#8217;un frapper à la porte de l&#8217;étage inférieur. Sans vraiment se presser, elle descendit l&#8217;escalier et alla ouvrir. Deux hommes habillés de blouses, vraisemblablement des infirmiers, s&#8217;avancèrent d&#8217;un pas.<br />
- Tu es bien Cannelle ?<br />
Elle hocha la tête, attendant qu&#8217;on lui annonce que sa mère allait être définitivement internée. Mais aucun des deux hommes ne parla, et celui de gauche la saisit violemment par les bras et la porta sans ménagement jusqu&#8217;à l&#8217;ambulance garée devant la maison, en lui compressant la bouche avec un mouchoir imbibé d&#8217;éther.<br />
Elle eu juste le temps de voir le deuxième homme en blanc refermer précautionneusement la porte avant de sombrer dans les bras de Morphée.</p>
<h2 class="green">**********</h2>
<p>Elle se réveilla en sueur, dans une petite pièce grise sans fenêtre, nue sous une blouse blanche à moitié déchirée et le crâne rasé. Ses mains liées par des sangles, elle se balançait, vautrée dans un coin, bavant et pleurant sans retenue. De temps à autres, elle hurlait, et s&#8217;entendait hurler en retour, l&#8217;écho de sa voix étant renvoyé par les murs fissurés.<br />
- Maman ! Maman !</p>
<h2 class="green">Mardi</h2>
<p><em>&laquo;&nbsp;<strong>Une jeune fille tente de tuer sa mère.</strong><br />
Le diagnostic a été annoncé hier : Cannelle R. était schizophrène. Persuadée que son frère était mort-né, que son père l&#8217;avait abandonnée et que sa mère était démente, la jeune fille a vécu des années une existence normale sans que son entourage ne détecte ses troubles psychologiques.<br />
C&#8217;est Lundi matin qu&#8217;elle se saisit d&#8217;un combiné téléphonique et frappe sa mère à la tête à plusieurs reprises avant de s&#8217;enfuir. La femme a miraculeusement réussi à saisir le téléphone et à appeler un médecin.<br />
Selon le Docteur V. &laquo;&nbsp;aucune opération n&#8217;est possible au risque de tuer ma patiente, et même si ses jours ne sont plus en danger, elle vivra avec d&#8217;irrémédiables séquelles psychologiques.&nbsp;&raquo;<br />
Considérée comme dangereuse, Cannelle R. a été internée à l&#8217;hôpital S. considéré comme le plus strict du pays.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>Suzanne rangea le journal dans le réfrigérateur avec un sourire ravi et se tourna avec son mari :<br />
- Allo ?</p>


<div class="shr-bookmarks shr-bookmarks-expand shr-bookmarks-center">
<ul class="socials">
		<li class="shr-delicious">
			<a href="http://delicious.com/post?url=http://anthilemoon.net/2007/03/arrache-moi-les-ailes/&amp;title=Arrache+moi+les+ailes" rel="nofollow" class="external" title="Partagez-le sur del.icio.us">Partagez-le sur del.icio.us</a>
		</li>
		<li class="shr-facebook">
			<a href="http://www.facebook.com/share.php?v=4&amp;src=bm&amp;u=http://anthilemoon.net/2007/03/arrache-moi-les-ailes/&amp;t=Arrache+moi+les+ailes" rel="nofollow" class="external" title="Partagez-le sur Facebook">Partagez-le sur Facebook</a>
		</li>
		<li class="shr-linkedin">
			<a href="http://www.linkedin.com/shareArticle?mini=true&amp;url=http://anthilemoon.net/2007/03/arrache-moi-les-ailes/&amp;title=Arrache+moi+les+ailes&amp;summary=Mon%20but%20%C3%A9tait%20ici%20de%20d%C3%A9crire%20le%20glissement%20d%27une%20jeune%20fille%20de%20la%20r%C3%A9alit%C3%A9%20au%20r%C3%AAve%2C%20et%20de%20parvenir%20%C3%A0%20op%C3%A9rer%20ce%20changement%20sans%20que%20le%20lecteur%20ne%20s%27en%20aper%C3%A7oive.%20Je%20sais%2C%20j%27ai%20eu%20la%20folie%20des%20grandeurs.%20R%C3%A9sultat%20%3A%20une%20nouvelle%20finie%20mais%20b%C3%A2cl%C3%A9e%20qui%20me%20laisse%20un%20arri%C3%A8re-go%C3%BBt%20de%20pas%20termin&amp;source=Anthilemoon" rel="nofollow" class="external" title="Partagez-le sur LinkedIn">Partagez-le sur LinkedIn</a>
		</li>
		<li class="shr-stumbleupon">
			<a href="http://www.stumbleupon.com/submit?url=http://anthilemoon.net/2007/03/arrache-moi-les-ailes/&amp;title=Arrache+moi+les+ailes" rel="nofollow" class="external" title="Tomber sur un bon truc ? Partagez cet article sur StumbleUpon">Tomber sur un bon truc ? Partagez cet article sur StumbleUpon</a>
		</li>
		<li class="shr-technorati">
			<a href="http://technorati.com/faves?add=http://anthilemoon.net/2007/03/arrache-moi-les-ailes/" rel="nofollow" class="external" title="Partagez-le sur Technorati">Partagez-le sur Technorati</a>
		</li>
		<li class="shr-tumblr">
			<a href="http://www.tumblr.com/share?v=3&amp;u=http%3A%2F%2Fanthilemoon.net%2F2007%2F03%2Farrache-moi-les-ailes%2F&amp;t=Arrache+moi+les+ailes" rel="nofollow" class="external" title="Partagez-le sur Tumblr">Partagez-le sur Tumblr</a>
		</li>
		<li class="shr-twitter">
			<a href="http://twitter.com/home?status=RT+%40anthilemoon+%3A+Arrache+moi+les+ailes+-+http://anthilemoon.net/2007/03/arrache-moi-les-ailes/&amp;source=shareaholic" rel="nofollow" class="external" title="Tweetez-le !">Tweetez-le !</a>
		</li>
		<li class="shr-wikio">
			<a href="http://www.wikio.com/sharethis?url=http://anthilemoon.net/2007/03/arrache-moi-les-ailes/&amp;title=Arrache+moi+les+ailes" rel="nofollow" class="external" title="Partagez-le sur Wikio">Partagez-le sur Wikio</a>
		</li>
</ul>
<div style="clear:both;"></div>
</div>

]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://anthilemoon.net/2007/03/arrache-moi-les-ailes/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>La Quête</title>
		<link>http://anthilemoon.net/2006/08/la-quete/</link>
		<comments>http://anthilemoon.net/2006/08/la-quete/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 10 Aug 2006 14:44:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mitsu</dc:creator>
				<category><![CDATA[(Ré)création]]></category>
		<category><![CDATA[nouvelle]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://anthilemoon.net/?p=466</guid>
		<description><![CDATA[Un récit relativement banal, que j&#8217;ai écrit il y a tellement longtemps que je ne m&#8217;en souvient pas. C&#8217;est assez court, et pour cause, ce n&#8217;est comme d&#8217;habitude qu&#8217;à peine commencé. Je ne vous dis rien de l&#8217;histoire, car il ne faut que quelques minutes pour lire ces lignes. CHAPITRE 1 &#8211; La maladie Kyoto [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Un récit relativement banal, que j&#8217;ai écrit il y a tellement longtemps que je ne m&#8217;en souvient pas. C&#8217;est assez court, et pour cause, ce n&#8217;est comme d&#8217;habitude qu&#8217;à peine commencé. Je ne vous dis rien de l&#8217;histoire, car il ne faut que quelques minutes pour lire ces lignes.</p>
<p><span id="more-466"></span></p>
<h2>CHAPITRE 1 &#8211; La maladie</h2>
<p>Kyoto est malade. Il tousse, la sueur coule sur son front. Des phrases incohérentes se forment sur ses lèvres.<br />
- Appelez le druide ! crie un homme.<br />
Un bruit de pas précipités résonne sur le petit chemin caillouteux qui serpente vers la cabane. Le druide pousse la porte de bois, et contemple, étonné, le spectacle de tous ces gens réunis en ce lieu.<br />
Une femme, la mère de Kyoto, trempe fébrilement des linges dans une bassine d’eau, qu’elle dépose ensuite délicatement sur le front de son fils, pour le rafraîchir. Des enfants courent en tous sens, ne se doutant même pas que la Mort elle-même est sur le point de visiter la cabane. Une petite fille, la sœur du malade, tire les jupes de sa tante en lui demandant innocemment : « Kyoto est fatigué ? ».<br />
- Non, Kyoto n’est pas fatigué. Kyoto est malade. Mais ne t’inquiète pas, le druide est arrivé, et va le soigner.<br />
Ce dernier, passé le premier moment de surprise, demande à la majorité des villageois de quitter la chambre, qu’il puisse « travailler » en paix. Certains râlent, se disant de la famille et donc personnellement concernés par la maladie de Kyoto, mais tous finissent par partir, bon gré mal gré.<br />
Le druide se tourne vers la mère de Kyoto, et lui demande :<br />
- Depuis combien de temps est-il ainsi ?<br />
- Cela fait à peine une heure… dit la mère en soupirant.<br />
Le druide s’avança vers le lit, posa la main sur le front du jeune homme, qui devait avoir dix-sept ans au plus et, brusquement, cessa de bouger.<br />
- Que se passe-t-il ? demanda, inquiète, la femme.<br />
- Impossible… C’est impossible.<br />
Le druide paraissait consterné, comme frappé par la foudre. Il restait immobile, la main sur la tête de Kyoto, le regardant fixement, tel une apparition. Il se tourna vers la femme :<br />
- Il est trop tôt pour en être sûr, mais si je ne me trompe pas…<br />
- Il va mourir ? demanda la mère du malade en tremblant.<br />
Le druide ne répondit pas, se leva et, se dirigeant vers la porte, dit :<br />
- Si je ne me trompe pas… Non, il est trop tôt. Bonsoir, Karla. Ne brusquez pas votre fils.<br />
Puis, se tournant vers une petite silhouette cachée dans l’ombre de la porte :<br />
- Soit sage Nahalia. Ton Futur Mari a besoin de se reposer.<br />
La jeune fille hocha la tête.<br />
Elle est vraiment belle. Dommage qu’elle soit destinée à ce blanc-bec.</p>
<h2 class="green">CHAPITRE 2 &#8211; Le druide</h2>
<p>Nahalia sortit de la cabane et marcha vers la place du village. Elle aimait bien se rendre compte de la Bêtise Humaine en écoutant les ragots que rapportaient les commères du village.<br />
- Je vous assure ! Le père Charly est allé rejoindre Sylvianna Leberger, dans sa chambre, pas plus tard qu’hier soir ! J’en déduis que…<br />
- Cela est absurde ! Mon poisson, pas frais ?! C’est à moi que vous parlez, Monsieur ?<br />
La jeune fille se tourna brusquement, ayant entendu le nom de son Futur Mari :<br />
- Kyoto ?<br />
- Oui, parfaitement. Il a une maladie extrêmement contagieuse et… mortelle, qui plus est ! C’est une maladie rare venue de l’Ouest, de la Nouvelle Terre ! Il suffit de se trouver près de la maison du malade pour être contaminé…<br />
Nahalia partit en courant, sans écouter la suite, pour retrouver le druide, qui sirotait tranquillement un thé devant sa maison cossue.<br />
Cette maison était tout le contraire des cabanes du village, et plus particulièrement de celle de Karla, Kyoto, et Nahalia.<br />
Ces derniers étaient en effet considérés comme les plus pauvres de la région, et cela se ressentait dans leur habitation.<br />
Ils l’avaient construite à la hâte, peu après avoir accueilli Nahalia.<br />
Son adoption ne s’était pas passée sans problèmes. Celle-ci était auparavant orpheline, sa mère étant morte à sa naissance, et son père, Marius, ayant périt de manière glorieuse à la bataille de Montfort.<br />
C’était là qu’il avait rencontré Paolo, le père de Kyoto, et ils étaient morts dans les bras l’un de l’autre. Une lettre trouvée dans la poche de Marius disait que, s’il venait à mourir, il souhaitait que sa fille bien-aimée soit placée sous la protection de Paolo. Celui-ci n’étant plus, le druide remit la petite Nahalia à Karla, la femme de Paolo, qui avait déjà un fils, Kyoto.<br />
Les deux enfants s’entendirent très bien dès le début, et au fil des années se forma entre eux une amitié si forte qu’ils se considéraient comme frère et sœur et seraient prêts à sacrifier leur vie pour sauver l’autre.<br />
Mais les gens du village commencèrent à jaser lorsque Nahalia et Kyoto atteignirent l’adolescence. Ils trouvaient malsain qu’une jeune fille en âge de se marier passe tout son temps avec un homme qui devait maintenant prendre épouse.<br />
Le druide rétorqua qu’ils étaient frère et sœur et que par conséquent il ne pouvait les marier. Mais les villageois n’étaient pas de cet avis : pour eux, ils n’étaient pas du même sang, et il n’y avait donc aucun problème à ce que le mariage ait lieu.<br />
Cette histoire commençant à l’agacer, mais Nahalia et Kyoto étant trop jeunes, ils les déclara Futurs Mariés, conformément à la coutume ancestrale du peuple des Mishiganes. Cela était dans ses habitudes, de bâcler le travail. Adepte fervent du repos et des petits plaisirs de la vie, il faisait passer la bonne marche du village après son bonheur personnel.<br />
Il buvait paisiblement son thé, regardant Nahalia qui lui disait, essoufflée :<br />
- Kyoto va mourir ?<br />
Le druide la regarda tranquillement, et lui dit :<br />
- Peut-être… ou peut-être pas.<br />
- Ce sont les gens du village qui me l’ont dit !<br />
- Ah oui ? Ils TE l’ont dit ? dit-il en plissant les yeux.<br />
Nahalia devint toute rouge.<br />
- Je… Je l’ai entendu ! bafouilla-t-elle. Ils ont dit que sa maladie était mortelle, que tout le monde pouvait être contaminé, que…<br />
Le druide soupira. Il but une gorgée de son thé, et regarda Nahalia en souriant :<br />
- Oui, sa maladie est mortelle. Mais il y a un remède. Seulement… seulement, les ingrédients sont très durs à trouver. Et, comment dire, cela me coûtera assez cher d’envoyer des gens dans ces pays lointains… Disons que, moyennant une certaine somme, je pourrais le soigner.<br />
- Vous n’êtes qu’un… qu’un… cria-t-elle sans trouver de mot assez répugnant pour qualifier le druide.<br />
- Parfaitement. J’en suis un. Un druide qui n’a pas que ça à faire que de s’occuper d’un jeune garçon d’à peine dix-sept ans, qui ne lui est d’aucune utilité, et qui lui manque de respect à longueur de temps.<br />
- Il veut simplement que vous vous acquittiez mieux de votre tâche !<br />
- Et quelle est-elle, cette tâche ?<br />
- Protéger les gens du village, faire régner l’ordre et la justice dans la région, aider les opprimés et les faibles, enrichir les pauvres, prôner la paix…</p>


<div class="shr-bookmarks shr-bookmarks-expand shr-bookmarks-center">
<ul class="socials">
		<li class="shr-delicious">
			<a href="http://delicious.com/post?url=http://anthilemoon.net/2006/08/la-quete/&amp;title=La+Qu%C3%AAte" rel="nofollow" class="external" title="Partagez-le sur del.icio.us">Partagez-le sur del.icio.us</a>
		</li>
		<li class="shr-facebook">
			<a href="http://www.facebook.com/share.php?v=4&amp;src=bm&amp;u=http://anthilemoon.net/2006/08/la-quete/&amp;t=La+Qu%C3%AAte" rel="nofollow" class="external" title="Partagez-le sur Facebook">Partagez-le sur Facebook</a>
		</li>
		<li class="shr-linkedin">
			<a href="http://www.linkedin.com/shareArticle?mini=true&amp;url=http://anthilemoon.net/2006/08/la-quete/&amp;title=La+Qu%C3%AAte&amp;summary=Un%20r%C3%A9cit%20relativement%20banal%2C%20que%20j%27ai%20%C3%A9crit%20il%20y%20a%20tellement%20longtemps%20que%20je%20ne%20m%27en%20souvient%20pas.%20C%27est%20assez%20court%2C%20et%20pour%20cause%2C%20ce%20n%27est%20comme%20d%27habitude%20qu%27%C3%A0%20peine%20commenc%C3%A9.%20Je%20ne%20vous%20dis%20rien%20de%20l%27histoire%2C%20car%20il%20ne%20faut%20que%20quelques%20minutes%20pour%20lire%20ces%20lignes.%0A%0A%0A%0ACHAPITRE%201%20-%20La%20mal&amp;source=Anthilemoon" rel="nofollow" class="external" title="Partagez-le sur LinkedIn">Partagez-le sur LinkedIn</a>
		</li>
		<li class="shr-stumbleupon">
			<a href="http://www.stumbleupon.com/submit?url=http://anthilemoon.net/2006/08/la-quete/&amp;title=La+Qu%C3%AAte" rel="nofollow" class="external" title="Tomber sur un bon truc ? Partagez cet article sur StumbleUpon">Tomber sur un bon truc ? Partagez cet article sur StumbleUpon</a>
		</li>
		<li class="shr-technorati">
			<a href="http://technorati.com/faves?add=http://anthilemoon.net/2006/08/la-quete/" rel="nofollow" class="external" title="Partagez-le sur Technorati">Partagez-le sur Technorati</a>
		</li>
		<li class="shr-tumblr">
			<a href="http://www.tumblr.com/share?v=3&amp;u=http%3A%2F%2Fanthilemoon.net%2F2006%2F08%2Fla-quete%2F&amp;t=La+Qu%C3%AAte" rel="nofollow" class="external" title="Partagez-le sur Tumblr">Partagez-le sur Tumblr</a>
		</li>
		<li class="shr-twitter">
			<a href="http://twitter.com/home?status=RT+%40anthilemoon+%3A+La+Qu%C3%AAte+-+http://anthilemoon.net/2006/08/la-quete/&amp;source=shareaholic" rel="nofollow" class="external" title="Tweetez-le !">Tweetez-le !</a>
		</li>
		<li class="shr-wikio">
			<a href="http://www.wikio.com/sharethis?url=http://anthilemoon.net/2006/08/la-quete/&amp;title=La+Qu%C3%AAte" rel="nofollow" class="external" title="Partagez-le sur Wikio">Partagez-le sur Wikio</a>
		</li>
</ul>
<div style="clear:both;"></div>
</div>

]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://anthilemoon.net/2006/08/la-quete/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>La Perle Noire</title>
		<link>http://anthilemoon.net/2006/08/la-perle-noire/</link>
		<comments>http://anthilemoon.net/2006/08/la-perle-noire/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 10 Aug 2006 13:47:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mitsu</dc:creator>
				<category><![CDATA[(Ré)création]]></category>
		<category><![CDATA[nouvelle]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://anthilemoon.net/?p=468</guid>
		<description><![CDATA[Cette histoire se déroule dans le Monde des Magins, situé on-ne-sait-où. C’est un monde où règne la magie. Des peuples et des animaux différents de nous y vivent, ignorant totalement notre existence. Le héros appartient à un de ces peuples, les Yatagans. Mais … Je ne vais tout de même pas vous raconter toute l’histoire [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Cette histoire se déroule dans le Monde des Magins, situé on-ne-sait-où. C’est un monde où règne la magie. Des peuples et des animaux différents de nous y vivent, ignorant totalement notre existence. Le héros appartient à un de ces peuples, les Yatagans. Mais … Je ne vais tout de même pas vous raconter toute l’histoire !</p>
<p><span id="more-468"></span></p>
<h2 class="green">Chapitre I &#8211; La fête</h2>
<p>C’est la fête au petit village de Yataguini. On célèbre la déesse Nabel : « Nabel aux fils d’or, Nabel aux huit pattes, Nabel la veuve… »<br />
Les petits Yatagans, entre deux feux d’artifice somptueux, vont interroger les vieillards. Le vieux Peno, habituellement délaissé de tous, est maintenant entouré d’une ribambelle d’enfants, de tous âges et de toutes tailles, qui le questionnent avec insistance :<br />
-Dis, Peno, c’est qui Nabel ?<br />
-C’est une grande déesse, dis Peno.<br />
-Une déesse, c’est une fille ? Elle est belle ?<br />
-Oui, très belle, répondit Peno qui, pressé de tant de questions, se lance dans des explications. Oui, elle était magnifique. D’une beauté sans pareil, à ce que disent les légendes. Elles avaient les cheveux blonds. Comme sa mère, Araïde. D’ailleurs, je me souviens, quand j’avais votre âge…J’avais appris une poésie fort jolie sur Nabel. Attendez…ah oui ! Euh…Voilà.</p>
<p>Les cheveux blonds comme le soleil le matin,<br />
Les yeux d’un bleu profond comme l’océan,<br />
D’une beauté sans pareil, supérieure au soleil…</p>
