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Birdemic, le navet qui fait parler de lui

05 juin 10 ,

Lorsqu’on regarde quelques images de Birdemic, on ne comprend pas vraiment où a voulu en venir le réalisateur. Birdemic, c’est le succès improbable de l’année, ou comment un film à petit budget, au scénario bancal, avec des effets spéciaux ridicules et des acteurs peu doués commence à faire un carton dans les circuits parallèles du cinéma.

(regardez absolument la vidéo !)

Le film raconte l’histoire d’une ville assaillie par des oiseaux très très méchants, et surtout très mal modélisés. Toujours de face, faisant du sur-place malgré des ailes battant lentement, sans aucun respect des proportions, les oiseaux foncent sur nos héros pour les tuer. Enfin, on suppose.

Je me suis inspiré des Oiseaux de Hitchcock.

Birdemic se regarde comme une anthologie de toutes les erreurs qu’un réalisateur peut commettre. Le cadrage est mauvais, le tempo pire (certaines scènes sans intérêt sont filmées en temps réel), la bande son horripilante, et les dialogues affligeants.

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Après quatre années et 10 000 dollars consacrés à ce projet, James Nguyen ne comprit pas pourquoi son chef d’oeuvre fut refusé au Sundance Festival en 2009. Persuadé que le public finirait par apprécier la chose à sa juste valeur, il projeta malgré tout Birdemic dans les bars alentours pendant le festival. Et l’inespéré arriva : le bouche à oreille commença, on racontait qu’un type avait fait un nanar complètement fou.

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James Nguyen, encouragé par les premiers échos qu’il avait eu, continua de faire de la publicité pour son film pendant le Sundance Festival. Il se baladait tous les jours avec sa voiture repeinte aux couleurs de Birdemic. Sauf qu’il fit une erreur qui ajouta à sa notoriété : il écrivit « Bidemic » sans s’en rendre compte.

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Le film est aujourd’hui projeté dans des salles spécialisées aux États-Unis, et a même été chroniqué par le New York Times. Pourquoi Birdemic, pourquoi ce film à bas budget, alors que des centaines de films nulissimes sortent tous les ans ?
Parce qu’on n’arrive pas à savoir ce que James Nguyen a raté. On ne sait même pas ce qu’il a essayé de faire.

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Alice au Pays des Merveilles, une déception distrayante

21 avr 10

alice-pays-merveilles-tim-burton En allant voir Alice au Pays des Merveilles, je m’attendais à passer 01h49 de pur bonheur. Pourquoi ?

- Parce que c’est un film de Tim Burton, sûrement un de mes réalisateurs préférés.
- Parce que sa patte ne pouvait que sublimer la folie, le baroque et l’étrangeté de l’oeuvre de Lewis Carroll.
- Parce que ça allait être mon premier film en 3D, et que je pensais en prendre plein la vue, voir des papillons voler autour de moi au point de pouvoir les saisirs, frissoner devant des paysages d’une profondeur trompeuse.
- Parce qu’il y avait Johnny Depp et que j’adorais son maquillage sur l’affiche.

En fait, rien de tout ça. J’ai été très déçue. Déjà, pour voir le film en 3D, il fallait faire une croix sur la VO et se soumettre au doublage ridicule en français. Du coup, je n’arrive pas à savoir si Mia Wasikowska – celle qui joue Alice – est mauvaise actrice ou si c’est sa voix française qui ne lui fait pas honneur. La plupart de ce qu’elle dit sonne creux, on ne croit pas en ses émotions, surtout quand elle feint la colère et la détermination. Ce qui est dommage pour une héroïne.
J’ai d’autant plus regretté d’être allé voir le film en 3D que celle-ci est un prétexte pour nous faire payer un peu plus cher pour des lunettes. On a l’impression que le film n’a pas été prévu pour la 3D, celle-ci est réduite au minimum syndical, et n’apporte pas grand chose. Pas de grands frissons, donc. Et les lunettes font mal au nez.

Ensuite, l’histoire est édulcorée au possible, perdant beaucoup de sa profondeur. Le chapelier fou n’est pas assez fou, la Reine Rouge est affublée d’un prénom et de quelques réactions niaises, il n’y a plus de « non-anniversaire ».
Au début, j’ai été ravie qu’Alice ait 19 ans, je pensais que Tim Burton en profiterait pour développer sa personnalité. Mais ce n’était qu’un moyen pour développer une pseudo tension sexuelle entre la jeune fille et le chapelier.

