Il y a des jours où l’on se dit que l’on aurait mieux fait de ne pas se lever. Et ça tombe bien, parce que ce matin, ayant le dos bloqué comme une grand-mère, je n’avais pas trop le choix et j’ai dû rester au lit plus longtemps que je ne l’aurais voulu.
J’ai passé une nuit horrible, en sueur et le dos paralysé, et le lit était tellement trempé lorsque je me suis réveillé que – je l’avoue – je me suis demandé quelques secondes si je ne m’étais pas pissé dessus xD
Je ne suis donc pas allée à mon devoir de mathématiques, mais bon, vu le peu de travail que j’avais fourni, je ne vais pas trop m’en plaindre.
Heureusement, un peu plus tard dans la matinée, j’ai réussi à me lever. Je décide d’aller m’acheter des cigarettes histoire de prendre un peu l’air (oui, oui). Je prends un billet de 20 euros, je le fourre dans ma poche, et direction le tabac. Arrivée là-bas, je demande un paquet de Lucky Strike – it’s toasted – puis fouille dans la fameuse poche, et… Plus de billet. Bah oui, il fallait bien poursuivre cette journée en beauté.
Je retourne donc chez moi penaude, et je m’allonge un peu, parce que le trajet avait éprouvé mon pauvre dos T_T
Bref, je vous passe les détails de ma superbe après-midi passée à dormir chaudement enroulée dans ma couette.
Vers 18 heures, je me dis qu’il faudrait quand même me bouger les fesses si je veux remplir le frigo avant que tous les magasins ne soient fermés. Je prends donc mon courage à deux mains, et me rends au supermarché. Alors, j’ai pris : des chips, des plats tout cuisinés qu’on met au micro-onde, une bouteille de Volvic Fruit, des… Okay, on s’en fout xD
Il y avait une queue de fou à la caisse, mais, moi, patiente, j’entreprends de déchiffrer la couverture de TV magazine en attendant mon tour.
Et là, j’ai vu des tâches noires devant mes yeux, j’ai eu la tête qui a bourdonné quelques minutes, et… PAF ! Par terre, la Mitsu. Alors, évidement, tout le monde s’affole. On me met en position bizarre qu’on nous apprend aux premiers secours, on me met une couverture dessus, on utilise mon sac pour me faire un oreiller, puis on appelle les pompiers.
Je ne pouvais pas bouger, j’avais du mal à respirer, et encore plus à parler, mais j’étais parfaitement consciente, et j’avais juste envie de leur dire : « Pitié, ne dramatisez pas, laissez moi juste m’allonger quelques minutes, ça ira mieux ! »
Mais évidement, c’était l’évènement de la journée de tous ces gens qui avaient dû passer tout comme moi un samedi morne et ennuyeux, et ils n’allaient pas laisser passer ça. Et ça discutait dans tous les sens sur la meilleure chose à faire.
CLIENT N°1 : « Il faudrait peut-être lui donner du sucre ou de l’eau, non ? »
CAISSIÈRE : « Ah, non, Monsieur, nous ne sommes pas médecins, et dans les circonstances actuelles, on ne sait pas si ça pourrait lui faire du mal. » (nah mais bordel, de l’eau et du sucre, quoi, ça n’a jamais fait de mal à personne >_<")
CLIENT N°1 : « Dites, mademoiselle, vous avez froid ? Ou trop chaud ? »
CAISSIÈRE : « Elle est consciente, elle respire, elle tient des propos cohérent. Nous n’avons plus qu’à attendre les pompiers. »
CLIENT N°1 : « Je l’ai vue se cogner la tête assez violemment la tête en tombant, c’est peut-être grave. » (et cette foutue remarque va changer le cours de ma soirée)
CLIENT N°2 : « Moi aussi je l’ai vue ! »
CLIENT N°3 : « Moi aussi ! »
Les pompiers arrivent donc, me posent toutes les questions habituelles (quel jour sommes nous ? vous avez quel âge ? etc.) pour vérifier que je n’ai pas complètement perdu la tête, puis me font glisser dans un brancard pour m’amener jusqu’à l’ambulance.