<p>-Mais Nabel était loin d’être parfaite, reprit Peno après une courte pause. Elle aimait vivre dans la luxure, et possédait un nombre incalculable d’esclaves. Elle les avait obtenus en les flattant, pour les attirer ensuite dans ses filets. De certains de ces hommes, qu’elle appréciait tout particulièrement, elle eut une multitude d’enfants. Mais ces enfants n’eurent pas de chance car, un jour qu’ils se promenaient dans la forêt, ils rencontrèrent le démon Xénos…<br />
-C’est qui, Xénos ? interrogea un enfant particulièrement curieux.<br />
-Xénos, c’est le démon aux multiples apparences, aux corps et aux visages innombrables … C’est le démon des métarmophoses. Bon, reprenons. A moins que Nabel ne vous intéresse plus ?<br />
-Si, si ! crièrent les enfants.<br />
-Très bien. Alors, Xénos les transforma en insectes à huit pattes, que l’on nomme aujourd’hui les araignées, en l’honneur de la mère de Nabel, Araïde. Il dévora tous ses esclaves et tua Araïde. Depuis, Nabel, pour empêcher toute personne d’arriver à la tanière de Xénos, et le priver ainsi de nourriture, montre le chemin aux voyageurs perdus grâce à ses fils d’or.<br />
-C’est une belle histoire, dit l’enfant curieux, mais elle est un peu triste.<br />
-Oui, Torin, mais ce sont souvent les histoires les plus tristes qui sont les plus belles.</p>
<p>Torin abandonna là le vieillard pour s’approcher du banquet, qui était nettement plus attrayant. Il s’assit sous la table, et en passant la main au travers des plis de la nappe, il chipa discrètement un verre de Zort, un alcool fort réservé aux adultes. Il le but fort rapidement et le reposa quand, soudain, on l’attrapa par le poignet. Il leva la tête lentement, avec crainte, et c’est avec stupeur qu’il vit devant lui le Magins de son peuple.</p>
<p>Ce sont des magiciens très respectés dans le monde, car ils connaissent tout, les choses visibles et cachées, les secrets de la terre, les mystères de la nature. Ils possèdent le savoir absolu, et mettent au point, chaque jour, de nouvelles potions, de nouvelles incantations plus subtiles les unes que les autres, pour soigner les maux de leur peuple. Ils connaissent tous les langages, et parlent même, à ce qu’on dit, aux animaux. Les rumeurs laissent croire qu’ils savent voler, ou, que leur vie ne prend jamais fin, mais personne ne connaît réellement l’étendue de leurs pouvoirs.</p>
<p>C’est pourquoi Torin tremblait, voyant devant lui le Magins de son peuple. Celui-ci l’avait prit en flagrant délit de vol, et l’avait vu boire de l’alcool. Il lui dit :</p>
<p>-Tu me déçois, Torin. Les enfants ne doivent pas boire d’alcool, et encore moins de Zort !<br />
Torin regardait ses pieds, qu’il trouvait en ce moment-là forts intéressants. Il les détaillait en silence, mais ce silence fut rompu par un cri, venant de derrière le Magins.</p>
<p>-Beramane ! Beramane ! Venez-vite ! A l’aide !</p>
<p>Le Magins se retourna et se dirigea vers le lieu d’où provenait la voix, non sans jeter un regard réprobateur à Torin. Il s’approcha de la femme qui l’avait appelé. Elle était à genou aux côtés d’un homme, étendu sur le sol.<br />
Cet homme était extrêmement pâle, et il gardait sur son visage les marques d’une douleur atroce. De souffrance, il s’était mordu les lèvres à en saigner. Ses yeux exorbités témoignaient de la terreur qu’il venait de ressentir.<br />
-Son cœur ne bat plus ! Ecartez-vous ! cria Beramane.<br />
Il repoussa tout le monde, s’assit sur le sol, et sortit, d’un endroit caché par les plis du drap qu’il portait, des herbes brunes. Il les tint dans ses mains au-dessus d’un récipient sortit de nul part, et prononça ces mots :</p>
<p>Athilanoë Cilanok Engöl fila Celaë Athilanoë, Athilanoë !</p>
<p>Il répéta plusieurs fois cette incantation, serrant de plus en plus fort les feuilles qu’il tenait dans ses mains. Les gens murmuraient, se recueillant :</p>
<p>-Nabel, montre-lui le chemin de la vie…</p>
<p>Soudain, une lumière sembla filtrer à travers les mains de Beramane. Et les gens attroupés autour de lui virent un liquide brun s’égoutter de ses mains dans le récipient. Quand il rouvrit les mains, elles étaient vides et totalement sèches. Il prit le récipient, plongea ses mains dans le liquide et l’étala uniformément sur ses doigts, qu’il posa ensuite sur le front de l’homme. Il prononça une nouvelle incantation, d’abord très fort, puis le ton de sa voix baissa, et ce ne fut bientôt plus qu’un murmure, inaudible à toute personne qui ne fut pas proche de lui.<br />
Soudain, l’homme, allongé, battit des paupières et demanda :<br />
-Que se passe-t-il ?<br />
-Je vous retourne la question, répondit Beramane.</p>
<h2 class="green">Chapitre 2 &#8211; Le conseil</h2>
<p>-Nous devons l’interroger !<br />
-Mais il est encore faible ! Parler pourrait l’achever !</p>
<p>Beramane tentait de contenir la foule, mais certains personnages insistait plus que d’autres : le Chef du village, Biblo Saltempouille, et sa femme, Bianca Saltempouille, tenaient à connaître les causes inexpliquées de ce …<br />
-Malaise ! C’est un simple malaise ! criait le Magins.<br />
-Et pourquoi son cœur ne battait-il plus ? insistait le chef. Ce n’est pas normal !<br />
-Effectivement, mais il n’y a pas de raison de s’inquiéter.</p>
<p>Beramane avait tout de même l’air soucieux, et il décida de consulter le Livre Blanc, et d’organiser un conseil. Il se dirigea vers cabane et y entra. Vérifiant, par d’incessants regards derrière lui, qu’il n’était pas suivi, il sortit, d’une de ses nombreuses poches, un petit sac en velours contenant Le Médaillon. Le Médaillon était une pierre blanche, légèrement nacrée, cerclée d’or fin. Beramane, Le tenant par sa longue chaîne d’or, Le trempa dans une bassine pleine d’eau posée sur une table. Aussitôt, des volutes de fumée sortirent de la bassine et se mirent à tournoyer dans les airs. Quand la fumée se dissipa enfin, un livre se trouvait à la place de la bassine, sur la table.</p>
<p>C’était le Livre Blanc, le livre des connaissances. Les Magins y notaient tout, de la recette de la purée aux plus terribles sortilèges. Il était interdit au commun des mortels de l’approcher, de le voir, et encore moins de le lire. Beramane en tourna les pages soigneusement, une à une. Il parcourut tout le livre, mais ne trouva rien. Rien sur les « pertes de conscience avec arrêt du cœur ». Il réfléchit pendant des heures, tournant le problème sous tous ses angles et passant en revue toutes ses connaissances.</p>
<p>Au bout de six heures de réflexion, il se décida enfin à réunir Le Grand Conseil. Il passa toute la journée du lendemain à envoyer des invitations aux chefs de villages, à tous les Magins de la région, et aux différents témoins de la scène de la veille.</p>
<p>******</p>
<p>Le lendemain, une foule de personnalités se pressaient devant les portes de la salle du Conseil.<br />
Le chef du village de Yataguini, Biblo Saltempouille, discutait bruyamment avec le chef du village d’Okawani. Doreur Pikpoil du village d’Amidtou, reconnu pour sa vaillance au combat, était accompagné de sa femme, Etarine Bergeac.<br />
Silvin Vertou du village Monental, jardinier renommé, mais célibataire, expliquait les vertus de la menthe au grand comptable Tairtal de la Glandevillière, chef des deux villages Rénonkule et Daurmingo.<br />
Deux Magins, celui du village de Daizidole et celui du village de Ravigot, échangeaient les dernières incantations. Près d’eux, quatre Yatagans3 discutaient :<br />
-Je vous assure, criait le premier, il est tombé brusquement !<br />
-Mais non, moi je vous dis qu’il a vacillé pendant un moment avant de s’écrouler, répondit le deuxième.<br />
-Moi, je suis d’accord avec Rivole. Il a eut comme un choc, et il est tombé brusquement ! ajouta le troisième.<br />
-Mais non, il est tombé lentement ! insistait le deuxième.<br />
-Brusquement !<br />
-Lentement !<br />
-Brusquement !<br />
-Lente …<br />
-Stop !<br />
Le quatrième, qui venait de parler, dit d’un ton exaspéré :<br />
-Qui était devant lui ? Moi ! Avec qui parlait-il ? Moi ! Qui était donc le mieux placé pour voir la scène ? Moi ! Alors, vous voulez savoir ? Il est tombé rapidement, après avoir vacillé pendant un moment !</p>
<p>Beramane frappa dans ses mains, demandant le silence.</p>
<p>-La plupart des personnes ici présentes, dit-il, ne savent pas la raison de leur venue. Bien que vous soyez nombreux à participer au conseil, je tiens à vous faire savoir qu’un minimum de personnes doivent être au courrant du problème…Très bien. Commençons. Nous allons tout d’abord écouter les témoins. Euh… Terdin Troumane ?<br />
-C’est Trumane ! répondit un Yatagan de petite taille dans l’assemblée.<br />
-Très bien, Troumane. Veuillez nous raconter votre version des faits.<br />
Le Yatagan s’éclaircit la voix, se dandina de manière plutôt comique vers l’estrade. Il en monta les trois marches avec difficulté, soufflant bruyamment. Puis, prenant ses aises et ajustant sa cravate bleue, qui jurait avec son costume orange, il s’assit sur la chaise qu’on lui présentait. Il commença enfin son récit :</p>
<p>-Je voudrais tout d’abord que vous sachiez à quel point c’est un honneur pour moi de participer à ce conseil, et de pouvoir m’exprimer librement. Car, depuis que je suis tout petit, on ne m’a jamais laissé parler, donner mon opinion. Ma mère craignait sans arrêt que je dise une bêtise, que je « fasse une gaffe », comme elle disait, ma mère. Car ma mère, elle avait un langage bien particulier, et elle …</p>
<p>Un Magins se leva, exaspéré, et dit :<br />
-C’est là tout ce que vous avez à nous dire ? Vos problèmes d’enfance ne nous intéressent pas, et ne concernent en rien cette fameuse perte de conscience !</p>
<p>Beramane lui fit signe de se taire et, s’adressant à Trumane, lui dit :<br />
-Reprenez, s’il vous plaît. Mais ne vous éloignez pas trop du sujet.<br />
-Oui, bien sûr, répondit Trumane. Ma mère m’a toujours dit que je parlais trop, et pour une fois, elle avait raison.<br />
Il gloussa comme une poule, se tortillant sur son siège. Puis il reprit.</p>
<p>-Bref, je ne vais tout de même pas vous raconter ma vie. Ce n’est pas pour cela que vous m’avez demandé. Ah, tiens, ça me fait penser à une blague ! Je vais vous la raconter. Mon oncle Richard, il disait tout le temps « Tant qu&#8217;on se marre, y’a de l’espoir ». Sacré oncle Richard ! Toujours le mot pour rire !<br />
L’assemblée commençait à s’impatienter. Trumane dû le remarquer, car il reprit, d’un air beaucoup plus sérieux :<br />
-Bon, voilà. J’lui ai montré ma perle et il a fait « Aaaah ! » et il est tombé. Voilà. Mais elle n’est pas à moi, cette perle ! Je vous le jure !<br />
Il était pitoyable. Il baissait la tête comme un enfant prit en faute. Beramane prit sa voix la plus douce, et lui demanda :<br />
-Si elle n’est pas à vous, à qui est-elle, cette perle ?<br />
-Je n’en sais rien. Vous savez, moi je suis un marchand tout ce qu’il y a de plus normal : j’achète et je vends. C’est tout. Cet homme vendait des pierres précieuses, il disait avoir fait un voyage dans les Plaines de l’Ouest pour chercher sa marchandise. Moi, ça m’a tout de suite intéressé : il y a si peu de monde qui ose se rendre dans les Plaines de l’Ouest, et les pierres y sont si belles…<br />
Bref, c’était dans une auberge banale, je me suis assit à une table, et j’ai entendu cet homme marchander avec une jeune femme. Moi, je possède ce que l’on appel « le flair des marchands », et j’ai tout de suite comprit qu’il s’agissait de marchandise rare.<br />
Je me suis levé et j’ai rejoins ces deux personnes. L’homme m’a montré ses pierres, et j’avoue qu’elles étaient sublimes. Mais il y en avait une qui a immédiatement attiré mon regard : une pierre noire, totalement lisse, légèrement nacrée, mais de manière particulière : on avait l’impression que des choses bougeaient à la surface de l’objet.<br />
C’était d’ailleurs cette même pierre qui intéressait la jeune femme. Elle a proposé un prix, qui m’a fort étonné, très élevé : sept mille écus ! Je rentrais d’un voyage en Orientia du Sud, et j’avais donc beaucoup d’argent sur moi. J’ai payé douze mille écus à l’homme, et j’ai obtenu la pierre que je convoitais.<br />
Le lendemain matin, je sellais mon cheval et m’apprêtait à aller chercher mes bagages lorsqu&#8217;une qu’une furie se jeta sur moi : ce n’était personne d’autre que la jeune femme de la veille ! Heureusement, je suis vigoureux et…</p>
<p>On entendit quelques ricanement dans la salle, mais Beramane se tourna vers les personnes présentes et ordonna :<br />
-Veuillez attendre la fin du récit de Mr Troumane pour…<br />
-Trumane !<br />
-Oui, bien sûr, donc taisez-vous. Continuez, Mr Troumane.<br />
-Euh… Trumane. Donc, comme je le disais, je suis assez vigoureux et j’ai sauté sur mon cheval, pouvant ainsi m’enfuir à temps, avec la perle noire restée dans ma poche. C’est d’ailleurs tout ce qui me reste : ma perle noire et mon cheval. J’ai galopé pendant deux jours avant de revenir ici, mon village natal. Vu ma situation, j’avais vraiment besoin d’argent, c’est pourquoi j’ai tenté de vendre ma perle au premier venu.<br />
Malheureusement, j’ai eut un malaise effroyable et je suis resté au lit pendant trois jours. Dès que je me suis senti mieux, je suis sorti de chez moi et en chemin j’ai rencontré Kerntov, le maçon. Je lui ai montré ma perle, sachant que sa femme faisait collection d’objet rares, et que donc je pourrais en tirer un bon prix. Effectivement, il avait l’air intéressé, mais peu avant de conclure le marché, il s’est évanoui. J’ai malheureusement égaré la pierre peu de temps après, et je le regrette.<br />
-Très bien. Merci de votre témoignage.</p>
<p>Un homme se leva dans la salle.<br />
-Oui, Le Bossu, je présume, demanda Beramane à cet étrange individu, qui se tenait penché sur le côté, et louchait abominablement de l’unique œil qui lui restait.<br />
-Je connais quelques détails, commença-t-il de sa voix rocailleuse, que je juge importants pour mieux comprendre la fin de son récit. Ce sont des choses que peu de gens savent, et qui pourraient les choquer. Par conséquent, je ne les évoquerais qu’en privé avec vous, Beramane, si vous pensez qu’elles sont susceptibles de vous intéresser.<br />
-Cette session du conseil est close, dit Beramane en hochant la tête en direction du Bossu.</p>
<h2 class="green">Chapitre 3 &#8211; Entretien privé</h2>
<p>Beramane prit sa plus belle plume et le Médaillon. Il entreprit le rite habituel qui fit apparaître le Livre Blanc. Il y écrivait le compte-rendu du Conseil lorsque trois coups retentirent à l’entrée. Il murmura un « oui » à peine audible et la vieille porte de bois grinça et s’ouvrit, provoquant un léger courant d’air dans la maison.<br />
Une forme apparue dans l’ombre, indistincte, mais la faible lumière qui émanait de la lampe laissant deviner les contours de la silhouette du bossu.</p>
<p>-J’ai à vous parler, Beramane.<br />
-Vous m’avez déjà mit au courrant, et de manière peu discrète à mon goût, répondit le Magins d’un ton sec. Parlez donc.<br />
-Vous le savez sûrement grâce à vos dons, mais La Secte des Meurtriers de l’Ouest a investi la ville. De nombreuses personnes respectables l’ont intégré. Moi-même j’en fait parti.</p>
<p>Beramane ricana ostensiblement.<br />
-Si c’est cela que vous appelez des gens respectables ! Effectivement je le savais depuis fort longtemps. Non pas grâce à mes « dons », comme vous le dites, je ne les utilise pas pour si peu, mais par des contacts sûrs, dont certains même sont entré dans La Secte. Mais il y a uniquement des crapules, des voleurs de bas-étage, ou encore de petits meurtriers qui tuent pour un écu ! Des gens respectables ! Si c’est cela que vous êtes venu me dire, je vous remercie de l’avoir fait en privé ! Non pas pour moi, bien sûr que non, mais pour vous, car vous vous seriez couvert de ridicule !</p>
<p>Beramane, méprisant, affichait une expression hautaine. Bien qu’assis, il toisait Le Bossu de haut.</p>
<p>-Trumane en fait partie !<br />
De mépris, Beramane passa à colère.<br />
-Insulter ainsi de braves gens, dit-il avec indignation. Si vous dites vrai, prouvez-le, mais n’avancez pas de telles…<br />
-Je le prouverai, en vous apportant la Perle.<br />
-Ne dites pas de bêtises ! Votre folie vous perdra ! ce brave Mr Troumane l’a malheureusement égarée !</p>
<p>-Ce sont ses paroles… Mais je suis certain qu’il l’a confiée à La Secte ! Nous devons payer un tribu pour garantir notre sécurité et avoir le droit à une part du butin. Il courrait le bruit dans La Secte qu’une exécution en masse aurait lieu dans peu de temps, que ceux qui n’avaient pas payé le tribu seraient punis par la foudre de Nunte-Kifidal, notre chef et protecteur à tous. Les principaux concernés étaient une douzaine d’hommes et de femmes, dont ce « brave » Mr Trumane. Il est parti en voyage à la recherche d’une somme suffisante pour payer sa dette, et il a trouvé, comme il vous l’a raconté, la Perle Noire. Je suis sûr qu’il a offert cette perle à La Secte en échange de l’effacement de ses dettes.</p>
<p>Beramane ferma les yeux quelques secondes, il paraissait en intense réflexion. Que faire ? La Secte des meurtriers de l’Ouest était puissante, et pouvait aisément causer des troubles importants, comme lors de la Guerre Sombre.<br />
Il les traquait, les adeptes de la secte, mais ils se comportaient comme des parasites : on avait beau en détruire dix, il y en avait vingt qui surgissaient de nul part et les remplaçaient aussitôt. Il se tourna vers Le Bossu :</p>
<p>-Je vous méprise profondément, comme tous les adeptes de La Secte, mais je vais vous faire confiance, même si cela est une erreur qui me sera peut-être fatale. Apportez-moi La Perle. Je suppose que vous ne le ferez pas gratuitement…<br />
-Effectivement, vous êtes une personne que j’apprécie, Beramane, car vous êtes clairvoyant, lucide, et surtout réaliste. Je ne demanderais pas grand chose… Cinq cent-mille écus.<br />
-Vous plaisantez j’espère ? C’est une somme colossale !<br />
-Une somme modeste pour la difficulté de l’entreprise que je me propose d’accomplir.<br />
Beramane était las, et il accepta, non sans une légère culpabilité à l’idée de devoir livrer Le Bossu aux autorités après qu’il lui eut remit La Perle.</p>
<h2 class="green">Chapitre 4 &#8211; Festivités et enterrement</h2>
<p>La nuit tombait. Ballons multicolores, ficelles magiques et autres artifices de fêtes s’étalaient sur la Grande Table du village. Cette table, lieu de rencontre des villageois, servait aussi bien à la réunion des chefs des autorités du village qu’aux banquets familiaux.<br />
Aujourd’hui était jour de joie car selon la coutume Yataguane, lors de la mort d’un ami, on se devait de lui souhaiter bonne chance pour sa nouvelle vie. Ce jour-là, on arrosait toutes les plantes du village, on donnait à manger à tous les animaux, errants ou domestiques, et on prenait particulièrement soin des femmes attendant un enfant.<br />
Car, comme le disait le Livre Blanc, « lorsqu’un être vivant quitte cette vie, ce n’est que pour en débuter une nouvelle ». Il pouvait se réincarner aussi bien en plante, en animal ou, s’il pouvait se vanter d’un comportement particulièrement vertueux durant sa vie, à nouveau en être humain.<br />