Bon, j’ai conscience d’assassiner le film, mais c’est que j’ai vraiment été déçue. Si on fait abstraction de toutes les espérances qu’on peut avoir en allant voir une adaptation d’Alice au Pays des Merveilles par Tim Burton en 3D avec Johnny Depp, on passe un bon moment. Les graphismes sont dignes de tout film de Tim Burton, avec cette atmosphère si particulière qui correspond très bien à l’univers de l’oeuvre de Lewis Carroll.
La Reine Rouge est très réussie, et mention spéciale au lièvre qui déclenchait systématiquement les rires lorsqu’il apparaissait à l’écran. L’ambivalence du Chat est plutôt bien rentranscrite, et j’ai aimé en général la plupart des habitants un peu loufoques du Pays des Merveilles.

En bref, c’est un bon film, bien en deçà des espérances qu’on pourrait avoir. Une version édulcorée de l’oeuvre orignale façon Disney qui vous fera passer un bon moment, mais en vous fera pas vraiment rêver.

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Home, le nouveau film de Yann Arthus-Bertrand

05 juin 09

Home

À l’occasion de la journée mondiale de l’environnement, aujourd’hui même, Yann-Arthus Bertand nous a concocté un long-métrage : Home. Et vu que j’ai une sainte horreur des discours écologistes et que j’adore râler, je me suis dis que j’allais le regarder. Il faut dire que Yann a utilisé un argument plutôt convainquant pour nous pousser à visionner son film : à partir d’aujourd’hui, en plus de sa sortie dans les salles obscures, l’œuvre sera diffusée gratuitement via tous les moyens imaginables. Alors que vous pouvez le regarder en ce moment Youtube, on parle d’un passage à la télévision dans la soirée (pour les français, ce sera à 20h35 sur France 2).
L’avantage qu’il y a à payer son billet pour aller au cinéma – il faut bien qu’il y en ait un – c’est que vous aurez accès à la version longue du film : 120 minutes au lieu de 90 minutes pour la version conçue pour internet.
Sinon, projection géante pour tout le monde au Champs de Mars à 22 heures.

Passées ces petites informations utiles, passons à l’essentiel, à savoir le film. J’avoue que j’étais très sceptique : la page sur Wikipédia indique que le film n’est composé que d’images aériennes. Et bon, j’aime bien les photos de Yann, mais je n’aurais jamais acheté le bouquin pour baver devant des images d’îles et de déserts, aussi fantastiques soient-ils. Ensuite, c’est produit pas Luc Besson. Et ce type s’est occupé de très bons films, comme de bouses, donc c’est toujours un pari lorsqu’on se lance.

En plus, tu te dis : « Hum, belle démarche écologique. Combien de carburant a-t-il fallut utiliser pour faire voler tous les hélicoptères nécessaires au tournage du film ? » :what:
Petite cerise sur le gâteau, le synopsis sur Allociné fait froid dans le dos, ça pue le discours moralisateur déjà entendu des milliers de fois.

En 200 000 ans d’existence, l’homme a rompu l’équilibre sur lequel la Terre vivait depuis 4 milliards d’années. Réchauffement climatique, épuisement des ressources, extinction des espèces : l’homme a mis en péril sa propre demeure. Mais il est trop tard pour être pessimiste : il reste à peine dix ans à l’humanité pour inverser la tendance, prendre conscience de son exploitation démesurée des richesses de la Terre, et changer son mode de consommation.

Mais je me suis tout de même lancée. Le film est constitué d’images de paysages souvent époustouflantes, le tout rythmé pas une voix sobre sans être ennuyante, et même si ses propos étaient souvent d’une niaiserie convenue, quelques informations valaient tout de même le détour. Saviez-vous par exemple qu’il faut 13 000 litres d’eau pour produire un kilogramme de bœuf ?

