
À l’occasion de la journée mondiale de l’environnement, aujourd’hui même, Yann-Arthus Bertand nous a concocté un long-métrage : Home. Et vu que j’ai une sainte horreur des discours écologistes et que j’adore râler, je me suis dis que j’allais le regarder. Il faut dire que Yann a utilisé un argument plutôt convainquant pour nous pousser à visionner son film : à partir d’aujourd’hui, en plus de sa sortie dans les salles obscures, l’œuvre sera diffusée gratuitement via tous les moyens imaginables. Alors que vous pouvez le regarder en ce moment Youtube, on parle d’un passage à la télévision dans la soirée (pour les français, ce sera à 20h35 sur France 2).
L’avantage qu’il y a à payer son billet pour aller au cinéma – il faut bien qu’il y en ait un – c’est que vous aurez accès à la version longue du film : 120 minutes au lieu de 90 minutes pour la version conçue pour internet.
Sinon, projection géante pour tout le monde au Champs de Mars à 22 heures.
Passées ces petites informations utiles, passons à l’essentiel, à savoir le film. J’avoue que j’étais très sceptique : la page sur Wikipédia indique que le film n’est composé que d’images aériennes. Et bon, j’aime bien les photos de Yann, mais je n’aurais jamais acheté le bouquin pour baver devant des images d’îles et de déserts, aussi fantastiques soient-ils. Ensuite, c’est produit pas Luc Besson. Et ce type s’est occupé de très bons films, comme de bouses, donc c’est toujours un pari lorsqu’on se lance.
En plus, tu te dis : « Hum, belle démarche écologique. Combien de carburant a-t-il fallut utiliser pour faire voler tous les hélicoptères nécessaires au tournage du film ? » 
Petite cerise sur le gâteau, le synopsis sur Allociné fait froid dans le dos, ça pue le discours moralisateur déjà entendu des milliers de fois.
En 200 000 ans d’existence, l’homme a rompu l’équilibre sur lequel la Terre vivait depuis 4 milliards d’années. Réchauffement climatique, épuisement des ressources, extinction des espèces : l’homme a mis en péril sa propre demeure. Mais il est trop tard pour être pessimiste : il reste à peine dix ans à l’humanité pour inverser la tendance, prendre conscience de son exploitation démesurée des richesses de la Terre, et changer son mode de consommation.
Mais je me suis tout de même lancée. Le film est constitué d’images de paysages souvent époustouflantes, le tout rythmé pas une voix sobre sans être ennuyante, et même si ses propos étaient souvent d’une niaiserie convenue, quelques informations valaient tout de même le détour. Saviez-vous par exemple qu’il faut 13 000 litres d’eau pour produire un kilogramme de bœuf ?
Je suis restée sans voix devant les champs qui, s’étendant à perte de vue, ressemblaient à des tableaux de Van Gogh, devant les plaies ouvertes, rouges sang, qu’avait creusé l’érosion dans la roche, devant les milliers de fenêtres et de lumières qui, comme autant d’étoiles, éclairaient le ciel sombre de Los Angeles, devant les incendies de forêts, la glace du Pôle Nord brisée en petits morceaux de verre, ou encore devant les nouvelles banlieues en Chine, où se suivent et se ressemblent des maisons de poupée.
On a le cœur serré en regardant les immenses camps de réfugies nichés au milieu du désert, et on s’émerveille lorsque défilent devant nous des nuages sous un soleil radieux.
La musique est par ailleurs magnifique, et accompagne parfaitement les images du film. Jamais de paroles, mais toujours un mélange de murmures tribaux et d’instruments ethniques, touche propre au compositeur Armand Amar, qui s’était déjà occupé de la musique du film La Terre vue du Ciel.
Le film est un peu lent parfois, et on regrettera un amalgame entre discours écologiste et socialisant, ainsi que certaines affirmations approximatives. Yann Arthus-Bertrand choisit ainsi la théorie qui l’arrange pour expliquer la disparition soudaine du peuple qui vivait sur l’île de Pâques.
Pour ceux qui n’auraient pas suivi ou qui se seraient endormi, le film rappelle dans ses derniers minutes les chiffres clefs, accompagnés d’illustrations supplémentaires. Certains de ces chiffres sont d’ailleurs présenté d’une façon étrange.
1 milliard de personnes ont faim.
Vous ne trouvez pas la formulation un peu bizarre ? Sur le moment, je me suis dit : « Oui, moi aussi. »
Le film finit sur une note très optimiste qui a même fait pleurer mon amoureux. J’ai été beaucoup moins sensible que lui, mais je dois avouer que j’ai rarement vu un générique aussi joli.
De toute façon, pour vous faire votre idée, le mieux est encore de regarder…
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