Le chef du village, Biblo Saltempouille, allait être mit en terre. Après une longue existence dévouée à la bonne marche du village, un malaise l’avait emporté. On surveillait avec beaucoup d’attention Lady Rockman, qui allait enfanter d’un moment à l’autre.<br />
Torin se promenait dans les rues du village, tirant avec ses amis sur les ficelles magiques suspendues dans les airs. Le principe était simple : il suffisait de repérer une ficelle colorée parmi les ficelles blanches et de la tirer doucement, un cadeau tombait alors du ciel. Torin cria :</p>
<p>-J’ai trouvé la ficelle dorée !<br />
Torin tira sur la ficelle unique, qui lui promettait un superbe cadeau, et entendit un miaulement déchirant : un chat noir lui tomba sur la tête.<br />
Ses amis se tournèrent vers lui, horrifiés :<br />
-Un chat noir ! C’est signe de malheur !<br />
-Torin, tues-le !</p>
<p>Torin se tourna vers le chat, qui le regardait de ses yeux verts, et il eut le sentiment que ce chat n’était pas comme les autres. Il s’adressa à un des enfants qui l’entouraient :<br />
-Non. Il n’a rien fait. Il ne mérite pas de mourir.<br />
-Il est fou ! cria le garçon en désignant Torin du doigt. Il veut garder le chat !</p>
<p>Tous les enfants s’enfuirent en courrant et en se bousculant. Torin regarda, dépité, le chat noir qui s’était assis et le regardait toujours en ayant l’air de dire « C ‘est ce que tu devais faire ».<br />
-Torin…<br />
L’enfant sursauta. Beramane se tenait derrière lui et avait posé une main protectrice sur son épaule. -Torin… Tu as très bien réagis.<br />
Il aurait voulu répondre, mais il n’arrivait pas à détacher ses yeux de ceux du chat, qui le fixait intensément.<br />
-Torin, viens chez moi, j’ai à te parler.<br />
A contre-cœur, Torin suivit Beramane jusque dans son cabinet. Le magins referma la porte et s’avança vers la cheminée, dans laquelle il alluma un feu.<br />
-Apporte-moi cette bûche, là.<br />
Torin se saisit du rondin de bois, le tendit à Beramane et le regarda, intrigué. De quoi voulait-il lui parler ?<br />
-Je t’ai amené ici pour te parler… du chat.<br />
-Quoi ? Je m’attendais à quelque chose de plus important…<br />
-Ça l’est. Ce prétendu chat n’en est pas un. C’est un Khorr sauvage. Je ne sais pas pourquoi il s’est déplacé jusqu’ici par l’intermédiaire des ficelles, ce n’est sûrement pas pour nous demander de l’aide.<br />
Beramane semblait maintenant parler pour lui-même, et marchait de long en large à travers la petite pièce qui lui servait de cabinet.<br />
-Ils sont très fiers, tu comprends. Ils préfèreraient mourir que de chercher secours auprès de quiconque. C’est étrange… C’est un enfant. Tout juste un nouveau-né.<br />
-Mais c’est déjà un gros chat !<br />
-Il est minuscule. Il mesurera environ la taille d’un jeune arbre lorsqu’il sera adulte. Mais peu d’êtres de cette race arrivent jusqu’à cet âge. Ils deviennent fous bien avant.<br />
-Pourquoi cela ? demanda Torin.<br />
-Pour survivre ils doivent se nourrir d’un petit animal grand comme ma main. Seulement, cet animal s’est de nos jours retiré dans les forêts maléfiques, telles que la Forêt Sombre, et aucun des Khorr ne souhaite s’y aventurer. Ils compensent en mangeant d’autres bêtes, mais cela ne fait que soulager leur faim, et contribue à les rendre fous avant l’âge adulte. Je voulais t’en informer. C’est toi qui as tiré la ficelle, ce Khorr t’appartient. Ils ne se laissent pas domestiquer facilement, mais leur amitié est à toute épreuve. Tâche de ne pas le vexer, leur force est pareille à leur orgueil. Va. Torin sortit, se dirigea vers sa maison et y entra. Avant de refermer la porte, il entendit un cri :<br />
-Il est né ! Biblo renaît en homme !</p>
<h2 class="green">Chapitre 5 &#8211; La Perle revient</h2>
<p>Cet après-midi, Beramane était assis dans son cabinet, et réfléchissait au prénom qu’aurait l’enfant de Lady Rockman. C’était tout un rite que le choix de ce prénom. La petite fille, car s’en était une, tétait tranquillement sa mère, assise dans le jardin, et attendait d’être nommée.<br />
Beramane était plongé dans ses réflexions lorsque l’on frappa à sa porte.<br />
-Entrez !</p>
<p>La porte grinça comme toujours. Beramane, qui était de bonne humeur ce jour-là, vit son sourire retomber lorsqu’il découvrit son visiteur. Le Bossu.<br />
-Quel bonheur de vous revoir si vite, mon cher ami, dit Beramane avec un sourire pincé.<br />
-Je n’irais pas jusqu’à dire que ce sentiment est réciproque…<br />
-Trêve de politesses. Avez-vous la Perle ?<br />
Le Bossu opina de la tête.<br />
-Très bien. Montrez-la moi.<br />
-Montrez-moi les cinq-cent mille écus, comme promis.<br />
-Bien sûr.</p>
<p>Beramane sortit des plis de sa cape un sac de toile et le posa sur son bureau. Un bruit métallique résonna. Un regard de cupidité dans les yeux, Le Bossu déposa fébrilement la perle près du sac et s’empara de ce dernier, se dirigeant déjà vers la porte. Celle-ci claqua, et Beramane ferma les yeux, coupable, en entendant le pauvre homme se faire arrêter par les autorités.<br />
L’intendant du village entra quelques secondes plus tard.<br />
-Bonjour Beramane ! Je vous rends vos cinq-cent mille écus. J’ai à vous parler.<br />
-Bonjour, Intendant. Merci. Je vous écoute.<br />
-Comme vous le savez, je dirige le village en attendant de trouver un nouveau Chef. J’aimerais vous parler des candidats. Il y en a trois. Martin Keshtor, qui est le favori pour l’instant, le père de Torin, et enfin le fils de Biblo Saltempouille. -Mais il n’a que deux ans !<br />
-Je le sais bien. C’est Bianca Saltempouille qui l’a présenté. Presque toutes les femmes, et plus particulièrement les mères, ont une préférence pour lui. Le père de Torin n’est que candidat en théorie, il n’a pas désiré se présenter. Mais, comme vous le savez, il est le mieux placé pour reprendre le poste de Chef du village. Votre vote sera décisif, Beramane. Beramane ferma de nouveau les yeux quelques minutes, et lorsqu’ils les rouvrit, l’Intendant n’était plus là. « Il s’est habitué à mes manières, celui-la. »<br />
Il prit sa plume et un parchemin, et écrivit un unique mot. Il alla dans le jardin et y trouva Lady Rockman, toujours assise.<br />
Il lui tendit simplement le parchemin, elle y jeta un coup d’œil et, reconnaissante, s’en fut chez elle rejoindre son mari qui attendait avec impatience. La petite fille venait d’être nommé Libellule.<br />
-C’est un animal étrange de l’autre monde, mon chéri, expliquait-elle vivement à son mari. Tu sais, ce monde que nous ne voyons qu’en rêve… Oh ! C’est merveilleux ! Notre petite Libellule deviendra une belle jeune femme…</p>
<p>******</p>
<p>Pendant ce temps, Beramane s’était levé et avait quitté sa maison pour diriger ses pas vers la maison du père de Torin, Martin Keshtor. Il frappa doucement à la porte, et le jeune homme vint lui ouvrir.<br />
-Ton père est-il là ? demanda-t-il à voix basse.<br />
Torin acquiesça, et ouvrit un peu plus grand la porte massive. Beramane entra et découvrit un spectacle singulier : Martin Keshtor, allongé sur le sol, le visage vers le plafond et respirant lentement, comme pour filtrer l’air qui se trouvait autour de lui. « Sa folie le tuera ! », disait-on au village, mais lui s’en moquait, et il poursuivait ses expériences, ignorant les quolibets, les remarques désobligeantes et les vieilles femmes qui chuchotaient entres elles sur son passage. -Martin… dit doucement Beramane, comme pour sortir l’homme de sa torpeur.<br />
Ce dernier sursauta et, clignant des yeux, se releva péniblement.</p>
<p>-Ah, Beramane, que venez donc faire ici, dans la demeure d’un pauvre fou ? -Qu’est-ce donc que cette nouvelle chose ? demanda Beramane, visiblement intéressé.<br />
Tout d’un coup, Martin, qui jusque là avait montré des signes de somnolence, parut très excité et expliqua au magins en s’agitant :<br />
-Oh ! Beramane ! Vous ne pouvez vous imaginer ! J’explore, mon ami, j’explore…<br />
-Mais quoi donc ? demanda Beramane, qui commençait à s’impatienter.<br />
-L’Autre Monde, bien sûr ! C’est fantastique, surprenant… savez-vous que ce monde a sa propre faune, ses habitants, qui ont eux aussi leurs propres coutumes ? Oh ! Nous leurs sommes en tout point identiques, physiquement, si je puis dire… Mais Ils n’ont aucunes marques sacrées sur le corps, un sacrilège ! Certains d’entres eux ont certes quelques tatouages, il est vrai, mais rien qui puisse les protéger des démons de Kamak-Dhul !<br />
Beramane soupira. Déjà une semaine que Martin se passionnait sur l’Autre Monde. « Cela devient dangereux », pensa-t-il.<br />
En effet, Beramane et les autres magins connaissaient depuis la nuit des temps cet Autre Monde, et pouvait même y entrer en utilisant de vieilles incantations oubliées de tous. Ils gardaient depuis toujours le secret de l’existence de ce monde, car ils savaient qu’il était peuplé d’hommes sanguinaires, qui s’attaquaient aux animaux, même les plus sacrés, qui construisaient de grandes prisons où ils s’entassaient tous, qui domptaient des démons de métal… bref, qui étaient un danger pour ce monde-ci.<br />
Mais ce Martin avait découvert que l’on pouvait y accéder grâce aux rêves, et ce la commençait à se savoir chez les habitants du village.<br />
Beramane connaissait trop de gens qui s’endormaient pour ne jamais se réveiller pour laisser faire un tel massacre !<br />
-Il serait temps que vous arrêtiez vos expériences, Martin. Les gens commencent à jaser.<br />
-Je m’en moque, Beramane ! Les possibilités sont… Vous ne vous rendez donc pas compte ! Leur faune est si étrange, et leur mode de vie ! Nous pourrions envoyer des ambassadeurs là-bas, devenirs amis avec ce peuple !<br />
Il s’agitait, tournait en tous sens, lorsque Beramane l’attrapa par le bras et lui dit :</p>
<p>-Nous avons des choses plus importantes à faire.<br />
-Ah oui ? Et quoi-donc, Monsieur ?<br />
-Cessez cela. Vous connaissez sûrement l’histoire de la Perle Noire, on ne parle que de cela dans tout le village.<br />
-Oui, se contenta de répondre l’homme en hochant la tête.<br />
-Et bien, comme vous vous trouvez être un grand-savant-plus-cultivé-et-instruit-que-quiconque, je vais vous confier la Perle, et je compte sur vous pour découvrir ce qu’elle est, quelle est son utilité, et si elle est dangereuse.<br />
-Rien de plus aisé… Donnez-la moi.<br />
Beramane la sortit d’un petit sac de toile qu’il tenait noué à sa ceinture, et la tendit à Martin. Celui-ci s’en empara vivement, et commença à l’examiner.<br />
-Elle vient des Plaines de l’Ouest, dites vous ? Fantastique, fantastique…<br />
Déjà il était plongé dans ses pensées, et Beramane se retira, en saluant Torin, qui lui tenait le porte, le visage sombre.<br />
-Qu’est ce qui ne va pas, fiston ? demanda-t-il.<br />
-Oh, rien… Papa n’est plus le même, depuis que maman est partie, soupira l’enfant.<br />
Cela ne demandait pas de réponse, et Torin referma la porte, laissant Beramane rentrer chez lui.</p>
<h2 class="green">Chapitre 6 &#8211; Une solution</h2>
<p>-Beramane ! Il veut absolument vous parler !<br />
Cette matinée s’annonçait douce et ensoleillée, et le Magins s’étira longuement avant de remarquer qu’on l’appelait. Il se leva promptement, et se pencha à sa fenêtre :<br />
-Mais qui donc ? Qui veut me voir ?<br />
Torin se trouvait juste en dessous, dans le jardin. Il se protégeait les yeux du soleil d’une main, et de l’autre montrait da maison en criant :</p>
<p>-Mon père ! Il est souffrant, il dit qu’il doit vous dire un chose extrêmement importante, qu’il va mourir et que…<br />
-J’arrive, calme-toi, Torin. Ce n’est sûrement pas si grave.<br />
Mais en descendant les vieux escaliers de sa maison pour atteindre l’étage inférieur, il eut un doute, et accéléra le pas, pressé de parler au savant fou.<br />
Ils descendit la colline sur laquelle se trouvait sa demeure, rejoignit le petit chemin qui serpentait entre les cabanes et autres divers habitats, que ce soit des tapis à même de sol où des maisons de pierres, qui formaient ce que les habitants appelaient leur « village », et tourna enfin à gauche, vers la Forêt Sombre.<br />
Il attrapa la corde qui pendait de l’arbre en face de lui, et commença à se hisser. « Ce n’est plus de mon âge, ces choses là ». Une voix au-dessus de lui dit :</p>
<p>-Besoin d’aide, Beramane ?<br />
C’était Torin qui l’avait devancé, et qui était monté dans la cabane, perchée dans l’arbre, peu de temps avant. Beramane ne répondit pas, et continua à grimper. Il agrippa la planche qui se trouvait au dessus de sa tête, et Torin, l’attrapant par le bras, le hissa doucement.<br />
-Il est dans la chambre, murmura-t-il. Il ne peut plus quitter le lit.<br />
Le magins se dirigea vers le malade, et le trouva suant, délirant et criant dans sa folie « Beramane ! Je veux voir Beramane ! ».<br />
-Je suis là, dit simplement le Magins.<br />
-La Perle…<br />
-Ne te fatigues pas, Papa, supplia Torin.</p>
<p>Martin continua à s’agiter et dit, sans s’arrêter :<br />
-Replacez-la d’où elle vient… Elle est maléfique… Athilanoë, Athilanoë… Vers les Plaines de… de l’Ouest, toujours vers l’Ouest ! Toujours ! Athilanoë… Replacez-la ! Un remède… La grotte, je… Trois feuilles, pas une de plus ! De l’eau de source… Elle est maléfique… Elle, elle… N’y touchez pas !<br />
-Calmez-vous, dit lentement Beramane, pour être sûr que l’homme comprendrait. La Perle est maléfique, dites-vous ?<br />
Le malade hocha la tête.</p>
<p>-Mais il y a un remède ? Très bien… Trois feuilles d’Athilanoë ? Une des plantes les plus rares… C’est impossible. N’y a-t-il pas une autre plante, plus courante, pouvant la remplacer ? Non, bien sûr, c’est la plus puissante… De l’eau de source ? Je trouverai. Mais d’où vient-elle ? Les Plaines de l’Ouest sont vastes et…<br />
Torin s’avança et dit :<br />
-Mon père est mourrant, il m’a tout raconté, ne pouvez-vous pas m’interroger à sa place, pour lui épargner ainsi de vaines souffrances ?<br />
-Bien sûr, répondit Beramane. T’a-t-il dit d’où elle venait, précisément ?<br />
-Oh, quelques part entres les Montagnes de la Désolation et le territoire de chasse des Créatures Démoniaques… Un endroit inaccessible, une grotte où vit, d’après une ancienne légende, un monstre terrifiant. Mais ce n’est qu’une légende, n’est-ce pas ?<br />
-Je ne sais pas, fiston, je ne sais pas… Et qu’a-t-elle de maléfique, cette pierre ?<br />
-Et bien, à la suite d’un phénomène qu’il n’est pas parvenu à m’expliquer, des sortes de « fantômes » sont prisonniers à la surface de la Perle, et comme par jalousie des vivants, ils tuent, petit à petit, toutes les personnes qui restent en contact un long moment avec l’objet…</p>
<p>Il baissa la voix et chuchota :<br />
-Je crois que c’est de cela que mon père est la victime… Il n’en a plus pour longtemps.<br />
Puis, parlant plus fort :<br />
-Mais il y a un remède, uniquement préventif, puisqu’une fois contaminé il n’est d’aucune utilité. Mon père vous a déjà parlé de ce remède mais, ce que vous devez savoir, c’est qu’il y a de moins en moins d’Athilanoë dans notre monde… Tout juste de quoi faire deux gourdes du produit, celui-ci restant actif environ deux à trois jours. Nous ne pouvons donc pas en distribuer à tout le village et garder la Perle…<br />
-Oui, c’est évident. Il nous faut la remettre à sa place, dans les Plaines de l’Ouest. Mais comment faire ?<br />
-Faire ce remède, la quantité maximum, et la remettre à la personne qui se chargera de replacer la Perle… Mais il faut commencer dès maintenant !</p>
<p>-Qui transportera la Perle ? Martin, toujours allongé sur le lit, eut un soupir, comme de soulagement de savoir que, même après son départ, les choses se passeraient bien ; il expira. Heureusement car il n’aurait sûrement pas supporté la réponse de son fils :<br />
-Moi !<br />
Beramane ne s’opposa pas. Il savait que pour noyer le chagrin, il fallait s’atteler à une grande tâche, qui ne laisse pas le temps de s’apitoyer sur son sort.<br />
Il prit un bol qui se trouvait près de Martin, y écrasa quelques plantes sorties d’un de ses multiples poches, humidifia ensuite cette poudre d’un peu d’eau, et étala le mélange sur le torse du mort. « Qu’il renaisse en paix »</p>
<p>******</p>
<p>Torin marchait, seul, zigzaguant entre les arbres de la Forêt Sombre. Quand il avait besoin de tranquillité, il venait ici, dans la forêt, où lui seul osait pénétrer. En effet, tous le monde la disait maudite, et il était donc sûr de n’y n’être dérangé par personne.<br />
Il y avait effectivement des ombres, ici et là, qui disparaissaient subitement lorsqu’on les regardait du coin de l’œil, ou encore cette sensation permanente d’être suivi, mais Torin s’y était habitué, et se sentait en sécurité sous la voûte épaisse des arbres, loin du monde, loin des hommes.<br />
Ce constant besoin d’être seul lui était autrefois pardonné par la disparition, ou fuite, comme se plaisaient à le répéter les mauvaises langues, de sa mère, qu’il chérissait plus que tout, mais cela faisait maintenant trop longtemps, et les vieilles femmes l’appelaient depuis quelques mois « Le petit sauvage ».<br />
Cela, il aurait put le supporter, si son père n’était pas aussi la victimes de ces critiques incessantes. « Le savant fou » n’y prêtait guère attention, et poursuivait ses expériences douteuses. Il s’enfermait, de l’aube jusqu’à tard dans la nuit, dans son petit laboratoire de fortune, et testait tout : le l’élasticité d’un feuille d’Athilanoë jusqu’à ses propriétés méconnues, de la force d’un Khorr jusqu’à ses possibles pouvoirs fantastiques.<br />
Toute la famille Keshtor, le père, le fils, et même le grand-père défunt, qui s’acharnait de son vivant à domestiquer des Dragons, était considérée comme folle.<br />
La mère, pour laquelle on compatissait, était apparemment la seule femme normale de la maisonnée, et faisait encore parler d’elle, même à des milliers de kilomètres et sûrement morte : « Elle a bien fait de prendre la poudre d’escampette, je la comprends, avec une famille pareille, n’importe qui aurait fuit bien avant elle ! », s’exclamaient les commères en entendant les bruits étranges qui s’échappaient continuellement du laboratoire de Martin.<br />
Torin marchait donc, pensant à tout cela.<br />
« Oui, j’ai bien fais d’accepter. Qu’ai-je à y perdre ? Plus rien ne me retient ici : mon père est mort, et j’ai perdu tout espoir de voir ma mère revenir un jour… Je replacerai la Perle, et m’installerai ensuite dans un petit village où ma réputation ne m’aura pas poursuivie, peut-être à Okawani, qui sait ? Oui, j’ai bien fais d’accepter… »</p>
<h2 class="green">Chapitre 7 &#8211; Le départ</h2>
<p>Le jour se levait à peine que Torin se réveilla.<br />
-Enfin…</p>
