This is it, ou comment s’enrichir sur le dos d’un mort.
13 oct 09 Dans l'air du temps
Passons sur le fait que cela fait une éternité que je n’ai pas écrit ici. La faute à l’école de commerce, trop prenante, au travail demandé, aux soirées, trop nombreuses et trop alcoolisées, et aux nouveaux amis que je me suis fait. Je vous raconterai peut-être tout cela une autre fois. Ou pas.
Si je me suis décidée à poster un petit quelque chose ici, c’est qu’un évènement m’a suffisamment fait sortir de mes gonds pour que je ne puisse pas garder mon opinion pour moi. Cet évènement, c’est la prochaine sortie du nouvel album de notre très cher et défunt Michael Jackson : This is it.
Dès que la chanson principale et la playlist ont été dévoilées, je suis allée y jeter un coup d’œil. Je n’ai pas été personnellement déçue, dans le sens où je n’ai jamais été une très grande fan de Michael Jackson, mais j’ai pu imaginer la colère des quelques fans disposant encore de toute leurs capacités de jugement.
Tout d’abord, la playlist : deux CDs sur lesquels on retrouve surtout des titres que tous les fans possèdent forcément déjà et que les autres ont entendu des centaines de fois à la radio et à la télévision. Histoire de dire qu’il y a quand même un peu d’inédit dans tout ça, on vous colle trois démos « jamais commercialisées » (mais pas inédites) et un poème, qui lui par contre n’a jamais été révélé auparavant. Sauf que, cherchez l’erreur, MJ n’a jamais été un poète, mais un chanteur-danseur-compositeur – certes de talent, mais bon, personne n’osera le comparer à Baudelaire ou à Rimbaud. Mis à part les fans hystériques qui collectionnent tous les goodies de l’artiste pour alimenter les caisses déjà bien remplies des ayant-droits et les autres consommateurs effrénés férus de nouveautés, qui ira dépenser ses sous pour un poème de Michael Jackson ?
Enfin, si Sony a fait les choses de cette façon, c’est bien parce qu’ils ont conscience que même avec seulement ces deux catégories bien spécifiques d’acheteurs, ça fait déjà un paquet de monde & surtout un paquet d’argent.
Parlons maintenant de la chanson phare du double-album, la chanson « This is it » (que vous pouvez écouter en cliquant ici après avoir regardé la publicité pour le film à venir).
J’ai failli pleurer en l’écoutant. Ce n’est pas pour rien que Michael Jackson avait décidé de ne pas la rendre publique : cette chanson est digne de ses derniers moments, c’est à dire sans grand intérêt, et les voix pauvrement implémentées de sa fratrie n’arrangent rien. On croirait entendre un chant de Noël des années 1990.
Oh, attendez, ça fait depuis 1991 que cette chanson traine dans ses tiroirs. Tout s’explique.
En fait, non, pas tout. Cette chanson n’a en plus rien d’une chanson originale. À la base, elle s’appelait « I Never Heard », et avait été écrite par Michael Jackson et Paul Anka pour une obscure artiste nommée Safire, qui l’avait d’ailleurs sortie sur son album de l’époque « I wasn’t born yesterday ». Les paroles de la nouvelle version, « This is it », diffèrent légèrement, mais il est impossible de ne pas noter l’extrême ressemblance entre les deux.
D’après les dires de Paul Anka, qui a intenté une action en justice contre Sony, MJ aurait dérobé la cassette après que l’enregistrement avec la chanteuse Safire ait pris fin. C’est à partir de cette cassette que la soit-disant nouvelle chanson posthume du King of Pop aurait été créée.
Je vous laisse écouter vous même la chanson de Safire sortie en 1991 vous faire votre propre idée :
Heureusement pour nous, Sony a eu la bonté de rajouter un petit livret bourré de photos de la star dans le double-album. Alors, heureux ?
Comme vous le savez sûrement tous, Michael Jackson est décédé cette nuit. Je l’ai appris ce matin lorsque ma mère m’a téléphoné en me disant qu’elle rentrerait sûrement tard ce soir, car elle devait organiser une émission de télévision pour son patron, qui est chirurgien esthétique.