Je suis restée sans voix devant les champs qui, s’étendant à perte de vue, ressemblaient à des tableaux de Van Gogh, devant les plaies ouvertes, rouges sang, qu’avait creusé l’érosion dans la roche, devant les milliers de fenêtres et de lumières qui, comme autant d’étoiles, éclairaient le ciel sombre de Los Angeles, devant les incendies de forêts, la glace du Pôle Nord brisée en petits morceaux de verre, ou encore devant les nouvelles banlieues en Chine, où se suivent et se ressemblent des maisons de poupée.
On a le cœur serré en regardant les immenses camps de réfugies nichés au milieu du désert, et on s’émerveille lorsque défilent devant nous des nuages sous un soleil radieux.

La musique est par ailleurs magnifique, et accompagne parfaitement les images du film. Jamais de paroles, mais toujours un mélange de murmures tribaux et d’instruments ethniques, touche propre au compositeur Armand Amar, qui s’était déjà occupé de la musique du film La Terre vue du Ciel.

Le film est un peu lent parfois, et on regrettera un amalgame entre discours écologiste et socialisant, ainsi que certaines affirmations approximatives. Yann Arthus-Bertrand choisit ainsi la théorie qui l’arrange pour expliquer la disparition soudaine du peuple qui vivait sur l’île de Pâques.

Pour ceux qui n’auraient pas suivi ou qui se seraient endormi, le film rappelle dans ses derniers minutes les chiffres clefs, accompagnés d’illustrations supplémentaires. Certains de ces chiffres sont d’ailleurs présenté d’une façon étrange.

1 milliard de personnes ont faim.

Vous ne trouvez pas la formulation un peu bizarre ? Sur le moment, je me suis dit : « Oui, moi aussi. » :drop: Le film finit sur une note très optimiste qui a même fait pleurer mon amoureux. J’ai été beaucoup moins sensible que lui, mais je dois avouer que j’ai rarement vu un générique aussi joli.

De toute façon, pour vous faire votre idée, le mieux est encore de regarder…

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Mesrine : l'Instinct de Mort

30 oct 08

Je vais rarement au cinéma, mais je me suis laissée tentée lundi avec Mathilde. Après avoir hésité à regarder le dernier film de Woody Allen, nous nous sommes décidées à aller voir Mesrine : L’Instinct de Mort, racontant la vie du célèbre gangster français.

J’avoue que j’étais plutôt sceptique. Il faut dire qu’on est rarement gâtés en ce qui concerne les films français.
De plus, je n’avais vu aucune des autres réalisations de Jean-Francois Richet, et je ne savais à peu près rien de la vie de Jacques Mesrine – ce qui a étonné Mathilde puisqu’il a apparemment rythmé la vie des médias durant toute sa cavalcade dans les années 70 et qu’il est devenu une sorte de légende du crime.

Première bonne surprise : c’est Vincent Cassel qui joue le rôle de Mesrine, et il est bluffant de justesse et de réalité.
On oublie très rapidement l’acteur pour se laisser emporter par la vie du petit criminel de Clichy, qui commet des braquages dans des maisons de riches de retraités et se montre extrêmement débrouillard dans les situations délicates.

Malheureusement pour lui, Jacques Mesrine est aussi doté d’un tempérament bouillonnant – déséquilibre psychologique peut-être dû aux horreurs qu’il a vécu durant la guerre d’Algérie où il était soldat – qui lui vaut des incartades risquées dans le milieu de la pègre.
Recherché activement par la police française, traqué par les criminels qui lui reprochent d’avoir désobéi aux règles, il dérape lentement mais sûrement, obligé de fuir en permanence, commettant des crimes de plus en plus graves, alternant périodes d’incarcération et de liberté, amours fusionnels ou sans lendemains, le tout à un rythme de plus en plus effréné qui ne laisse pas une minute au spectateur pour souffler.

Lorsque la séance a été finie, Mathilde et moi-même étions étrangement crispées, comme si nous étions encore dans le feu de l’action.
Le réalisateur a su utiliser des effets de caméra pour rendre toute l’horreur ou l’incompréhension qui se dégage de certaines scènes. Expliquant sans justifier les actes de Jacques Mesrine, il semble admettre que certains passages de sa vie demeureront pour toujours insolubles pour tous, et a préféré se retirer derrière la simple narration des faits, sans rajouter une couche de pathos qui aurait été superficielle et inutile.

C’est donc un film que je conseille à tous et à toutes de voir pendant qu’il est encore dans les salles, et surtout avant la sortie du deuxième Opus, Mesrine : L’Ennemi public n°1, qui aura lieu le 19 novembre. Âmes sensibles, s’abstenir.