<p>Il sursauta. Qui avait parlé ? Il regarda soigneusement autour de lui, ouvrit son placard avec inquiétude, jeta un coup d’œil dans les trois tiroirs de son petit bureau, et regarda rapidement derrière sa porte, s ‘attendant à tout moment à voir surgir un monstre, ou toute autre chose démoniaque.<br />
Il eut un rire nerveux. Qu’il était bête ! S’imaginer qu’on l’épiait… Il secoua doucement la tête, s’étonnant lui-même de son ridicule. Sûrement le stress du voyage qui s’annonçait… le voilà qui entendait des voix !<br />
-C’est fini ce jeu de cache-cache ?</p>
<p>Toujours la même voix ! Il devenait fou où quoi ? Torin eut alors la crainte de devenir comme son père, mais il avait maintenant la certitude qu’il n’était pas seul dans sa chambre. Il tournait le dos à son lit lorsqu’il entendit un bruit mat derrière lui. Il se retourna vivement, et quelle ne fut pas sa surprise de découvrir, allongé d’un air tout à fait naturel, le gros chat noir de la fête, le Khorr !</p>
<p>Il soupira de soulagement, mais demanda :<br />
-Où étais-tu ? J’ai cherché soigneusement dans toute la chambre, je pourrais jurer que tu n’y était pas il y a quelques secondes.<br />
-Erreur ! As-tu seulement pensé à lever la tête ?<br />
Torin ne chercha pas à comprendre et, apparemment, cela plut au Khorr, qui dit :<br />
-Je me présente, Alazar, mais tu peux m’appeler Al. Et ne m’appelle plus jamais « le gros chat noir de la fête ». Je compte t’accompagner, pour ce voyage.<br />
Torin restait silencieux. Ce gros chat noir lisait donc dans ses pensées ? Il en eut immédiatement la confirmation :<br />
-Peux-tu m’appeler par mon prénom, s’il te plait ? Je ne supporte plus « ce gros chat noir »… cela m’exaspère, vois-tu. On m’a toujours traité avec le plus grand respect, et ce n’est pas un petit morveux de ton âge qui va me parler ainsi.<br />
Il avait prononcé ces paroles avec le plus grand calme, et Torin acquiesça et, sans même prononcer un mot, sachant que le chat devinait où il allait, il ouvrit la porte et se dirigea vers la colline du village, pour parler à Beramane.</p>
<p>Il longea le Forêt Sombre et rejoignit le Petit Chemin, qui slalomait entre les petites maisons coquettes, les fermes rustiques et les tas de paille posés à même le sol. Il traversa le Pré aux Peurs, baptisé ainsi à cause des multiples légendes que les aïeux racontaient à son sujet, et qui était maintenant abandonné. Seule une smoute docile s’y trouvait et broutait paisiblement. Au fond du pré se trouvait un petit portillon branlant, qu’il poussa, et qui donnait accès à un jardin envahi de mauvaises herbes et de plantes broussailleuses. Torin poussa le portillon et sauta sur une pierre plate près de lui, et qui lui permettait de ne pas marcher dans la boue.</p>
<p>Il chercha une autre pierre où poser un pied, mais n’en trouvant pas, sauta au dessus d’une flaque d’eau et se retrouva au pied d’un gigantesque arbre tordu. À une de ses immenses branches était accrochée une corde si mince que toute personne normalement constituée craindrait de s’y suspendre.<br />
Mais Torin n’étant pas normal, dans tous les sens du terme, s’y accrocha et commença à grimper. Arrivé en haut, il se hissa sur la plate-forme de planches vermoulues qui servait de plancher à la cabane de Beramane.<br />
Torin entra et trouva celui-ci assis devant son bureau, penché sur une chose que Torin ne parvenait pas à distinguer d’où il se trouvait. En effet, la pièce, minuscule, n’était éclairée que par une seule bougie, qui ne dispensait pas beaucoup de lumière.</p>
<p>-J’ai quelques chose à te donner, Torin, murmura le magins.<br />
Torin lui jeta un regard interrogateur.<br />
-C’est l’elixir d’Athilanoë, poursuivit Beramane. Il te protégera contre les pouvoirs maléfiques de la Perle. Il est très puissant, et je crois qu’il t’évitera bien des maladies.Encore un détail : je connais une potion qui soignera toutes te bessures, mais l’ingrédient principal est une plante très rare, qui ne pousse qu’à l’Ouest. Elle a des feuilles violettes et est très difficile à récolter. Sans parler du voyage pour atteindre les contrée lointaines où elle se trouve, sache qu’elle est carnivore, et que le seul moyen de la tuer est d’envoyer une flèche au centre de ses pétales. Si tu en trouve, tu m’en rapporteras…<br />
Le jeune homme saisit la fiole que lui tendait le vieil homme, se contenta d’un simple remerciement, et quitta sans un mot la cabane.</p>
<p>******</p>
<p>Alazar attendait devant la porte.<br />
-Que fais-tu là ? lui demanda Torin.<br />
Le chat s’étira langoureusement et dit en s’étirant :<br />
-Oh… rien d’important. J’ai juste décidé de t’accompagner.<br />
-Qu… Quoi ? s’étrangla Torin.<br />
-Et bien oui, répondit le chat sans se départir de son attitude lassée. Vois-tu, les enfants qui me lancent des pierres, les cris des femmes et les hommes qui me flanquent des coups de pieds, tout cela m’épuise, et une petite promenade de santé me fera le plus grand bien, je n’en doute pas.<br />
Torin commençait à s’ennerver. Une promenade de santé ! Torin allait venger son père et ce gros chat noir considérait ce long voyage qui avait un si noble but comme « une promenade de santé » ?<br />
-Ne t’ennerves pas, lui lança Alazar. Je ne pensais pas à mal. Ah… Ces Yatagans… Aucun sens de l’humour. Enfin bref, je veux dire par là que j’ai quelques pouvoirs qui te seront peut-être utiles, qui sait… Et je pêche très bien le poisson. -Cesse de te moquer de moi, je ne t’autorise pas à m’accompagner !</p>


<div class="shr-bookmarks shr-bookmarks-expand shr-bookmarks-center">
<ul class="socials">
		<li class="shr-delicious">
			<a href="http://delicious.com/post?url=http://anthilemoon.net/2006/08/la-perle-noire/&amp;title=La+Perle+Noire" rel="nofollow" class="external" title="Partagez-le sur del.icio.us">Partagez-le sur del.icio.us</a>
		</li>
		<li class="shr-facebook">
			<a href="http://www.facebook.com/share.php?v=4&amp;src=bm&amp;u=http://anthilemoon.net/2006/08/la-perle-noire/&amp;t=La+Perle+Noire" rel="nofollow" class="external" title="Partagez-le sur Facebook">Partagez-le sur Facebook</a>
		</li>
		<li class="shr-linkedin">
			<a href="http://www.linkedin.com/shareArticle?mini=true&amp;url=http://anthilemoon.net/2006/08/la-perle-noire/&amp;title=La+Perle+Noire&amp;summary=Cette%20histoire%20se%20d%C3%A9roule%20dans%20le%20Monde%20des%20Magins%2C%20situ%C3%A9%20on-ne-sait-o%C3%B9.%20C%E2%80%99est%20un%20monde%20o%C3%B9%20r%C3%A8gne%20la%20magie.%20Des%20peuples%20et%20des%20animaux%20diff%C3%A9rents%20de%20nous%20y%20vivent%2C%20ignorant%20totalement%20notre%20existence.%20Le%20h%C3%A9ros%20appartient%20%C3%A0%20un%20de%20ces%20peuples%2C%20les%20Yatagans.%20Mais%20%E2%80%A6%20Je%20ne%20vais%20tout%20de%20m%C3%AAme%20p&amp;source=Anthilemoon" rel="nofollow" class="external" title="Partagez-le sur LinkedIn">Partagez-le sur LinkedIn</a>
		</li>
		<li class="shr-stumbleupon">
			<a href="http://www.stumbleupon.com/submit?url=http://anthilemoon.net/2006/08/la-perle-noire/&amp;title=La+Perle+Noire" rel="nofollow" class="external" title="Tomber sur un bon truc ? Partagez cet article sur StumbleUpon">Tomber sur un bon truc ? Partagez cet article sur StumbleUpon</a>
		</li>
		<li class="shr-technorati">
			<a href="http://technorati.com/faves?add=http://anthilemoon.net/2006/08/la-perle-noire/" rel="nofollow" class="external" title="Partagez-le sur Technorati">Partagez-le sur Technorati</a>
		</li>
		<li class="shr-tumblr">
			<a href="http://www.tumblr.com/share?v=3&amp;u=http%3A%2F%2Fanthilemoon.net%2F2006%2F08%2Fla-perle-noire%2F&amp;t=La+Perle+Noire" rel="nofollow" class="external" title="Partagez-le sur Tumblr">Partagez-le sur Tumblr</a>
		</li>
		<li class="shr-twitter">
			<a href="http://twitter.com/home?status=RT+%40anthilemoon+%3A+La+Perle+Noire+-+http://anthilemoon.net/2006/08/la-perle-noire/&amp;source=shareaholic" rel="nofollow" class="external" title="Tweetez-le !">Tweetez-le !</a>
		</li>
		<li class="shr-wikio">
			<a href="http://www.wikio.com/sharethis?url=http://anthilemoon.net/2006/08/la-perle-noire/&amp;title=La+Perle+Noire" rel="nofollow" class="external" title="Partagez-le sur Wikio">Partagez-le sur Wikio</a>
		</li>
</ul>
<div style="clear:both;"></div>
</div>

]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://anthilemoon.net/2006/08/la-perle-noire/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Le Destin de Kaliyen</title>
		<link>http://anthilemoon.net/2006/08/le-destin-de-kaliyen/</link>
		<comments>http://anthilemoon.net/2006/08/le-destin-de-kaliyen/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 10 Aug 2006 12:54:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mitsu</dc:creator>
				<category><![CDATA[(Ré)création]]></category>
		<category><![CDATA[nouvelle]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://anthilemoon.net/?p=471</guid>
		<description><![CDATA[J&#8217;aime pas mal cette histoire. Elle est dans le genre fantastique et a été écrite il y a un bout de temps déjà. Comment une jeune fille, destinée à être Reine des Ténèbres malgré elle, va sombrer dans l&#8217;ombre sans même s&#8217;en rendre compte ? Va-t-elle avoir un dernier sursaut ? C&#8217;est une sorte de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J&#8217;aime pas mal cette histoire. Elle est dans le genre fantastique et a été écrite il y a un bout de temps déjà. Comment une jeune fille, destinée à être Reine des Ténèbres malgré elle, va sombrer dans l&#8217;ombre sans même s&#8217;en rendre compte ? Va-t-elle avoir un dernier sursaut ? C&#8217;est une sorte de quête initiatique prenant pour décors un pays imaginaire où se côtoient les créatures les plus folles.</p>
<p><span id="more-471"></span></p>
<h2 class="green">La Genèse</h2>
<p>Aussi loin que je m&#8217;en souvienne, je n&#8217;ai jamais été comme les autres. Dans mes moindres souvenirs, un regard m&#8217;obsède. Un regard dur, tranchant comme une lame, un regard de douleur, de colère, de pitié et de terreur : le regard des autres. Pourtant, je suis en apparence comme eux, mais mon âme cache des ombres que seule la nuit peut révéler.<br />
Mon existence, et surtout ma naissance, sont un mystère. Il y a environ quinze ans, ma mère, Sekhmet, et mon père, Ashtat, s&#8217;installèrent à Myoca, un petit village tout ce qu&#8217;il y a de plus perdu au milieu d&#8217;une forêt. Je n&#8217;ai jamais compris pourquoi les elfes aimaient s&#8217;égarer ainsi au milieu des arbres. &laquo;&nbsp;Pour retrouver nos racines&nbsp;&raquo;, me disent-ils tous. Moi, tout ce vert m&#8217;écoeure. Peut-être ne suis-je pas une elfe ?<br />
La question peut en effet se poser, à la vue de mon étrange adoption&#8230; Il y a donc quinze ans, alors que mon père, un matin d&#8217;automne, ronflait encore, ma mère s&#8217;était levée de bonne heure pour cueillir des plantes, comme à son habitude. Vêtue simplement, elle ouvrit la porte de la cabane, buta contre quelque chose et, baissant les yeux, vit alors deux paquets. Quand de ces paquets jaillirent des pleurs, elle comprit.<br />
J&#8217;étais dans le paquet de gauche, et Sheknorr dans le paquet de droite. Sekhmet nous adopta immédiatement. Sur le poignet de mon frère était inscrit son prénom, comme il était coutume de le peindre à la naissance d&#8217;une encre éternelle. Mais sur mon poignet, rien. Cela inquiétait grandement ma mère, car elle ne connaissait pas le jour de ma naissance et ne pouvait donc trouver le nom qui m&#8217;attirerait la grâce des anciens. Ashtat, peu superticieux, m&#8217;appela Kaliyen, un nom sans signification que l&#8217;on lui avait soufflé en rêve.</p>
<p>Pendant plusieurs années, nous vécûmes heureux. Sheknorr et moi nous intégrions parfaitement au village. Sekhmet m&#8217;apprenait les tissus, les plantes de jardin, la cuisine et les potions. Je partais en promenade avec Ashtat. Sheknorr nous accompagnait et nous découvrions, éblouis, les mystères de la lune, le chant des oiseaux, le chuchotement des arbres qui tendent leurs feuilles vers l&#8217;infini, et le bruit des pas des animaux sauvages sur les feuilles mortes.<br />
Un jour que nous rentrions tous les trois épuisés d&#8217;une ballade, nous trouvîmes Sekhmet nous attendant à la porte. C&#8217;était inhabituel, mais elle apparaissait plus heureuse que je ne l&#8217;avais jamais vue auparavant. Ses yeux brillants étaient comme deux morceaux de lune perdus dans la nuit.<br />
Elle chuchota à l&#8217;oreille d&#8217;Ashtat, qui sourit.<br />
&laquo;&nbsp;- Les enfants, la famille va s&#8217;agrandir.&nbsp;&raquo; dit-elle en éclatant de rire.</p>
<p>* * * * * *</p>
<p>La naissance de notre petit frère Peno bouleversa profondément mon existence si tranquille. Mes crises ont débuté avec des griffures et des morsures. Une rage incompréhensible me prenait à la gorge, m&#8217;étouffait comme une liane à mon cou, comme une vague qui submergeait mon coeur, et je ne souhaitait qu&#8217;une chose : me vider. Jeter cette colère qui m&#8217;aveuglait à la face du premier venu, me venger d&#8217;un acte qu&#8217;on aurait pas commis. Le pire est ce que ces crises ne me laissaient aucun souvenir. Combien de fois ai-je appris que j&#8217;avais frappé celle ci ou celui-ci là sans que ma mémoire ne me le rappelle ?<br />
Lors d&#8217;une fête, Peno fit l&#8217;erreur de se moquer de ma tenue. Je ne pus me contrôler. Près de moi se dressait la table du dîner. Sans que je puisse comprendre comment, un couteau se retrouva planté profondément dans la cuisse de mon frère.<br />
Sekhmet et Ashtat ne purent en supporter plus : ils m&#8217;envoyèrent travailler aux mines de Khénops, un elfe bourru, ayant pactisé avec les hommes, tout de même réputé honnête et droit au village. Ce calvaire dura trois ans. Trois ans de pleurs et de cris où j&#8217;appris l&#8217;hypocrisie, ou comment se faire passer pour ce qu&#8217;on est pas. Ainsi, j&#8217;adoptais le comportement que l&#8217;on attendait de moi, du moins en apparence. Car Khénops me nourissait à peine. SOucieux de ses économies, et ne me payant pas pour casser des cailloux, il m&#8217;obligea implicitement à travailler la nuit, en cachette. Enfin, je ne crois pas que &laquo;&nbsp;travailler&nbsp;&raquo; soit le mot ; &laquo;&nbsp;combattre&nbsp;&raquo; serait plus exact.<br />
En effet, des combats de rue avaient lieu tous les soirs autour de la mine. De nombreux hommes, nains, gnomes et autres créatures sans morale venaient assister à ce spectacle parfois sanglant.</p>
<p>Une fois que j&#8217;étais sortie de nuit discrètement, je m&#8217;étais trouvée face à une sorte d&#8217;estrade où un homme et un gnome se battaient furieusement. Ces mouvements violents et bestiaux me dégoûtaient et m&#8217;attiraient en même temps. J&#8217;interrogeais un nain près de moi.<br />
&laquo;&nbsp;- C&#8217;est du Shai&#8217;nam, un combat vieux comme le monde. Regarde le sac, sur le sol, là. Les deux combattants ont mis à l&#8217;intérieur une certaine somme. Le premier à tomber à terre inconscient perd tout, et l&#8217;autre empoche. Tous les coups sont permis, et les armes&#8230; Interdite.&nbsp;&raquo;<br />
Je ne sais pas comment je me suis retrouvée sur l&#8217;estrade, ni d&#8217;où venait l&#8217;argent que j&#8217;ai déposé dans le sac. L&#8217;homme devant moi sourit, et ce sourire eu l&#8217;effet désiré : j&#8217;entrais dans une rage folle. D&#8217;un coup de poing, il me flanqua à terre.<br />
Je me réveillais quelques heures plus tard dans mon lit, à la mine, ne sachant plus si les évènements de la veille étaient rêves ou réalité. Cette question me troubla tant que je décidais d&#8217;y retourner, simplement pour vérifier si mon imagination ne m&#8217;avait abusée. C&#8217;est ce que je fit le soir même. Toujours là, se trouvait l&#8217;estrade. J&#8217;avais volé un petite somme à Khénops pour le sac et découvrit mon adversaire avec stupeur : un troll des forêts. Rien à voir avec les trolls des montagnes, qui ne pouvaient monter sur l&#8217;estrade sans la briser sous leur poid. Un troll des forêt est juste légèrement plus imposant qu&#8217;un homme, et surtout très laid. Celui-là me lança un regard moqueur. Je restais étrangement calme.<br />
Il lance son poing. Je me baisse. Il grogne. Il s&#8217;avance. Je me place entre ses pattes. Il trébuche et s&#8217;écroule, tombant sur le crâne. Je n&#8217;en reviens pas. J&#8217;ai gagné.<br />
Tout l&#8217;assistance resta silencieuse, interloquée. Comment ? Une petite elfe, femelle qui plus est, a vaincu un troll ?! Dès ce moment, on me reconnait dans les rues de Khénopsville. J&#8217;améliore ma technique, puis tous les combattants sont à même de la prévoir et de la contrer, j&#8217;en trouve une autre. Je n&#8217;ai aucune force, aucune poigne, mais la rapité et l&#8217;intelligence sont mes armes. L&#8217;argent coule à flot, je ne perd jamais. Mais ne dormant jamais non plus, n&#8217;ayant aucun répit, mon visage se creuse et Khénops décide de me renvoyer chez mes parents, car le travail à la mine m&#8217;épuise, selon lui.</p>
<p>* * * * * *</p>
<p>Sekhmet, Ashtat et Peno m&#8217;accueillirent froidement. Seul Sheknorr parut heureux de me voir et je décidais de lui raconter ma vraie vie de Khénops. Il ne me réprimanda pas, au contraire, et se montra admiratif. Cela me conforta dans l&#8217;idée que je n&#8217;avais pas grand chose à me reprocher. D&#8217;autant plus que ces combats m&#8217;avaient apprit à contrôler mes crises, du moins je le pensais. Pendant quelques semaines, tout se passa relativement bien. Mes parents m&#8217;ignoraient totalement, sauf pour formuler des interdictions, et Peno était terrifié dès que j&#8217;apparaissais. J&#8217;avais de longues discussions avec Sheknorr qui me comprenait réellement. Un jour que je lui confiait que je m&#8217;ennuyait, il me demanda :<br />
&laquo;&nbsp;- Les combats de rue ne te manquent donc pas ?&nbsp;&raquo;<br />
Cette question me fit l&#8217;effet d&#8217;un choc. J&#8217;avais enfin trouvé la cause de mon mal-être ! Le soir-même, je m&#8217;habillait pour aller rechercher une estrade près du village. Ce ne fût pas difficile, il me suffit de me diriger vers le quartier des hommes pour en dénicher une. Les combattants présents ne me connaissaient pas, mais je fis rapidement mes preuves. Dès lors, l&#8217;ambiance s&#8217;amliora nettement chez moi. Etant épuisée &#8211; je me levais tôt pour ne pas attirer les soupçons de Sekhmet et d&#8217;Ashtat &#8211; je me montrais agréable.<br />
Mais cette situation ne dura pas très longtemps. Un soir que je voulais sortir, Sekhmet me bloqua le passage. Du sang jaillit de ne je sais où et se mêla à ses larmes. Je ne veux pas&#8230; Je ne veux pasy repenser, c&#8217;est trop dur. Elle poussa un cri silencieux, et tomba doucement. Au petit matin, je rentrais à la maison, fatiguée. Le visage d&#8217;Ashtat déchira le voile qui masquait l&#8217;horrible réalité : j&#8217;ai tué ma mère. Je suis une meurtrière. J&#8217;ai tué ma mère. On me chassa, ou je partis de mon plein gré, je ne sais plus. Je ne saurais jamais. J&#8217;eût une dernière vision : le sourire de Sheknorr.</p>