AMBULANCIER N°1 : « Vous faisiez quoi au supermarché ? »
MOI : « Bah… Mes courses. »
S’en suivent quelques examens de routine, et tout aurait pu très bien se passer et s’arrêter là si…
AMBULANCIER N°2 : « Cinq personnes m’ont confirmé qu’elle s’était cogné la tête assez fort en tombant. »
AMBULANCIER N°3 : « On ferait mieux de l’emmener à l’hôpital. »
Direction l’hôpital de Melun, auquel on est arrivé très vite, puis où l’on a attendu très longtemps.
AMBULANCIER N°2 : « Ils pourraient pas se dépêcher, là… Tu finis à quelle heure, toi ? »
AMBULANCIER N°1 : « À 19 heures. »
Je regarde l’heure. Il est 19h10, et je culpabilise.
AMBULANCIER N°2 : « T’as besoin de quelqu’un pour ce soir ? »
MOI : « Quoi ?! »
Et là, je réalise qu’il parlait à l’autre ambulancier au sujet d’une soirée où je ne sais quoi. Gros moment de gêne.
AMBULANCIER N°1 : « Alors, on fait des propositions galantes aux malades, maintenant ? » xD
Dans la salle d’attente, où l’on m’a gentiment fichue dans un fauteuil roulant, j’ai discuté avec une gentille grand-mère de 75 ans. La pauvre était vraiment en train de galérer. Elle avait fait ce qu’ils appellent une chute mécanique, très fréquentes chez les personnes âgées dont les jambes sont parfois trop faibles pour les porter. Elle avait dit que tout allait bien et qu’elle ne ressentait aucune douleur, mais on l’avait forcée à venir à l’hôpital en ambulance. Après les examens, il s’était effectivement avérer qu’elle n’avait strictement rien, mais demeurait un soucis : il n’y avait aucun moyen de transport disponible pour la ramener chez elle, à une dizaine de kilomètres de là. Pas d’ambulances de disponible, le taxi bien trop cher, et elle n’avait pas sur elle son carnet de contacts téléphoniques. Finalement, c’est la Croix Rouge qui s’est dévouée pour la ramener.
Permettez moi de la citer : « On vous rend service, Madame… Mon cul ! »
Après une looooongue attente, j’ai eu le droit à tous les examens possibles et imaginables : on m’a collé des patchs partout sur le corps, reliés à une machine par une dizaine de fils, on m’a prélevé du sang, prit ma tension, foutu de la lumière dans les yeux, etc.
J’ai pu enfin m’éclipser au bout de deux heures.
En sortant, persuadée que l’hôpital est proche du centre-ville de Melun, où j’habite, je commence à marcher sur le bord de la route. Un type m’appelle.
TYPE : « Mademoiselle, vous allez où comme ça ? »
MOI : « Euh, je rentre chez moi… »
TYPE : « Où ça ? »
MOI : « Dans le centre-ville de Melun. »
TYPE : « Vous réalisez qu’il y a plus d’une heure de marche ? »
MOI : « Euh, non, je pensais que c’était à côté. Vous pouvez m’emmener ? »
TYPE : « Bien sûr, il nous reste une place dans la voiture, et on doit récupérer quelqu’un place des Trois-Horloges. »
MOI : « Place des Trois-Horloges, c’est parfait, merci beaucoup. »
Sauf que la voiture du type avait un soucis et qu’il fallait s’arrêter tous les 500 mètres pour remettre de l’eau dans le réservoir du moteur xD
Donc le trajet du retour a été un peu long, mais j’étais tellement contente de ne pas avoir à marcher trop longtemps dans le froid !
Enfin, une journée riche en émotions T_T
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