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Les Filles du Botaniste

20 août 06
Les Filles du Botaniste

Les Filles du Botaniste

Étant allée au cinéma, et ceci étant rare, j’ai décidé de partager avec vous mes impressions.
Pour l’histoire, je vous copie/colle le synopsis de Allocine, parce que j’aurais peur de trop en dire ^^’

Dans la Chine des années 80, tous les tabous ne sont pas levés.
Min, une jeune orpheline, part faire ses études chez un botaniste de renom. Homme secret et père autoritaire, son professeur vit sur une île qu’il a transformée en jardin luxuriant. Contrainte de partager cette vie solitaire et effacée, sa fille An accueille avec joie l’arrivée de l’étudiante. Très vite complices, les deux jeunes femmes voient leur amitié évoluer vers une attraction troublante, sensuelle et interdite.
Incapables de se séparer, Min et An imaginent bientôt un dangereux arrangement pour continuer à partager le même toit…

La première chose qui m’a étonnée quand j’ai lu les critiques, c’est que le film a été tourné au Vietnam. Pas étonnant, en fait, vu comme ce pays est fermé aux intrusions extérieures. Les producteurs n’ont tout simplement pas obtenu l’autorisation d’y tourner.
Seconde chose qui m’a étonnée, et que j’ai remarquée lors de l’open, que les investisseurs étaient Français et Canadiens. Ce n’est que la suite logique de ma première surprise ^^

En tout cas, Dai Sijie livre ici un film délicat et raffiné, avec un sens de l’esthétique typiquement asiatique. C’est un régal pour les yeux, même si certains scènes tombent facilement dans le cliché.
Un film pour les yeux et non pour l’esprit en somme, où l’on passe un très bon moment (on verse même une larme à la fin) mais d’où l’on sort sans avoir à formuler la moindre réflexion.

« C’est beau », « c’est joli »… Voici les seules phrases que j’ai entendues en sortant du cinéma. Pas un seul « c’est fort » ou « c’est émouvant »…

Un scénario un peu facile, des personnages parfois caricaturaux, mais une sorte de douce sensualité à laquelle il faut ajouter le charme de la V.O. qui font qu’on se laisse bercer tout le long de la séance sans s’ennuyer une seconde…

Les Fille du Botaniste
Date de sortie : 26 Avril 2006.
Réalisé par Dai Sijie.
Avec Mylène Jampanoï, Li Xiaoran et Dongfu Lin.
Film chinois et français.
Genre : Drame
Durée : 1h 45min.
Année de production : 2005

Critiques
Presse : 10/20
Spectateurs : 15/20

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Requiem for a Dream

06 juin 06 ,

Ce film fait vraiment partie de mes oeuvres fétiches. C’est clair qu’il est sombre et déprimant, voire même choquant, mais il fait tout de même partie de ces films qui nous donnent la sensation de quitter notre fauteuil pour plonger dans un rêve…
Ou un cauchemar, en l’occurence.
Je déteste les films d’horreurs et autres trucs censés faire peur que les ados en manque de sensations fortes vont voir pour avoir leur petite dose d’adrénaline. Mais j’aime les films qui nous font frissonner, réfléchir, pleurer un peu aussi… Et Requiem for a Dream est un de ces films.

Enfin, trêve de présentations et fioritures, tout ça pour introduire un de mes poèmes, écrit il y a un petit bout de temps juste après avoir vu Requiem for a Dream, quand j’étais à Clermont avec Eugénie.

Ils dansent, rêveurs macabres et hallucinés
D’un futur de lumières et de joies impossibles.
Les plaisirs artificiels de poudre voilés
Masquent leurs vies chimériques et inaccessibles.

Leurs âmes s’engouffrent dans un puit noir sans issue
Qui offre à leurs yeux le spectacle sans espoir
D’un électrochoc sanglant de douleur retenue
Et d’une femme sanglotant doucement dans le noir.

Et leurs esprits, leurs mains, leurs muscles se déchirent
En proie au manque impérieux de ce sombre désir
Que procure ce héros, cette femme assassine.

Ils se métamorphosent en pantins, en satyres,
Ils s’adorent, s’éloignent, se détestent et s’attirent,
Emportés dans le gouffre par une belle héroïne.

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