<p>Les jours d&#8217;errance qui suivent restent flous dans ma mémoire. Je me souviens le goût des glands, l&#8217;odeur des arbres, la chaleur de la boue. Je me souviens avoir marché, je me souviens avoir oublié. Oublié mon nom, mon identité, mon passé. Ne me restèrent que des sons, des images vides de sens. Je ne sais pas combien de temps je suis restée là &#8211; où ? &#8211; mais cela me parut une éternité tant le jour et la nuit me semblaient indissociables. Mais un jour une lumière plus vive qu&#8217;à l&#8217;ordinaire frappa mon visage. Une lampe. Et au bout de cette lampe, un bras. Et plus loin, les plus beaux yeux qu&#8217;il m&#8217;ait été donné d&#8217;admirer. Deux pépites d&#8217;or brillants d&#8217;un éclat aveuglant. Et puis cette vois : le chant d&#8217;un oiseau n&#8217;aurait été plus mélodieux. C&#8217;était un homme, il me parla.<br />
&laquo;&nbsp;- Utherherdu ?&nbsp;&raquo;<br />
Je ne comprends pas. Allez, dis-le. Allez.<br />
&laquo;&nbsp;- Tu t&#8217;es perdue ?&nbsp;&raquo;<br />
Un hochement de tête. Le noir. plus rien.</p>
<p>* * * * * *</p>
<p>Je me réveillais dans des draps frais, au milieu d&#8217;une petite pièce ensoleillée. J&#8217;ouvrais les yeux et découvrais le même visage qui m&#8217;avait secourue. En fait d&#8217;un homme, c&#8217;était un garçon, seize, dis-sept ans tout au plus, les traits finement dessinés.<br />
&laquo;&nbsp;- Ne parle pas, me souffla-t-il. Tu es encore trop faible. Je t&#8217;ai trouvée près d&#8217;un ruisseau en allant chercher de l&#8217;eau. Tu étais en piteux état. Je m&#8217;appelle Toris, nous sommes à Bourg-en-Bois. Nous allons t&#8217;héberger quelques temps chez nous, mes parents acceptent. Mais il ne faudra pas te montrer aux voisins, ici les elfes ne sont pas les bienvenus.&nbsp;&raquo;<br />
Je hochais la tête, puis me rendormais.</p>
<p>Les jours ici passaient lentement. Les parents de Toris étaient adorable, tout comme lui. Il restait souvent à me tenir compagnie, ayant peur que je m&#8217;ennuie. Il me racontait des histoires de lutins, de guerres incroyables, de fées et de sorcières, de héros disparus&#8230; Je buvais ses paroles, tout en me rendant utile : les tâches ménagères m&#8217;étaient dévolues. Lorsque Toris eût épuisé toutes ses histoires, il décida de m&#8217;instruire. Je rétorquais que non, décidément, je n&#8217;en avais pas besoin : je savais reconnaitre les plantes et les champignons vénéneux, connaissais quelques potions, pouvais appeler les animaux par leurs cris, lire un peu l&#8217;avenir dans les étoiles&#8230; J&#8217;avais des notions de couture et de tir à l&#8217;arc, de cuisine et de chants elfiques. Mon père m&#8217;avait même inculqué une infime partie de son savoir réservé aux hommes. Je considérais ma culture comme suffisement étendue.<br />
Mais Toris me prouva qu&#8217;il me restait encore des montagnes de choses à découvrir, et il consacra tout son temps à me le démontrer. Les bonnes manières, les coutumes, l&#8217;art vestimentaire&#8230; Toris n&#8217;avait jamais vu toutes ces choses en pratique, mais il avait lu que toutes les grandes femmes et tous les grands hommes respectaient ces leçons. J&#8217;étais extrêmement fière de tout ce savoir inutile, mais cela me peinait de ne pouvoir le partager avec des gens extérieurs à la maisonnée.</p>
<p>Je me trouvais en un moment où ce sentiment d&#8217;emprisonnement était à son comble lorsque Tonin tomba gravement malade. Il fallait trouver un remède au plus vite, mais celui-ci n&#8217;était disponible que dans la ville voisine. Je sautais sur l&#8217;occasion, et me proposais pour aller le chercher. Une fois à cheval, je me posais la question : pourquoi avais-je fait cela ? Pour me rendre utile ? Par amitié pour Toris ? Non. La vérité était dure à avouer, mais ce geste était purement égoïste. Un besoin de fuir, de prendre l&#8217;air.<br />
Un cheval galopait à perdre haleine, et je fus rapidement arrivée à Bomez, qui me servirait d&#8217;étape intermédiaire.</p>
<p><em>À suivre&#8230;</em></p>


<div class="shr-bookmarks shr-bookmarks-expand shr-bookmarks-center">
<ul class="socials">
		<li class="shr-delicious">
			<a href="http://delicious.com/post?url=http://anthilemoon.net/2006/08/le-destin-de-kaliyen/&amp;title=Le+Destin+de+Kaliyen" rel="nofollow" class="external" title="Partagez-le sur del.icio.us">Partagez-le sur del.icio.us</a>
		</li>
		<li class="shr-facebook">
			<a href="http://www.facebook.com/share.php?v=4&amp;src=bm&amp;u=http://anthilemoon.net/2006/08/le-destin-de-kaliyen/&amp;t=Le+Destin+de+Kaliyen" rel="nofollow" class="external" title="Partagez-le sur Facebook">Partagez-le sur Facebook</a>
		</li>
		<li class="shr-linkedin">
			<a href="http://www.linkedin.com/shareArticle?mini=true&amp;url=http://anthilemoon.net/2006/08/le-destin-de-kaliyen/&amp;title=Le+Destin+de+Kaliyen&amp;summary=J%27aime%20pas%20mal%20cette%20histoire.%20Elle%20est%20dans%20le%20genre%20fantastique%20et%20a%20%C3%A9t%C3%A9%20%C3%A9crite%20il%20y%20a%20un%20bout%20de%20temps%20d%C3%A9j%C3%A0.%20Comment%20une%20jeune%20fille%2C%20destin%C3%A9e%20%C3%A0%20%C3%AAtre%20Reine%20des%20T%C3%A9n%C3%A8bres%20malgr%C3%A9%20elle%2C%20va%20sombrer%20dans%20l%27ombre%20sans%20m%C3%AAme%20s%27en%20rendre%20compte%20%3F%20Va-t-elle%20avoir%20un%20dernier%20sursaut%20%3F%20C%27est%20une%20s&amp;source=Anthilemoon" rel="nofollow" class="external" title="Partagez-le sur LinkedIn">Partagez-le sur LinkedIn</a>
		</li>
		<li class="shr-stumbleupon">
			<a href="http://www.stumbleupon.com/submit?url=http://anthilemoon.net/2006/08/le-destin-de-kaliyen/&amp;title=Le+Destin+de+Kaliyen" rel="nofollow" class="external" title="Tomber sur un bon truc ? Partagez cet article sur StumbleUpon">Tomber sur un bon truc ? Partagez cet article sur StumbleUpon</a>
		</li>
		<li class="shr-technorati">
			<a href="http://technorati.com/faves?add=http://anthilemoon.net/2006/08/le-destin-de-kaliyen/" rel="nofollow" class="external" title="Partagez-le sur Technorati">Partagez-le sur Technorati</a>
		</li>
		<li class="shr-tumblr">
			<a href="http://www.tumblr.com/share?v=3&amp;u=http%3A%2F%2Fanthilemoon.net%2F2006%2F08%2Fle-destin-de-kaliyen%2F&amp;t=Le+Destin+de+Kaliyen" rel="nofollow" class="external" title="Partagez-le sur Tumblr">Partagez-le sur Tumblr</a>
		</li>
		<li class="shr-twitter">
			<a href="http://twitter.com/home?status=RT+%40anthilemoon+%3A+Le+Destin+de+Kaliyen+-+http://anthilemoon.net/2006/08/le-destin-de-kaliyen/&amp;source=shareaholic" rel="nofollow" class="external" title="Tweetez-le !">Tweetez-le !</a>
		</li>
		<li class="shr-wikio">
			<a href="http://www.wikio.com/sharethis?url=http://anthilemoon.net/2006/08/le-destin-de-kaliyen/&amp;title=Le+Destin+de+Kaliyen" rel="nofollow" class="external" title="Partagez-le sur Wikio">Partagez-le sur Wikio</a>
		</li>
</ul>
<div style="clear:both;"></div>
</div>

]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://anthilemoon.net/2006/08/le-destin-de-kaliyen/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Jessica Parker</title>
		<link>http://anthilemoon.net/2006/08/jessica-parker/</link>
		<comments>http://anthilemoon.net/2006/08/jessica-parker/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 10 Aug 2006 11:41:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mitsu</dc:creator>
				<category><![CDATA[(Ré)création]]></category>
		<category><![CDATA[nouvelle]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://anthilemoon.net/?p=464</guid>
		<description><![CDATA[Sûrement le truc le plus nul que j&#8217;ai jamais écrit, mais ce dont j&#8217;ai vraiment honte, c&#8217;est que c&#8217;est le seul &#171;&#160;roman&#160;&#187; que j&#8217;ai terminé. Franchement, ça vaut pas la peine de le lire, mais si vous y tenez&#8230; En gros, cette histoire raconte comment une journaliste aisée se retrouve sur la piste d&#8217;un mystérieux [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Sûrement le truc le plus nul que j&#8217;ai jamais écrit, mais ce dont j&#8217;ai vraiment honte, c&#8217;est que c&#8217;est le seul &laquo;&nbsp;roman&nbsp;&raquo; que j&#8217;ai terminé. Franchement, ça vaut pas la peine de le lire, mais si vous y tenez&#8230; En gros, cette histoire raconte comment une journaliste aisée se retrouve sur la piste d&#8217;un mystérieux trésors, en compagnie de parfaits inconnu, dont un homme plutôt séduisant&#8230;</p>
<p><span id="more-464"></span></p>
<p>Elle vivait dans un appartement somptueux : des tapis colorés recouvraient le sol, les murs, couleur or, étaient recouverts de superbes tableaux. Des fauteuils et des canapés devant valoir une fortune étaient regroupés autour d’une petite table en marbre. Le plafond était, lui aussi, une source d’émerveillement : il était sculpté et peint, et le tableau que cela donnait représentait des anges, volant dans le ciel. Une lampe, sur un guéridon, dégageait une douce lumière dans la pièce. Statuettes luxueuses et livres coûteux étaient soigneusement rangés sur de petites étagères en bois. Assise à une jolie table de verre, elle méditait sur un texte égyptien qu’elle devait traduire :</p>
<p>????????????????????????????????</p>
<p>Tel était son métier : traduire des textes impossibles à déchiffrer. Elle se nommait Jessica Parker, et travaillait pour la « Compagnie des romanciers » , une entreprise qui avait fait fortune.<br />
On frappa à la porte. Sans doute le facteur. Elle ouvrit la porte.<br />
-Ah ! Monsieur Smith ! Quelle bonne surprise ! dit-elle .<br />
-J’apporte votre dossier suivant !<br />
Monsieur Smith s’occupait de la correspondance de la « Compagnie des romanciers ». Il apportait les dossiers à traiter aux romanciers et donnait leur réponse au patron.<br />
-Ah ! Encore du chinois ! s’exclama-t-elle .<br />
Exaspérée, elle prit une feuille de papier et nota :</p>
<p>Cela va faire 3 fois que vous me confiez la traduction d’un texte chinois. Ne suis – je donc pas assez compétente pour me charger d’un texte Mylitropien ? Mlle Parker .</p>
<p>La civilisation Mylitropienne était une grande énigme scientifique. Découverte depuis peu, elle présentait des aspects étranges… En effet, les hommes de cette civilisation pratiquaient la Touram, une sorte de magie . Ils avaient découvert les principes de la lévitation, connaissaient de nombreuses « potions », et savaient, entres autres, communiquer avec les animaux.<br />
C’était tout cela que tentaient de découvrir les romanciers, et biens d’autres, en traduisant ces textes . Elle donna le mot à Monsieur Smith et dit :<br />
-Redonnez-lui son dossier accompagné de ce message. Merci.<br />
Fatiguée, elle décida d’aller se coucher, dans sa chambre somptueuse : murs rouges tapissés de bordeaux, statuettes dorées, table basse… Elle s’allongea sur l’énorme édredon blanc, posé sur un lit deux places, et s’endormit presque aussitôt.</p>
<p>**********</p>
<p>Le lendemain, elle alla prendre son cours de karaté. Elle excellait en ce sport et battait même son professeur ! En rentrant chez elle, elle rencontra Mr Smith.<br />
-Ah ! Vous êtes là ! Je me rendais chez vous… Le patron vous envoie un message. Tenez …<br />
Elle lut le message :</p>
<p>Alors comme ça, vous vous croyez meilleure que les autres ! Et bien, c?est OK? Décryptez ce texte Mylitropien ! Le Patron.</p>
<p>Elle faillit sauter de joie, mais se retint, et rentra chez elle, après avoir remercié Mr Smith.</p>
<p>**********</p>
<p>Elle commença à « lire » le texte Mylitropien :</p>
<p>???????????????????????????</p>
<p>-Voyons… Le sablier, c’est le temps. Quatre points, donc, quatre milliers d’années. Ce signe, c’est… c’est la magie ! Et ces coffres représentent des trésors ! Quatre ! Hum ! Ce… c’est l’emblème des Mylitropiens ! Et là… c’est la direction à suivre ! Deux points : deux kilomètres vers… voyons… le lever du soleil… donc… vers l’Est ! Et là … ces signes… la mort… une bombe ! Et… ce doit être la tristesse ! Bon… tout ce travail mérite un peu de repos !<br />
Elle alla donc se coucher, fatiguée mais heureuse.</p>
<p>**********</p>
<p>Le lendemain, elle reçut un coup de téléphone :<br />
-Alors, cette réponse, elle vient, oui ou non ? Vous l’avez décrypté, ce texte Mylitropien ?<br />
-Oui … un peu.<br />
-Alors ?<br />
-Euh…! ça parle d’un trésor qui, quatre mille ans après avoir été enterré, pourra être découvert…<br />
-Que contient ce « trésor » ?<br />
-Bah… de la magie !<br />
-De la quoi ? Vous n’allez pas me dire que vous croyez à ces sornettes ! Ce ne sont que des histoires !<br />
-Pourtant …<br />
-Mauvaise traduction, voilà tout ! Il faut savoir accepter ses erreurs !<br />
-Mais…<br />
-Il n’y a pas de « mais » qui tienne !<br />
-Il y a des fortunes !<br />
- « Fortunes » ! Vous avez bien dit … « fortunes » ?<br />
-Oui.<br />
-Bon… je vous écoute.<br />
-Donc … Un trésor pourra être découvert quatre mille ans après avoir été enterré. Il doit contenir des textes magiques Mylitropiens … Mais quiconque le prendra aura à faire à une … bombe. S’il ne meurt pas, ce qui est peu probable, il sera envahi de tristesse. Mais je crois que celui qui possèdera de tels textes sera …<br />
-Extrêmement riche !<br />
-Oui, c’est cela.<br />
Le patron raccrocha immédiatement. « Cet homme ne connaît pas la politesse ! », pensa Jessica.</p>
<p>**********</p>
<p>Le lendemain matin, elle se rendit à l’agence, inquiète de l’absence de Mr Smith. Elle croisa son patron et lui demanda :<br />
- Que comptez-vous faire au sujet du texte Mylitropien que j’ai traduit ?<br />
- Et bien, j’organise une réception, j’ai convoqué toute la presse scientifique… Je vais les informer.<br />
- Qu’allez-vous leur dire ?<br />
- Oh… J’ai préparé un petit discours vantant les mérites de notre agence. Ecoutez –moi ça… Mesdames et messieurs, chers confrères, c’est dans cette agence même, la « Compagnie des romanciers », que j’ai traduit le premier texte Mylitropien…<br />
- Vous ?!!<br />
- Euh… Et bien, j’ai jugé que ce serait plus médiatique de dire que, euh… Je suis le directeur, le patron de cette agence, et vous comprenez bien que …<br />
- Non, je ne comprends pas ! C’est moi qui ai traduit ce texte, et c’est moi qui dois avoir les privilèges…<br />
- Bon. Il y a bien un moyen de s’arranger, de trouver un accord ; n’est-ce-pas ?<br />
-Très bien. Vous comptez entreprendre un voyage, n’est-ce-pas ? Et bien je ne demande qu’une chose : être de la partie !<br />
-Vous…Vous rigolez ? Vous ne savez pas combien me coûte ce voyage ! Chaque voyageur me coûte une fortune : un de plus et je suis ruiné !<br />
-Tant pis…Me voilà contrainte d’avouer à la presse que c’est moi qui ai traduis le texte… Vous seriez vraiment ruiné. Ce serait triste…<br />
-Bon, ok, ça marche.<br />
Jessica sauta de joie. Youpi ! Elle allait partir vers l’Est !<br />
-Mais le train par dans une heure à peine, lui dit en souriant le patron.</p>
<p>Jessica courrut jusque chez elle, et vida litteralement son armoire dans sa valise. Elle pris t un bloc-notes, quelques crayons, son maquillage, et son necessaire de survie.<br />
Puis elle décrocha son téléphone et appela un taxi. Le seul avantage qu&#8217;elle avait à être célibataire était bien celui-ci : totalement libre de ses allées et venues.</p>
<p>**********</p>
<p>Elle arriva in extremis à la gare où on l&#8217;aida à porter ses bagages jusque dans le wagon. Ce n&#8217;est que lorsque le train démarra qu&#8217;elle leva la tête vers l&#8217;inconnu qui l&#8217;avait aidée.<br />
-Jack, pour vous servir.<br />
-Mlle Parker, répondit Jessica.<br />
-Je peux vous appelez Jessica ?<br />
-Comment&#8230;?<br />
-Je me présente : Jack Sheridan, spécialiste en calligraphie et explorateur à ses heures. Nous faisons partie de la même expédition, dans le désert Mongolien.<br />
Jessica hésita quelques secondes, puis demanda :<br />
-Mais pourquoi dans le désert Mongolien ? Le texte disait &laquo;&nbsp;deux kilomètres à l&#8217;Est&nbsp;&raquo;.<br />
-Mais voyons, répondit-il en rigolant, les Mylitropiens ne connaissaient pas la ville où vous vivez ! C&#8217;est un peuple antique !<br />
Jessica rougit de sa propre bêtise, mais Jack, absorbé dans ses explications ne le remarqua pas.<br />
-Nous avons trouvé, ajouta Jack, en Mongolie, un temple Mylitropien très important, et nous pensons que c&#8217;est le point de dépard pour trouver le trésor. En résumé, le trésor est à deux kilomètres à l&#8217;Est du temple.</p>
<p>**********</p>
<p>Jessica fit connaissance avec tous les gens composant l&#8217;expedition : Magali, une charmante ethnologue spécialisée dans les civilisations disparues, le professeur Edward Kemsley, un vieil intellectuel à lunettes connaissant la Mongolie comme ses poches, Lady Katrin, spécialistes des plantes et qui serait utile a l&#8217;expedition pour différencier les plantes comestibles ou non, et Thomas un jeune homme sachant parler les dialèctes Mongoliens.<br />
Jack et Jessica discutèrent pendant tout le voyage, qui aboutit à un petit village nommé Kaloubjan.<br />
Ils trouvèrent une auberge tranquille pour se reposer, mais dans laquelle il manquait une place.<br />
Malgré les clins d&#8217;oeils de Jack, Jessica se résolut à partager la chambre de Magali pour le nuit.</p>
<p>Jessica se trouvait dans son lit lorsque Magali lui demanda :<br />
-Dites, vous avez un fiancé ?<br />
-Non, je me sens beaucoup plus libre seule.<br />
-Moi, répondit Magali d&#8217;une voix triste, je n&#8217;ai jamais eut beaucoup de chance avec les garçons.<br />
Jessica soupira, et lui dit, avant de s&#8217;endormir :<br />
-Ne t&#8217;inquiètes pas, tu as encore du temps avant de rencontrer le Prince Charmant&#8230;</p>
<p>**********</p>
<p>Le lendemain, toute l&#8217;expedition se réveilla à l&#8217;aube. Dans la salle commune, en dessous des chambres, Lady Katrin et le professeur Kemsley discutaient de leurs rhumatismes et de la mauvaise qualité des matelas de cette auberge, Magali regardait d&#8217;un oeil morne son café et n&#8217;y avait pas encore touché, et en face d&#8217;elle se trouvait Thomas, qui essayait tant bien que mal d&#8217;engager la conversation.<br />
Jessica chercha Jack des yeux et ne le trouva pas. Elle allait commander un café quand le portable de Thomas sonna. Jessica était étonnée qu&#8217;il puisse capter des appels dans ce lieu paumé.<br />
-Allo ? Oui, c&#8217;est Thomas. Tout de suite ? Mais c&#8217;est pas urgent&#8230; Bon OK. J&#8217;arrive.<br />
Il sourit à Jessica et lui expliqua :<br />
-Jack a trouvé des hommes pour creuser si on en a besoin. Je vais l&#8217;aider à marchander, il ne se débrouille pas très bien avec tous ces dialèctes; dit-il en lui faisant un clin-d&#8217;oeil.<br />
Puis Jessica se tourna vers Lady Katrin, qui l&#8217;appelait.<br />
-Oui ?<br />
-Regarde à l&#8217;Est, ma petite.<br />
Jessica regarda par la fenêtre, et vit la forêt la plus épaisse qu&#8217;elle ait jamais vue.</p>
<p>Après avoir bu son café, Jessica était remontée dans sa chambre et avait pris une douche. Elle avait enfilé un pantalon de toile beige assez ample pour être à l&#8217;aise et avec assez de poches pour être pratique.<br />
Elle plaça ensuite dans ses poches un canif, une boussole&#8230; Bref, tout ce qu&#8217;il fallait pour traverser une forêt telle que celle-ci.<br />
Puis elle décida de se faire tout de même une petite beauté. Pas grand chose, juste le minimum, puisqu&#8217;elle en avait encore le temps. Un peu de gloss, de mascara et d&#8217;eye-liner suffirait. Elle s&#8217;attacha les cheveux et descendit.</p>
<p>Dans la salle commune, personne n&#8217;était prêt : le professeur se battait avec son sac à dos car il ne comprenait pas comment régler toutes ces sangles. Jessica, qui avait une simple sacoche, vint l&#8217;aider.<br />
Thomas était revenu et tentait encore d&#8217;interesser Magali, qui était décidément d&#8217;humeur de plus en plus maussade.<br />
-Cela fait cinq fois qu&#8217;elle vérifie le contenu de son sac, chuchota Thomas à Jessica. Je crois qu&#8217;elle a besoin de se détendre un peu, dit-il en faisant encore un de ses clin-d&#8217;oeil dont il avait le secret.<br />
Lady Katrin relisait un bouquin sur les champignons et manifestement elle semblait plongée dans l&#8217;étude d&#8217;un specimen rare : il était violet avec des taches bleues.<br />
-Je ne comprend pas, marmonait-elle, il n&#8217;existe pas. Je en comprends pas&#8230;<br />
-C&#8217;est peut-être une nouvelle espèce ? lui suggéra Jessica.</p>
<p>Puis elle sortit se ballader, car l&#8217;atmosphère à l&#8217;interieur de l&#8217;auberge était vraiment étouffante.<br />
-Ils sont tous stressés, prononça une voix d&#8217;homme derière elle.<br />
Elle sursauta et se retourna. Ce n&#8217;était que Jack.<br />
-Vous aussi d&#8217;ailleurs, ajouta-t-il.<br />
-Vous m&#8217;avez surprise, voilà tout.<br />
-Si nous allions nous promener ? Au rythme où ils vont nous en avons bien le temps.</p>
<p>**********</p>
<p>Jessica et Jack partirent vers le Sud, où la forêt était moins dense. Jack lui parla de sa vie.<br />
-A l&#8217;école, j&#8217;étais nul, et je l&#8217;ai été pendant toute ma scolarité. Tu vois, quand j&#8217;étais enfant je voulais être explorateur. La plupart des enfants normaux oublient ces rêves débiles, mais moi je crois que je suis fou.<br />
Jessica n&#8217;arrivait plus à détacher son regard de ses lèvres, et écoutait, comme une enfant, les récits merveilleux de Jack.<br />
-Tu sais, continuait-il, je choisis mes expédition en fonction du degré de danger qu&#8217;elle représente. Plus c&#8217;est périlleux, plus ça m&#8217;interesse. J&#8217;en ai connu beaucoup des expéditions : la chasse à l&#8217;ours au Pôle Nord, la recherche de crocodiles géants, l&#8217;extermination d&#8217;une colonie de mygales&#8230; Je ne t&#8217;ennuie pas ?<br />
-Non, non. Continues, je t&#8217;en prie.<br />
-Et ce que je voulais te dire, c&#8217;est que cette expédition, je ne l&#8217;ai pas choisie comme les autres.<br />
Jessica fronça des sourcils.<br />
-C&#8217;est à dire ? demanda-t-elle étonnée.<br />
-Et bien&#8230; balbutia-t-il. C&#8217;est difficile à dire. On m&#8217;a présenté le dossier de l&#8217;expédition, avec des plan, cartographies, textes Mylitropiens, et&#8230; photos des membres de l&#8217;expédition.<br />
Jessica commençait à comprendre.<br />
-Ah ! J&#8217;ai compris, tu pouvais le dire plus tôt. Ne t&#8217;inquiètes pas tu as toutes tes chances.<br />
-C&#8217;est sérieux ? repondit Jack avec un sourire réellement heureux.<br />
-Oui, vois-tu, Magali se sent seule&#8230;<br />
C&#8217;était au tour de Jack de froncer des sourcils.<br />
-Mais&#8230; Quel est le rapport ? demanda-t-il, incrédule.</p>
<p>Ils restèrent silencieux quelques secondes à s&#8217;observer.<br />
-Je parlais de&#8230; commença Jack.<br />
-C&#8217;était de&#8230; le coupa Jessica.<br />
Et ils éclatèrent de rire. Jessica lui fit un baiser sur la joue et courut vers l&#8217;auberge en rigolant.<br />
Il la rattrapa par la taille et lui caressa les cheveux en la regardant des les yeux.<br />
-Mlle Parker&#8230;<br />
-Tu peux m&#8217;appeler Jessica !</p>
<p>**********</p>
<p>Ils rentrèrent une demi heure plus tard à l&#8217;auberge où enfin tout le monde était près. Jack sortit sa boussole et s&#8217;engoufra dans la forêt.<br />
Ils suivirents pendant trois heures un sentier sinueux, suivis des trois hommes qu&#8217;il avaient engagés pour creuser en cas de besoin, puis Jack les avertit qu&#8217;il fallait maintenant le quitter.<br />
Ils marchèrent encore une heure sous les arbres et arrivèrent à une petite clairière.<br />
-Pourquoi mettons-nous autant de temps ? demanda Lady Katrin. Ce n&#8217;est qu&#8217;à deux kilomètres après tout.<br />
-Oui, répondit Jack, mais sur ces deux kilomètres, se trouvent, en vrac : le repère d&#8217;une tribu cannibale, un lac peuplé de pyrhanas, de multiples pièges de chasseurs, des serpents en tout genre&#8230; Vous n&#8217;avez qu&#8217;à demander au professeur Kemsley, c&#8217;est lui qui m&#8217;a renseigné sur le meilleur itinéraire à emprunter. Et cette clairière est à deux pas du lieu où se trouve le trésor. Si vous voulez vous y rendre, je vous y accompagne de suite, pendant que les autres mettent en place le camp.</p>
<p>Jessica dressa le camp avec Magali etThomas. Lady Katrin, le professeur Kemsley et Jack étaient partis jeter un oeil sur les fututrs lieux de fouilles, accompagnés des trois ouvriers.<br />
Thomas tournait de plus en plus autour de Magali, mais apparement il la laissait totalement indifférente, ce que Jessica ne comprenait pas. Il était très beau garçon, gentil et intelligent en plus de cela. Son seul défaut, aux yeux de Jessica, était qu&#8217;il était un peu trop jeune pour elle. Mais pour Magali&#8230;<br />
Magali fit la cuisine et apporta un thé à Jessica.<br />
Jessica le posa pour aller accueilir Lady Katrin, le professeur Kemsley et Jack. Lady Katrin était épuisée. Jessica lui tendit le verre de thé que Magali avait préparé pour qu&#8217;elle se désaltère.<br />
La figure de Lady Katrin se décomposa.<br />
-Vous&#8230; Vous vouler m&#8217;empoisoner ?<br />
-De quoi ? balbutia Jessica, ahurie. Qu&#8217;est ce qui vous prend ?<br />
-Avez vous conscience de ce que contient ce verre ?<br />
-Du thé, répondit Jessica, rien de plus. Ne vous inquiètez pas, ce doit être la fatigue qui vous fait dire des choses pareilles. Ce thé est innofensif, c&#8217;est Magali qui l&#8217;a préparé, et je suis prête à le boire pour vous prouver qu&#8217;il n&#8217;a rien d&#8217;empoisonné.<br />
Jessica se saisit du verre et allait le boire lorsqu&#8217;on le lui arracha des mains. C&#8217;était Jack, qui était rouge de colère. -Vous voulez vous tuer ou quoi ? cria-t-il.<br />
Jessica se leva et cria :<br />
-Mais qu&#8217;est-ce-que vous avez tous, aujourd&#8217;hui, à m&#8217;accuser de tous les crimes ?!<br />
-Qui a préparé ceci ? demanda froidement Jack.<br />
-C&#8217;est Magali, répondit Jessica.<br />
Jack se tourna, et appela Magali. Il la chercha dans tous les coins du camp, dans chaque tente, mais ne la trouva pas. Elle était partie.</p>
<p>**********</p>
<p>-Quelqu&#8217;un va-t-il enfin m&#8217;expliquer ce qui se passe ? cria Jessica.<br />
Lady Katrin se tourna vers elle.<br />
-Ce thé vous était déstiné ? demanda la vieille femme. Et bien voilà, ma petite, je ne peux être plus claire : Magali a tenté de vous empoisonner avec une plante qui peut vous terrasser en quelques secondes. Et il n&#8217;existe aucun remède. Je l&#8217;ai reconnue grâce à son odeur caractéristique et à la couleur de la boisson.<br />
Jessica était bouleversée.<br />
-Mais qu&#8217;est ce qui a bien put lui prendre ? Je ne lui ai rien fait&#8230; Enfin, je crois.</p>
<p>Le lendemain matin, pendant que le professeur Kemsley et Lady Katrin restaient au camp pour le surveiller (c&#8217;était un pretexte, car Lady Katrin n&#8217;avait en fait pas le courage de se déplacer jusqu&#8217;au lieu des fouilles et le professeur Kemsley n&#8217;avait pas le courage de se séparer de sa &laquo;&nbsp;Lady Chérie&nbsp;&raquo;), tous les autres, c&#8217;est à dire Thomas, Jack, Jessica et les trois ouvriers, se rendirent à une clairière toute proche.<br />
Il y avait déjà un trou au centre de la clairière, et Thomas expliqua aux ouvriers comment creuser. Il resta avec eux toute la journée à les superviser.<br />
Jack, lui, montait la garde, et venait jeter de temps en temps un coup d&#8217;oeil sur le coffre que l&#8217;on dégageait petit à petit. Jessica se sentait un peu inutile et avait apporté avec elle un bouquin sur la Mongolie que lui avait prêté le professeur Kemsley.<br />
A la fin de la journée, Jack appela Jessica.<br />
-On l&#8217;a ! Il y a des inscriptions sur le coffre, tu peux venir les déchiffrer ?<br />
Jessica se pencha sur le gros coffre en bois.</p>
<p>???????????????????</p>
<p>-Voyons&#8230; La main&#8230; c&#8217;est le symbole de l&#8217;ouverture. Donc l&#8217;ouverture du coffre Mylitropien&#8230; Qu&#8217;est ce que c&#8217;est que ça ? Un serpent ? Une liane ? Un crochet ? Bon. Donc&#8230; la goutte noire&#8230; c&#8217;est le poison ! Un poisson magique apparement. Donc le truc qui ressemble à une liane déploiera un poison magique qui causera&#8230; alors&#8230; malheur et&#8230; folie ? Oui, c&#8217;est ça. Folie. Et le tourbillon&#8230; d&#8217;une mort&#8230; Et ça c&#8217;est quoi ? Tu sais, Jack ?<br />
Jack réfléchit un instant.<br />
-Oui, c&#8217;est l&#8217;arme qu&#8217;utilisaient les mylitropiens. Un marteau doublé d&#8217;une lame. Je pense que ça représente la violence.</p>
<p>Thomas recula et dit :<br />
-En résumé, les inscriptions disent : si l&#8217;on ouvre le coffre Mylitropien, une chose qui ressemble à une liane déploiera un venin qui ne causera que malheurs, folie, et le tourbillon d&#8217;un mort violente. Génial.<br />
-Bon, on l&#8217;ouvre ? demanda Jack. Je ne crois pas à toutes ces sornettes.<br />
Jessica le gronda :<br />
-Voyons, allons plutôt chercher Ladu Katrin et le professeur Kemsley. C&#8217;est le grand moment et ils doivent être là.</p>
<p>**********</p>
<p>Bientôt, tous les membres de l&#8217;expéditions se retrouvèrent en cercle autour du coffre.<br />
-Lady Katrin, dit le professeur Kemsley, à vous l&#8217;honneur.<br />
La vieille dame lui sourit et s&#8217;approcha à petits pas délicats du coffre. Elle se baissa et ouvrit le coffre sans difficultés.<br />
Tous furent ébouis par la quantité d&#8217;or qui se trouvait dans ce coffre.<br />
Tout d&#8217;un coup, un énorme lézard aux yeux rouges et à la peau visqueuse sortit, et il n&#8217;eut même pas le temps de se jeter sur Lady Katrin qu&#8217;elle s&#8217;était déjà évanouie. Il la saisit dans sa gueule, et rentra dans le coffre.<br />
Ce dernier se referma.<br />
Jack se précipita près du coffre, mais le professeur Kemsley se jeta sur lui.<br />
-Il veut mon or ! criait-il. Il veut me voler mon or !<br />
-Mais non, tentait de l&#8217;apaiser Jessica, il ne veut pas votre or, il veut sauver Lady Katrin, si vous ne le lâchez pas&#8230;<br />
-Ce sale petit voleur veut mon or !<br />
Jack, en désespoir de cause, repoussa violement le petit vieux, qui tomba en gémissant. jack allait ouvrir le coffre quand Jessica lui cria :<br />
-Non !<br />
Jack se retourna.<br />
-Il ne doit rien rester de Lady Katrin, souffla Jessica, et si ouvre une nouvelle fois le coffre, le lézard va à nouveau sortir.<br />
-Mais on doit tenter quelque chose&#8230; répondit froidement Jack.<br />
-Au risque de tuer quelqu&#8217;un d&#8217;autre ?</p>
<p>**********</p>
<p>L&#8217;ambiance était morne au camp. On avait été contraint de faire ingurgiter une boîte de tranquillisants au professeur Kemsley pour qu&#8217;il arrête d&#8217;agresser Jack, et les trois ouvriers étaient couchés avec une très forte fièvre.<br />
-Je pense qu&#8217;il faudrait partir d&#8217;ici, suggéra Jessica.<br />
-Et comment ? bougonna Jack. Sans le professeur Kemsley, nous ne pouvons pas retrouver notre chemin.<br />
-L&#8217;auberge n&#8217;est qu&#8217;à 2 kilomètres, rétorqua Jessica.<br />
-Et alors ? s&#8217;ennerva Jack. Vu les dangers que l&#8217;on peut rencontrer dans cette forêt, l&#8217;auberge pourrait se trouver à l&#8217;autre bout du monde, ce serait la même chose. Nous sommes obligés d&#8217;attendre que le professeur Kemsley se rétablisse pour qu&#8217;il nous guide.</p>
<p>Jessica resta silencieuse quelques minutes, puis demanda :<br />
-Et pour les ouvriers ? Ils ont l&#8217;air mal en point&#8230;<br />
-Effectivement, répondit Jack. Je suis sûr qu&#8217;un petit remède de Lady Katrin les aurait remis sur pieds en peu de temps, mais malheureusement&#8230;<br />
-Oui&#8230; soupira Jessica.<br />
-Ils ont de la fièvre, ajouta Jack.<br />
-Résumons la situation, dit Jessica. Magali a disparu, Lady Katrin s&#8217;est faite avalée par un lézard géant&#8230;<br />
-On ne nous croira pas ! Un lézard géant !<br />
-Ne me coupe pas la parole, Jack, répondit gentiment Jessica. Donc je continue : nos trois ouvriers sont extrêmenent malades et (elle baissa la voix), entre nous, je ne crois pas qu&#8217;ils vont s&#8217;en tirer.<br />
-Peut-être le paludisme ? demanda Jack.<br />
-Non, ils n&#8217;en n&#8217;ont pas tous les symptômes. Ah, oui, j&#8217;oubliais : et le professeur Kemsley est devenu fou !</p>
<p>**********<br />
**********</p>
<p>Elle avait retrouvé ses appartements somptueux, et lisait le journal pensivement.<br />
-Chéri, cria-t-elle. Ils sont publié le rapport de notre expédition !<br />
Jack arriva en courant, de la mousse à raser sur la joue droite et le rasoir dans la main.<br />
-Et, halleta-t-il, que disent-ils ?<br />
-Alors&#8230; &laquo;&nbsp;L&#8217;expédition organisée par la Compagnie des Romanciers dans le Sud de la Mongolie a rencontré un franc succès : le professeur Kemsley vient de publier un traité nommé Les forêts de Mongolie qui se vend comme des petits pains dans les librairies spécialisées. Jessica et Jack, qui étaient à la tête de l&#8217;expédition, viennent de célébrer leurs fiancailles, et vont bientôt être parents ! Vous pourez trouver le rapport de l&#8217;expedition à l&#8217;I.R.E.C.E (Institut des Recherches Etrangères Calligraphiques et Ethniques), qui nous vous le rappelons, avait pour but de découvrir une nouvelle espèce de champignons.&nbsp;&raquo;<br />
Jack réfléchit pendant quelques secondes, et remarqua :<br />
-Ils ne parlent pas de Magali, ni de Lady Katrin ? Et la folie passagère du professeur Kemsley ? Et les trois ouvriers qui sont morts des suites de leur maladie étrange ?<br />
-Non, cela aurait fait un scandale, mon chéri. Ils ont préféré masquer l&#8217;affaire au grand public. Ah ! Regarde, il y a un autre article relatif à l&#8217;expédition en dessous : &laquo;&nbsp;Un nouveau champignon &#8211; Lady Katrin, qui s&#8217;est retirée dans sa maison de campagne pour jouir de sa nouvelle notoriété, a découvert dans une forêt de Mongolie une nouvelle espèce de champignon qu&#8217;elle a modestement nommé Katrinus Mongolianum et qui s&#8217;est révélé être comestible. De récentes recherches tendent à démontrer que ce champignon aurait des effets bénéfiques sur le système immunitaire, etc.&nbsp;&raquo;</p>
<p>**********</p>
<p>-Chéri, ce sera une fille, dit Jessica en souriant.<br />
-Comment va-t-on l&#8217;appeler ? demanda Jack, radieux.<br />
-J&#8217;ai déjà trouvé. Elle s&#8217;appelera Katrin.<br />
Puis elle l&#8217;embrassa.</p>


<div class="shr-bookmarks shr-bookmarks-expand shr-bookmarks-center">
<ul class="socials">
		<li class="shr-delicious">
			<a href="http://delicious.com/post?url=http://anthilemoon.net/2006/08/jessica-parker/&amp;title=Jessica+Parker" rel="nofollow" class="external" title="Partagez-le sur del.icio.us">Partagez-le sur del.icio.us</a>
		</li>
		<li class="shr-facebook">
			<a href="http://www.facebook.com/share.php?v=4&amp;src=bm&amp;u=http://anthilemoon.net/2006/08/jessica-parker/&amp;t=Jessica+Parker" rel="nofollow" class="external" title="Partagez-le sur Facebook">Partagez-le sur Facebook</a>
		</li>
		<li class="shr-linkedin">
			<a href="http://www.linkedin.com/shareArticle?mini=true&amp;url=http://anthilemoon.net/2006/08/jessica-parker/&amp;title=Jessica+Parker&amp;summary=S%C3%BBrement%20le%20truc%20le%20plus%20nul%20que%20j%27ai%20jamais%20%C3%A9crit%2C%20mais%20ce%20dont%20j%27ai%20vraiment%20honte%2C%20c%27est%20que%20c%27est%20le%20seul%20%22roman%22%20que%20j%27ai%20termin%C3%A9.%20Franchement%2C%20%C3%A7a%20vaut%20pas%20la%20peine%20de%20le%20lire%2C%20mais%20si%20vous%20y%20tenez...%20En%20gros%2C%20cette%20histoire%20raconte%20comment%20une%20journaliste%20ais%C3%A9e%20se%20retrouve%20sur%20la%20piste%20d%27&amp;source=Anthilemoon" rel="nofollow" class="external" title="Partagez-le sur LinkedIn">Partagez-le sur LinkedIn</a>
		</li>
		<li class="shr-stumbleupon">
			<a href="http://www.stumbleupon.com/submit?url=http://anthilemoon.net/2006/08/jessica-parker/&amp;title=Jessica+Parker" rel="nofollow" class="external" title="Tomber sur un bon truc ? Partagez cet article sur StumbleUpon">Tomber sur un bon truc ? Partagez cet article sur StumbleUpon</a>
		</li>
		<li class="shr-technorati">
			<a href="http://technorati.com/faves?add=http://anthilemoon.net/2006/08/jessica-parker/" rel="nofollow" class="external" title="Partagez-le sur Technorati">Partagez-le sur Technorati</a>
		</li>
		<li class="shr-tumblr">
			<a href="http://www.tumblr.com/share?v=3&amp;u=http%3A%2F%2Fanthilemoon.net%2F2006%2F08%2Fjessica-parker%2F&amp;t=Jessica+Parker" rel="nofollow" class="external" title="Partagez-le sur Tumblr">Partagez-le sur Tumblr</a>
		</li>
		<li class="shr-twitter">
			<a href="http://twitter.com/home?status=RT+%40anthilemoon+%3A+Jessica+Parker+-+http://anthilemoon.net/2006/08/jessica-parker/&amp;source=shareaholic" rel="nofollow" class="external" title="Tweetez-le !">Tweetez-le !</a>
		</li>
		<li class="shr-wikio">
			<a href="http://www.wikio.com/sharethis?url=http://anthilemoon.net/2006/08/jessica-parker/&amp;title=Jessica+Parker" rel="nofollow" class="external" title="Partagez-le sur Wikio">Partagez-le sur Wikio</a>
		</li>
</ul>
<div style="clear:both;"></div>
</div>

]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://anthilemoon.net/2006/08/jessica-parker/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Layelis</title>
		<link>http://anthilemoon.net/2006/08/layelis/</link>
		<comments>http://anthilemoon.net/2006/08/layelis/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 10 Aug 2006 10:30:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mitsu</dc:creator>
				<category><![CDATA[(Ré)création]]></category>
		<category><![CDATA[nouvelle]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://anthilemoon.net/?p=457</guid>
		<description><![CDATA[Que dire de ceci&#8230; Que c&#8217;est sûrement l&#8217;histoire sur laquelle j&#8217;ai le plus réfléchit et sur laquelle j&#8217;ai paradoxalement le moins écrit. Je ne sais pas pourquoi, j&#8217;ai un peu peur de me planter&#8230; On verra bien si le courage me revient un jour, je vous tiendrait au courant. Chapitre 1 Ses yeux tombèrent sur [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Que dire de ceci&#8230; Que c&#8217;est sûrement l&#8217;histoire sur laquelle j&#8217;ai le plus réfléchit et sur laquelle j&#8217;ai paradoxalement le moins écrit. Je ne sais pas pourquoi, j&#8217;ai un peu peur de me planter&#8230; On verra bien si le courage me revient un jour, je vous tiendrait au courant.</p>
<p><span id="more-457"></span></p>
<h2 class="green">Chapitre 1</h2>
<p>Ses yeux tombèrent sur un oiseau mort. Il devait être là depuis plusieurs jours car les fourmis lui mangeaient les yeux et ses entrailles pourissant à l&#8217;air libre grouillaient de larves blanchâtres.<br />
Layelis donna un coup de pied dans le cadavre, le regardant rouler quelques mètres plus loin. Ce terrain vague était sa cachette, son secret, son sanctuaire, seule parcelle de sa vie restée inviolée.<br />
L&#8217;idée de retourner au Prieuré la fit soupirer. Miss Glendel allait sûrement la questionner, comme à son habitude, sur ses occupations de la journée.</p>
<p>Cette vieille femme l&#8217;avait recueillie au Prieuré des Vestales alors qu&#8217;elle n&#8217;avait que trois ans et qu&#8217;elle s&#8217;était subitement trouvée orpheline. Elle ne ressentait pas de manque, la mort de ses parents ne la tourmentait pas, trop jeune qu&#8217;elle était alors pour s&#8217;en souvenir.<br />
Miss Glendel avait prit Layelis sous son aile, et avait tenté de lui inculquer comme aux autres vestales le Culte de la Déesse Mère, Kaliyen. Tentative sans succès, puisque la jeune fille s&#8217;était toujours montrée réticente à toute forme de croyance ou de superstition, qu&#8217;elle qualifiait d&#8217;absurdes.<br />
&laquo;&nbsp;Vous essayez juste de vous cacher l&#8217;inutilité de votre vie.&nbsp;&raquo; se plaisait-elle à répéter.<br />
Mais la vieille Miss Glendel ne lui en avait pas tenu rigueur, et tant que Layelis ne rentrait pas trop tard de ses vagabondages et ne parlait pas de voyage, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes.</p>
<p>&laquo;&nbsp;- Je voudrais voyager, Miss Glendel.<br />
- Pardon ?&nbsp;&raquo;<br />
C&#8217;était il y a quelques années, dans le bureau de la vieille femme.<br />
&laquo;&nbsp;- Je voudrais voyager.&nbsp;&raquo;<br />
Silence.<br />
&laquo;&nbsp;- Découvrir le monde&#8230;&nbsp;&raquo; ajouta Layelis, embarrassée par le regard noir que lui lançait la femme.<br />
Cette dernière lui avait alors froidement désigné la porte, et il n&#8217;en avait plus jamais été question.</p>
<p>La vie s&#8217;écoulait, désespérément monotone, dans le village de Khadra où, en faut d&#8217;une petite colline, était perché le prieuré. Layelis, qui n&#8217;avait finalement jamais été nommée vestale, pouvait sortir à sa guise.<br />
Elle était assise sur un vieux caisson de fer, au milieu du terrai vague, et fixait, les yeux mi-clos, une vieille boîte de conserve. Ses paupières étaient lourdes, les images devenaient floues, et la jeune fille regardait la boîte de tôle s&#8217;effacer doucement. C&#8217;était tellement réel&#8230;<br />
Elle cligna soudain des yeux, ayant un doute. Elle se les frotta, se donna une gifle, se mordit la langue, rien n&#8217;y fit : la boîte de conserve était bel et bien devenue transparente !<br />
Layelis se leva brusquement, se croyant atteinte d&#8217;une cécité étrange. Elle fit le tour de l&#8217;objet qui provoquait son trouble, se pencha, et se risqua à le toucher. Elle avança lentement la main puis, fermant les yeux comme devant une vision cauchemardesque, la plongea littéralement&#8230; Dans le vide.</p>
<p>C&#8217;était à peine si l&#8217;air paraissait plus opaque à l&#8217;endroit où trônait l&#8217;objet. Layelis fronça les sourcils, essaya de saisir la boîte pour l&#8217;emmener avec elle, en vain. Elle rentra au Prieuré, et n&#8217;en parla à personne, persuadée qu&#8217;elle passerait pour folle.<br />
Elle aurait pu forcer sa mémoire à oublier cet incident, si peu à peu il ne se reproduisait pas de plus en plus fréquemment. Elle ne comptait désormais plus les fois où elle s&#8217;était retrouvée fesses contre terre car sa chaise avait disparu, ou encore les fois où, écrivant, elle n&#8217;avait pu finir sa phrase faute de plume.<br />
Mais ce qui la troublait le plus, c&#8217;est qu&#8217;elle était apparemment la seule à s&#8217;en rendre compte.</p>
<p>Un après-midi d&#8217;hiver, où il faisait si froid que Layelis n&#8217;était pas sortie, la cuisinière du Prieuré était venue lui rendre visite dans sa chambre. Maria était particulièrement attentionnée avec Layelis, et ne manquait jamais de lui apporter quelques biscuits lorsqu&#8217;elle venait la voir. C&#8217;était sûrement parce qu&#8217;elles avaient le même âge qu&#8217;elle éprouvait de la sympathie à son égart.<br />
Elles étaient en grande discussion sur la Polémique du Sang qui secouait toute la contrée. Layelis n&#8217;était pas au courant, et Maria se faisait une joie de lui donner tous les détails de l&#8217;affaire.</p>
<p>&laquo;&nbsp;- Les Inquisiteurs d&#8217;Etat parcourent tout le pays ! Dès qu&#8217;ils croisent quelqu&#8217;un, ils lui font une prise de sang !<br />
- Mais&#8230; Pourquoi cela ? s&#8217;étonnait Layelis.<br />
- J&#8217;sais pas. Si t&#8217;as le sang bleu, ils te laissent tranquille, et s&#8217;excusent même pour le dégrément, répondit Maria d&#8217;un air cultivé.<br />
- Désagrément.&nbsp;&raquo; la reprit Layelis.<br />
Maria n&#8217;avait reçu pour héritage de ses parents décédés, comme ceux de Layelis, que les rudiments de la conversation et un don indéniable pour mijoter des plats délicieux.<br />
&laquo;&nbsp;- Oui, s&#8217;cuse. Si t&#8217;as la sang rouge, ils te posent des tas de questions, et des fois ils t&#8217;embarquent, des fois ils t&#8217;embarquent pas. Et&#8230;&nbsp;&raquo;<br />
Maria ménageait visiblement un suspens supposé être palpitant, mais cette pause n&#8217;eut pour effet sur Layelis que de lui faire hausser un sourcil. Maria toussota.<br />
&laquo;&nbsp;- Si t&#8217;as la sang argenté&#8230; Ils te tuent ! &nbsp;&raquo; laissa-t-elle tomber avec une mimique d&#8217;héroïne tragique.<br />
Layelis se tenait intérieurement un discours sur la discrimination, dont elle ne fit pas part à la cuisinière, car il contenait trop de mots compliqués et, plongée dans ses pensées, n&#8217;entendit bientôt plus que la voix de son amie. Elle mit quelques secondes avant de le remarquer, puis releva la tête soudainement.</p>
<p>Maria était toujours là&#8230; Mais on distinguait le mur derrière elle à travers son corps ! Elle parlait toujours d&#8217;ailleurs, semblant ne s&#8217;être rendu compte de rien, et ses paroles lointaines résonnaient comme un écho assourdi.<br />
Layelis regarda, terrifiée, la jeune fille s&#8217;effacer jusqu&#8217;à disparaître tout à fait. Elle resta comme inerte un instant, puis courut dans le bureau de Miss Glendel. Il était vide.<br />
Layelis se souvint qu&#8217;elle donnait un cours aux vestales., au dernier étages de la tour. Elle monta comme une folle les escaliers abrupts, trébuchant et haletant, et ouvrit la porte de la classe à la volée.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Ma&#8230; Maria a disparut !&nbsp;&raquo; bégaya-t-elle devant toute la classe.<br />
Miss Glendel était debout devant toute la classe.<br />
&laquo;&nbsp;- Oui, Layelis, Maria a pris congé de nous ce matin. Tu n&#8217;as pas à te mettre dans des état pareils&#8230;<br />
- Non&#8230; Elle a vraiment disparu !&nbsp;&raquo;<br />
Miss Glendel l&#8217;ignora et demanda aux élèves avec un sourire :<br />
&laquo;&nbsp;- N&#8217;est-ce pas, les filles, que Maria est partie ce matin ?<br />
- Oui !&nbsp;&raquo; répondirent-elles toutes à l&#8217;unisson.<br />
- Imp&#8230; Impossible ! cria Layelis, folle de rage.<br />
Miss Glendel lui jeta un regard glacial.<br />
&laquo;&nbsp;- Tu déranges le cours, Layelis, sors.&nbsp;&raquo;</p>
<p><em>À suivre&#8230;</em></p>


<div class="shr-bookmarks shr-bookmarks-expand shr-bookmarks-center">
<ul class="socials">
		<li class="shr-delicious">
			<a href="http://delicious.com/post?url=http://anthilemoon.net/2006/08/layelis/&amp;title=Layelis" rel="nofollow" class="external" title="Partagez-le sur del.icio.us">Partagez-le sur del.icio.us</a>
		</li>
		<li class="shr-facebook">
			<a href="http://www.facebook.com/share.php?v=4&amp;src=bm&amp;u=http://anthilemoon.net/2006/08/layelis/&amp;t=Layelis" rel="nofollow" class="external" title="Partagez-le sur Facebook">Partagez-le sur Facebook</a>
		</li>
		<li class="shr-linkedin">
			<a href="http://www.linkedin.com/shareArticle?mini=true&amp;url=http://anthilemoon.net/2006/08/layelis/&amp;title=Layelis&amp;summary=Que%20dire%20de%20ceci...%20Que%20c%27est%20s%C3%BBrement%20l%27histoire%20sur%20laquelle%20j%27ai%20le%20plus%20r%C3%A9fl%C3%A9chit%20et%20sur%20laquelle%20j%27ai%20paradoxalement%20le%20moins%20%C3%A9crit.%20Je%20ne%20sais%20pas%20pourquoi%2C%20j%27ai%20un%20peu%20peur%20de%20me%20planter...%20On%20verra%20bien%20si%20le%20courage%20me%20revient%20un%20jour%2C%20je%20vous%20tiendrait%20au%20courant.%0A%0A%0A%0AChapitre%201%0A%0ASes%20ye&amp;source=Anthilemoon" rel="nofollow" class="external" title="Partagez-le sur LinkedIn">Partagez-le sur LinkedIn</a>
		</li>
		<li class="shr-stumbleupon">
			<a href="http://www.stumbleupon.com/submit?url=http://anthilemoon.net/2006/08/layelis/&amp;title=Layelis" rel="nofollow" class="external" title="Tomber sur un bon truc ? Partagez cet article sur StumbleUpon">Tomber sur un bon truc ? Partagez cet article sur StumbleUpon</a>
		</li>
		<li class="shr-technorati">
			<a href="http://technorati.com/faves?add=http://anthilemoon.net/2006/08/layelis/" rel="nofollow" class="external" title="Partagez-le sur Technorati">Partagez-le sur Technorati</a>
		</li>
		<li class="shr-tumblr">
			<a href="http://www.tumblr.com/share?v=3&amp;u=http%3A%2F%2Fanthilemoon.net%2F2006%2F08%2Flayelis%2F&amp;t=Layelis" rel="nofollow" class="external" title="Partagez-le sur Tumblr">Partagez-le sur Tumblr</a>
		</li>
		<li class="shr-twitter">
			<a href="http://twitter.com/home?status=RT+%40anthilemoon+%3A+Layelis+-+http://anthilemoon.net/2006/08/layelis/&amp;source=shareaholic" rel="nofollow" class="external" title="Tweetez-le !">Tweetez-le !</a>
		</li>
		<li class="shr-wikio">
			<a href="http://www.wikio.com/sharethis?url=http://anthilemoon.net/2006/08/layelis/&amp;title=Layelis" rel="nofollow" class="external" title="Partagez-le sur Wikio">Partagez-le sur Wikio</a>
		</li>
</ul>
<div style="clear:both;"></div>
</div>

]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://anthilemoon.net/2006/08/layelis/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Elle</title>
		<link>http://anthilemoon.net/2006/08/elle/</link>
		<comments>http://anthilemoon.net/2006/08/elle/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 10 Aug 2006 09:34:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mitsu</dc:creator>
				<category><![CDATA[(Ré)création]]></category>
		<category><![CDATA[nouvelle]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://anthilemoon.net/?p=460</guid>
		<description><![CDATA[Bon, c&#8217;est le premier machin réaliste que j&#8217;ai écris, à 11 ans. J&#8217;appelle ça machin, parce que c&#8217;est bourré de fautes d&#8217;orthographe, que les phrases sont simplistes, et que c&#8217;est un peu ridicule pour une fille de 11 ans d&#8217;essayer d&#8217;aborder des thèmes tels que la prostitution, ou la pédophilie. Je me souviens très bien, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Bon, c&#8217;est le premier machin réaliste que j&#8217;ai écris, à 11 ans. J&#8217;appelle ça machin, parce que c&#8217;est bourré de fautes d&#8217;orthographe, que les phrases sont simplistes, et que c&#8217;est un peu ridicule pour une fille de 11 ans d&#8217;essayer d&#8217;aborder des thèmes tels que la prostitution, ou la pédophilie.<br />
Je me souviens très bien, quand j&#8217;avais commencé à écrire ce roman, je voulais faire un truc choquant. M&#8217;enfin, j&#8217;étais jeune, et le résultat est plus pathétique qu&#8217;autre chose.<br />
C&#8217;est pour cela que je viens de me remettre à l&#8217;écriture d&#8217;une nouvelle réaliste qui, je l&#8217;espère, ne sera pas aussi grossière que celle écrite il y a 5 ans.<br />
Un peu de subtilité ne me ferai pas de mal&#8230;</p>
<p><span id="more-460"></span></p>
<h2 class="green">0</h2>
<p>Paris. Il pleut. Elle marche, perchée sur ses talons aiguilles, contourne les flaques, évite les gouttières.<br />
Elle entre dans l’immeuble. Hall d’entrée très chic, tout brille. Un homme éponge le sol encore mouillé du fait du passage des employés trempés. Ses talons s’enfoncent dans le tapis trop épais. Elle marche tant bien que mal jusqu’à l’accueil. Un grande blonde lui sourit.<br />
« Quelle peste ! »<br />
Elle n’a jamais aimé les blondes. Toutes des connes. Trop innocentes, trop gentilles… Trop tout. Pas assez elle.<br />
- Le bureau du patron.<br />
Elle marque une pause. Fait mine de réfléchir.<br />
- S’il vous plaît.<br />
La blonde sourit encore.<br />
« Qu’elle a l’air bête ! »<br />
- Bien sûr, Madame. Au dernier étage.<br />
Puis elle ajoute, encore ce satané sourire au lèvres :<br />
- Et l’ascenseur est en panne, Madame.<br />
« La peste ! »<br />
Elle repère l’escalier, s’y dirige, pousse la porte, et regarde avec un air froid la hauteur effrayante du bâtiment.<br />
Elle commence sa montée. Pas pratique, les talons aiguilles. Elles les ôtes, et continue à monter, les prenant sous le bras. Déjà quatre étages. Elle détache ses cheveux, pour être plus à l’aise. Sa longue chevelure noire tombe sur ses épaules, courre jusque dans le bas de son dos, comme libérée du chignon étouffant qui la retenait avant. Plus que trois étages. Elle ouvre un peu sa chemise, la sueur commence à couler dans le creux de ses reins. Elle a du mal à respirer.<br />
Enfin. Le dernier étage. Elle jette un coup d’œil au panneau qui est sur le mur.<br />
« Chouette, il y a des toilettes, je vais pouvoir me refaire une beauté ! »<br />
Elle ouvre la porte qui donne sur le couloir. Sursaut. Elle tombe nez à nez avec un homme en costume, plutôt bien foutu, blond aux yeux… une couleur indéfinissable. Entre le gris du brouillard, l’azur de l’océan, et le bleu de la nuit.<br />
Elle reste là. Elle contemple ses yeux.<br />
Il sourit, gêné.<br />
- Que se passe-t-il ? Vous allez bien ?<br />
Sa voix. Grave. Si une voix pouvait avoir une couleur, celle-ci serait sombre. Bleu nuit. Une nuit avec lui…<br />
Qui ? Moi ? Oui, oui… très bien. Je… Je viens pour un entretien d’embauche. Je cherche le bureau du patron. C’est… Vous savez où il se trouve ?<br />
- Oui, j’en viens ! Je suis son fils.<br />
Elle reprend ses esprits. Calme. Rester calme. Et froide. Professionnelle. Reprendre son souffle.<br />
- Enchantée.<br />
Il la toise de haut en bas.<br />
- Vous… Vous comptez vous y rendre comme ça ?<br />
Elle se rend compte de sa tenue débraillée. Elle bredouille quelques vagues excuses et le quitte pour se rendre aux toilettes.<br />
Elle se regarde dans le miroir. « Quelle horreur ! »<br />
Elle se brosse rapidement. Pas le temps de refaire un chignon. Elle retouche son mascara qui avait coulé et essuie d’un geste les quelques gouttes d’eau de qui perlent sur son front.<br />
Après avoir remis ses chaussures, elle frappe.<br />
Entrez.<br />
Elle pousse la porte. Un immense bureau, presque aussi vaste que le hall d’entrée. Des murs recouverts de tableaux.<br />
« Ça pue la richesse à plein nez ! »<br />
Le patron. Il la regarde, louche sur sa chemise, qu’elle a mal reboutonnée.<br />
« Mais qu’est-ce que c’est que ce sourire hypocrite qu’ils ont tous ici ? »<br />
Elle s’assoie. Bonjour.<br />
Je viens pour le poste de photographe. Oui, de mode. Oui, je suis qualifiée. Compétente en autre chose ? Je dessine aussi un peu, et j’ai quelques notions de marketing. Pas ça ? Mais quoi alors ?</p>
<p>Il lui dit de s’approcher. Elle s’exécute. Elle est en face de lui. Il est assit dans son fauteuil. Il lui passe une main sous la jupe et la caresse entre les cuisses.<br />
« Quel porc ! »<br />
Elle se dégage.<br />
- Je vous rappellerai pour vous faire part de ma décisions, dit-il avec un sourire.<br />
Elle sait ce que cela veut dire. Elle n’a pas le job. Il lui faut ce boulot, il le lui faut. Elle surmonte son dégoût. S’approche.<br />
Le patron affiche un sourire satisfait.<br />
Elle enlève ses chaussures. Ses collants. Son string. Il avance sa main. Enfonce un doigt. Elle gémit.</p>
<p>« Il faut qu’il croit que ça me plaît. »</p>
<p>Elle se répète : « Il me faut ce job. »<br />
Il ouvre sa braguette. Sort son sexe. La regarde. Elle le fait.<br />
C’est fini.<br />
- Vous m’avez l’air d’avoir toutes les compétences requises, dit-il en remontant sa braguette, je vous embauche.<br />
Elle l’a. Son job. Elle a vingt ans.<br />
« Je ne suis plus une pute. »</p>
<h2 class="green">I</h2>
<p>Bois de Boulogne. Elle marchait sous la pluie.<br />
« Il faut que j’en trouve un.»<br />
Un client. Elle repère un homme, plus très jeune, mais pas pourri non plus.<br />
« Les costauds, faut s’en méfier. Ils en profitent. Les trop vieux, c’est dégueulasse. »<br />
Elle s’approche de lui.<br />
- Vingt euros ?<br />
Le type hoche la tête. Elle monte dans sa voiture. Lui fait son affaire. Voilà. Vingt euros. Elle n’a que quinze ans.<br />
Elle entre dans un petit café louche, s’achète une bière, et va s’asseoir à une table en regardant dans le vague.<br />
« Où dormir ? »<br />
Un homme. Il se pose près d’elle.<br />
Comment tu t’appelles ? Pas vos affaires. T’as quel âge ? Quinze ans.<br />
Tu sais, j’ai un bel appartement près de La Courneuve. Tu veux venir ? « Merde. »<br />
- Oui. Merci.<br />
Tu me remercieras ce soir.<br />
Un clin d’œil. « Je hais les clins d’œil.»<br />
Ils prennent le métro. Elle entre dans son appartement miteux et crade. Comme elle s’en doutait, il n’y a qu’un lit deux place.<br />
Elle se couche toute habillée.<br />
Mets toi à l’aise.<br />
Elle se déshabille. Que ne faut-il pas faire pour dormir au chaud…<br />
Il s’allonge près d’elle.<br />
« Allons-y.»<br />
Un fois le travail terminé, elle s’endort. Des cauchemars. Des fantômes. Sa mère. Une seringue. Son dernier shoot avant de partir à jamais.<br />
Elle se réveille en sursaut. Le gars dort encore. Elle se rhabille.<br />
Un bureau. Elle ouvre les tiroirs un à un. Cinquante euros. Une photo.<br />
« Putain. Il a une femme. »<br />
Elle prend les cinquante euros et se barre.<br />
Il fait froid dehors. Elle entre dans une boutique. Des bijoux. Elle adore les bijoux. La luxure en général.<br />
Elle regarde les colliers et les pendentifs qui scintillent sous les petits projecteurs blancs accrochés au plafond.<br />
Un homme a l’air de chercher une bague. Elle s’approche de lui.<br />
« Putain il a l’air riche.»<br />
Il ressort de la boutique en secouant la tête. Elle le suit. Il se dirige vers une limousine. Vite. Elle court. Elle trébuche, tombe sur lui.<br />
Il la regarde, amusé. Ils échangent un sourire. Elle entre dans sa voiture.<br />
Pendant le trajet, il tâte ses poches.<br />
Mon portefeuille ?<br />
Elle hausse les sourcils. L’air étonné.<br />
Ils arrivent. Un château de pierre immense entouré d’un parc gigantesque. Des chemins serpentent entre les pommiers dont les fruits rouge vifs attirent le regard. Près des multiples fontaines blanches, se trouvent des bancs de bois où sont assis un couple d’amoureux ou, plus loin, une vieille femme et son fils.<br />
Elle regarde. Emerveillée. « Putain.»<br />
Elle descend de la voiture et suit l’homme sur l’allée centrale du parc, qui mène directement aux lourdes portes en bois massif du château.<br />
Un domestique.<br />
« Qu’il a l’air ridicule ! On dirait qu’il a avalé un manche à balai.»</p>
<p>Ouh la la ! Que d’agitation !<br />
Des femmes en jupons courent dans tous les sens, certaines rattrapant leur bambin, d’autres portent des gâteaux. Deux domestiques essayent tant bien que mal de placer une longue table contre le mur sana la faire tomber sur leurs pieds.<br />
Un cuisinier, avec une toque immense, apporte un plateau sur lequel se trouvent des olives, des amuse-gueules… Un domestique place des verres en cristal sur une table en faisant attention de n’en casser aucun.<br />
« Putain. Il se passe quoi, là ? »<br />
L’homme la regarde. Voyant son air étonné, il lui dit :<br />
- J’organise un petite fête.<br />
- En quel honneur ?<br />
Il hausse les épaules et s’en va courir derrière un serveur.<br />
Elle se retrouve toute seule.<br />
Elle ouvre sa besace, où se trouve déjà un portefeuille en peau de crocodile sombre très élégant et un vieil ours en peluche couvert de saletés.<br />
Elle y fourre un verre en cristal et un rond de serviette. Une fourchette. Un couteau.<br />
« Ça peut servir. »<br />
Il revient. Ils montent un escalier imposant et il lui montre sa chambre au deuxième étage.<br />
Elle s’allonge.<br />
« Ça faisait longtemps. Enfin un lit confortable. »<br />
Elle attend. Il ne vient pas.<br />
« C’est gratuit ? »<br />
Elle s’endort, le sourire aux lèvres.</p>
<p>Elle ouvre un œil. Puis deux.<br />
Quel bonheur. S’endormir comme ça, sans rien faire pour payer le lit. Se réveiller après avoir dormi autant qu’on le voulait.<br />
Elle descend les escaliers.<br />
L’homme arrive.<br />
- Viens. On va t’habiller. Tu ne peux pas venir comme ça à la réception !<br />
Elle s’exécute. Il ouvre un armoire.<br />
Des robes. Des robes de princesse.<br />
- Vas-y. Choisi.<br />
Elle le regarde, les larmes aux yeux.<br />
Pourquoi est-il si gentil ?<br />
Elle prend la robe rouge. Sa couleur préférée.<br />
Elle l’enfile. Il lui serre les rubans.<br />
- Tu es superbe ! Allons. Descendons.<br />
Il lui prend la main et retrouvent les convives en bas dans la grande salle. La fête bat son plein.<br />
De jeunes femmes très chics parlent, une coupe de champagne à la main, avec de beaux jeunes hommes élégants. Même les petits enfants ont des nœuds papillons et se courent après, passant sous les tables, renversant les assiettes, et soulevant les jupons.<br />
De vieilles femmes parlent couture entres elles pendant que les hommes importants, « sûrement des politiques », discutent argent et débattent sur la montée des taux en bourse.<br />
Il la tire par la main. Ils vont s’asseoir à une petite table pour deux, dans un coins.<br />
- Comment t’appelles-tu ?<br />
- Je sais pas.<br />
Il n’a pas l’air étonné.<br />
- Ta mère t’a abandonnée… Tu veut faire quoi plus tard ?<br />
Quelle question stupide. Je finirais pute de toutes façons.<br />
- Reporter photographe.<br />
- Pourquoi ?<br />
Elle s’anime. Ça fait longtemps qu’elle n’a pas parlé.<br />
Moi, je prendrais pas des photos connes. Belles mais connes. Je prendrais les pauvres enfants d’Afrique qui crèvent la dalle, les jeunes putes de Paris et de Thaïlande, les drogués, les clodos, les alcoolos, et les fleurs.<br />
- Les fleurs ?<br />
- Ouais.<br />
Moment de silence. Il réfléchit. Elle reprend son souffle. Un phrase aussi longue, sans s’arrêter !<br />
- Pourquoi les fleurs ?<br />
Elle hésite.<br />
- Les fleurs, c’est la seule chose parfaite sur Terre. Une fleur, tu peux lui dire tous tes secrets, elle te trahira pas. Toutes les fleurs sont innocentes et pures. Et les fleurs c’est pas trop bavard.<br />
Elle s’arrête. Il la regarde. Et dit :<br />
- Voilà.<br />
- Quoi.<br />
- Fleur. Tu t’appelles Fleur.<br />
Elle secoue la tête.<br />
- Nan, moi je suis pas une fleur comme ça. Les fleurs, ça se laisse marcher dessus et arracher sans rien dire. Moi je suis une fleur avec des piquants.<br />
- Une rose.<br />
- Mais une rose rouge, alors.<br />
Voilà. Elle est baptisée. Rose.<br />
Elle le regarde. Reconnaissante. Il prend une des rose du vase posé sur la table et lui tend.<br />
Elle accepte.<br />
Ils vont dans le jardin.<br />
Il l’embrasse. Sur la joue. Comme ça.<br />
Merci.<br />
C’est la première fois qu’elle dit merci. Elle aime bien.<br />
Elle est fatiguée. Elle va se coucher.<br />
Elle rêve. Pas de cauchemars. Pour la première fois.</p>
<h2 class="green">II</h2>
<p>Le matin. Ils vont dans le jardin. Il fait beau.<br />
- C’est quoi votre nom ?<br />
- Appelle moi comme tu veux.<br />
Elle réfléchit.<br />
- Monsieur Toi.<br />
Ils continuent à marcher et vont s’asseoir sous un pommier.<br />
- Dites, Monsieur Toi, c’est qui votre femme ?<br />
Il ne répond pas. Elle s’en fiche. Il répondra un jour.<br />
Ils finissent tous pas répondre. Les gens bavards.</p>
<p>Il se lève. Se dirige vers le portail.<br />
« Où va-t-il ? »<br />
Elle ne lui demande pas. Retourne au château. Va se coucher.<br />
Il la réveille.<br />
- Quoi ?<br />
Il lui tend un paquet.<br />
Elle le déballe. Un appareil photo. Couleur métallique, avec pleins de petits boutons et des molettes partout. Oh !<br />
Elle reste là, à contemp<br />
ler l’appareil.<br />
- Merci, Monsieur Toi ! Elle courre dans le jardin, et passe tout l’après-midi à contempler les fleurs. Va le retrouver. Monsieur Toi, je n’ai plus de pellicule.<br />
Il va farfouiller dans un tiroir et en sort une boîte de fer, remplie de pellicules photos. Monsieur Toi, je sors ce soir.<br />
- Non.<br />
- Pourquoi ?<br />
- Quel âge as-tu ?<br />
- Quinze ans.<br />
- C’est une raison suffisante pour que tu ne sorte pas la nuit.<br />
Elle va se coucher. Grommelle.<br />
Ça ne lui vient pas à l’esprit qu’il n’est pas son père et qu’il n’a aucun droit sur elle.</p>
<p>Elle se lève tôt. Va chercher un bout de pain dans les cuisines et sort sans faire de bruit.<br />
Elle prend le bus.<br />
Direction Bois de Boulogne.</p>
<p>Elle rentre. Il est tard.<br />
Il est là. À l’attendre. Il la gronde.<br />
Elle lui tend son appareil et va se coucher.<br />
Le lendemain, elle trouve sur sa table de chevet un dossier bleu, qu’elle ouvre par curiosité.<br />
Ses photos !<br />
Des fleurs, des fleurs, et encore des fleurs !<br />
Et celles d’hier soir : Un clochard qui mourait de froid, recroquevillé sur un bout de carton posé à même le sol. Une pute qui fait le trottoir, porte-jarretelles, mini jupe et bottes vernies à talons aiguilles.<br />
Un dealer qui prépare de petites doses dans du papier d’allu.<br />
Un fille d’à peine onze ans qui se pique derrière un arbre.<br />
Et Lui.<br />
Un type de dix-huit ans qu’elle a rencontré hier au Bois. Incroyable ce qu’il est beau. Comme un dieu. Et gentil. Trop gentil.<br />
Il l’appelle Gretel.<br />
- Tu t’es jetée sur son château comme Gretel sur la maison de la sorcière. Fais gaffe ! Il va te manger !<br />
Elle ne le croit pas, mais elle l’aime bien quand même.</p>
<p>Elle ne le croyait pas. N’empêche que maintenant elle est avec lui.<br />
Il y a deux heures à peine elle était encore au château. Elle est entrée dans une pièce. Et là, elle a vu.<br />
Monsieur Toi, une seringue à la main. Près à se piquer.<br />
- Non, ce n’est pas ce que tu crois !<br />
Elle était déjà partie.<br />
- Rose ! Reviens !</p>
<h2 class="green">III</h2>
<p>Elle n’est pas revenue.<br />
Julio marche avec elle. Il fait froid. Il lui passe sa veste.<br />
Elle ne veut pas dire merci. Ça fait trop mal.<br />
« Qu’est-ce que je suis conne. »<br />
Ils vont chez lui. Un petit studio. Un lit deux places.<br />
Ils s’allongent. Elle se blottit dans ses bras. Il passe une main entre ses cuisse. Elle le repousse.<br />
Ils s’endorment.</p>
<p>- Ils sont super. Tu vas voir.<br />
Julio a un plan. Pour se faire un max de thune. Elle attend de voir.<br />
Ils entrent dans un usine abandonnée. Toute la bande est au complet.<br />
C’est Rose.<br />
Ils la dévisage. Un type s’approche et lui serre la main.<br />
- Lui c’est Marco. Il fait les plans.<br />
Le gars a une grande cicatrice sur la joue qui part de l’œil et arrive à la mâchoire.<br />
- Le Borgne. Le vétéran du métier.<br />
Il lui manque un œil. Tout s’explique.<br />
- Shanya. Elle détourne l’attention des gardiens.<br />
Mini jupe et talons aiguilles. Elle devine comment la fille arrondit ses fins de mois.<br />
- Bazooka. S’occupe des armes.<br />
Le type a au moins cinq flingues à la ceinture. Sans commentaires. Mieux vaut s’en faire un ami.<br />
- Matic. Tous les trucs électroniques ou informatiques, c’est lui.<br />
Petit rond à lunettes. Informaticien classique, quoi.<br />
- Le Boss. Repère les coffres qui l’intéressent.<br />
Un cigare et un costume assez classe. Un mec sensé être &nbsp;&raquo;respectable&nbsp;&raquo;.<br />
- OK ?<br />
Elle hoche la tête.</p>
<p>Le Boss veut le coffre de La Centrale. Un des mieux protégés.<br />
« Suis pas arrivée au bon moment, moi. »<br />
Marco se procure des plans et explique à toute la bande :<br />
- Shanya, il y a deux gardiens à l’entrée. Tu sais ce que tu dois faire. Si ça marche pas, Bazooka les défonce.<br />
Matic tu te débrouille pour nous trouver le code du coffre, sinon on le fait péter. Mais dans ce cas, faudra tracer. Boss, tu peux nous procurer une bagnole ?<br />
Le type acquiesce.<br />
- OK. Le Borgne, tu conduira. La petite, tu viens au cas où. Julio, toi c’est comme d’hab’. Tu connais. Les serrures, etc.<br />
Ils commencent à se préparer.<br />
Elle ne sais pas quoi faire. Elle prend un flingue et entre dans la voiture.<br />
Ils partent.<br />
Shanya descend. Tout se passe bien, elle les éloigne. Julio sort à son tour, et deux minutes plus tard, elle entend un sifflement.<br />
C’est le signal.<br />
Ils descendent tous. Courent en se baissant jusqu’à la porte. Matic a trafiqué les caméras.<br />
Ils marchent dans les couloirs. Bazooka les couvrent.<br />
Ils arrivent devant le coffre.<br />
Merde.<br />
C’est Julio. Comme les autres, il a vu.<br />
Des rayons rouges, très près du sol, assez pour qu’on ne puisse pas passer en dessous, et pas assez espacés pour qu’on puisse marcher entre.<br />
Ils se tournent tous vers elle.<br />
Elle a compris.<br />
Se baisse. Rampe. Essoufflée, elle parvient au coffre. Julio lui lance une aiguille. Elle le regarde.<br />
« Il déconne ? Je sais pas me servir de ça, moi.»<br />
Elle tente. Clic. Ça marche. Incroyable.<br />
« 8 à droite, 2 à gauche, 9 à gauche, 4 à droite, 7 à gauche. »<br />
Elle pousse la lourde porte en fer.<br />
Des sacs. Il n’y a que des sacs en plastique.<br />
Elle prend le couteau qu’elle a chopé chez Monsieur Toi et ouvre un sac. Des billets. Les sacs en sont remplis.<br />
Elle les lance un à un. Julio les rattrape et les passe à Matic, qui fait un tas près de lui.<br />
Ça y est. Tous les sacs sont à l’extérieur. Ils font plusieurs allers-retours pour tous les placer dans le fourgon.<br />
Elle passe devant les gardiens. Ils sont morts.<br />
Elle est dégoûtée.</p>
<h2 class="green">IV</h2>
<p><em>C’est un trou de verdure où chante une rivière,<br />
Accrochant follement aux herbes des haillons<br />
D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,<br />
Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons.</p>
<p>Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,<br />
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,<br />
Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,<br />
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.</p>
<p>Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;<br />
Il dort dans le soleil, le main sur la poitrine,<br />
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.</p>
<p>Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme<br />
Souriait un enfant malade, il fait un somme :<br />
Nature, berce-le chaudement : il a froid.<br />
</em></p>
<h2 class="green">V</h2>
<p>Elle est retournée à la rue. Cinq ans avec ces connards. Elle ne supporte pas le crime.<br />
« Je ne veut plus être une pute. »<br />
La photo, elle veut faire de la photo. Monsieur Toi aurait apprécié.<br />
Elle ramasse un journal. Un annonce.</p>
<p>Cherche photographe pour tt types de photos.<br />
Bd St Michel, n°38. Etage n°4.</p>
<p>Elle croit aux signes du destin. Elle se rend à l’entretien.</p>
<h2 class="green">VII</h2>
<p>Trois ans qu’elle galère. Elle est toujours une pute, mais pour son patron.<br />
Il l’envoie dans une île. Elle doit prendre des photos de volcans.<br />
Enfin un sujet intéressant.<br />
Elle fait sa valise. Pour deux semaines.</p>
<p>Arrivée.<br />
L’avion se pose.</p>
<p>Waouh.</p>
<p>Magnifique. Il n’y a que ce mot qui lui vient à la bouche.<br />
Elle va poser ses bagages à l’hôtel, et elle est déjà dans la rue. Elle prend des tas de photos.</p>
<p>Une petite fille aveugle qui mendie. Un homme dévoré par la lèpre. Une femme enceinte qui dort dans la rue, ses cinq autres enfants courants autour d’elle.<br />
Un petit garçon qui pleure, cherchant sa maman.<br />
Elle donne une pièce à la petite fille, nettoie les plaies de l’homme, offre des sandwichs aux enfants et prend le petit garçon par la main pour le mener à sa mère, qui crie au bout de la rue.<br />
En quelques jours, elle est connue dans toute l’île.<br />
« Foto. »<br />
Ils l’appellent Foto.<br />
Elle arpente les rues à la recherche de personnes en détresse, les photographie, et les aide.<br />
Elle nage en plein bonheur.</p>
<p>Un coup de fil. C’est son boss. Il veut savoir où en sont les photos de volcans.<br />
« Ça avance. »</p>
<p>Ça avance pendant trois mois. Elle ne rentre pas. Elle a jeté son portable.<br />
Elle a rencontré un homme.<br />
Nakawöka est fantastique. Il est le fils d’un sorcier et lui a enseigné tous les rites et les pouvoirs des plantes.<br />
Elle s’est faite une amie, une vraie. Chikönowanï. Une fille du peuple des Vents. Elle adore écouter les histoires de ses ancêtres.</p>
<p>Pour le première fois de sa vie, elle est totalement heureuse.</p>
<h2 class="green">VIII</h2>
<p>La sœur de Chikönowanï, qui est partie vivre à Paris, est morte. Overdose.</p>
<h2 class="green">IX</h2>
<p>Un jour, elle décide de se rendre au volcan sacré. Pour le photographier.</p>
<p>Elle a une fille, Jade, insouciante et pleine de vie. Un mari qui l’aime. Une amie qui l’adore et dont les sentiments sont réciproques.</p>
<p>Le bonheur.</p>
<p>Elle termine son ascension. La lave en fusion fait jaillir des étincelles qui passent devant ses yeux.</p>
<p>Elle s’avance. Ce sera sa plus belle photo.</p>
<p>Mais elle glisse. Se perd dans le feu du volcan sacré.</p>


<div class="shr-bookmarks shr-bookmarks-expand shr-bookmarks-center">
<ul class="socials">
		<li class="shr-delicious">
			<a href="http://delicious.com/post?url=http://anthilemoon.net/2006/08/elle/&amp;title=Elle" rel="nofollow" class="external" title="Partagez-le sur del.icio.us">Partagez-le sur del.icio.us</a>
		</li>
		<li class="shr-facebook">
			<a href="http://www.facebook.com/share.php?v=4&amp;src=bm&amp;u=http://anthilemoon.net/2006/08/elle/&amp;t=Elle" rel="nofollow" class="external" title="Partagez-le sur Facebook">Partagez-le sur Facebook</a>
		</li>
		<li class="shr-linkedin">
			<a href="http://www.linkedin.com/shareArticle?mini=true&amp;url=http://anthilemoon.net/2006/08/elle/&amp;title=Elle&amp;summary=Bon%2C%20c%27est%20le%20premier%20machin%20r%C3%A9aliste%20que%20j%27ai%20%C3%A9cris%2C%20%C3%A0%2011%20ans.%20J%27appelle%20%C3%A7a%20machin%2C%20parce%20que%20c%27est%20bourr%C3%A9%20de%20fautes%20d%27orthographe%2C%20que%20les%20phrases%20sont%20simplistes%2C%20et%20que%20c%27est%20un%20peu%20ridicule%20pour%20une%20fille%20de%2011%20ans%20d%27essayer%20d%27aborder%20des%20th%C3%A8mes%20tels%20que%20la%20prostitution%2C%20ou%20la%20p%C3%A9dophilie&amp;source=Anthilemoon" rel="nofollow" class="external" title="Partagez-le sur LinkedIn">Partagez-le sur LinkedIn</a>
		</li>
		<li class="shr-stumbleupon">
			<a href="http://www.stumbleupon.com/submit?url=http://anthilemoon.net/2006/08/elle/&amp;title=Elle" rel="nofollow" class="external" title="Tomber sur un bon truc ? Partagez cet article sur StumbleUpon">Tomber sur un bon truc ? Partagez cet article sur StumbleUpon</a>
		</li>
		<li class="shr-technorati">
			<a href="http://technorati.com/faves?add=http://anthilemoon.net/2006/08/elle/" rel="nofollow" class="external" title="Partagez-le sur Technorati">Partagez-le sur Technorati</a>
		</li>
		<li class="shr-tumblr">
			<a href="http://www.tumblr.com/share?v=3&amp;u=http%3A%2F%2Fanthilemoon.net%2F2006%2F08%2Felle%2F&amp;t=Elle" rel="nofollow" class="external" title="Partagez-le sur Tumblr">Partagez-le sur Tumblr</a>
		</li>
		<li class="shr-twitter">
			<a href="http://twitter.com/home?status=RT+%40anthilemoon+%3A+Elle+-+http://anthilemoon.net/2006/08/elle/&amp;source=shareaholic" rel="nofollow" class="external" title="Tweetez-le !">Tweetez-le !</a>
		</li>
		<li class="shr-wikio">
			<a href="http://www.wikio.com/sharethis?url=http://anthilemoon.net/2006/08/elle/&amp;title=Elle" rel="nofollow" class="external" title="Partagez-le sur Wikio">Partagez-le sur Wikio</a>
		</li>
</ul>
<div style="clear:both;"></div>
</div>

]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://anthilemoon.net/2006/08/elle/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>

