Alice au Pays des Merveilles, une déception distrayante
21 avr 2010 à 13:05 cinéma
En allant voir Alice au Pays des Merveilles, je m’attendais à passer 01h49 de pur bonheur. Pourquoi ?
- Parce que c’est un film de Tim Burton, sûrement un de mes réalisateurs préférés.
- Parce que sa patte ne pouvait que sublimer la folie, le baroque et l’étrangeté de l’oeuvre de Lewis Carroll.
- Parce que ça allait être mon premier film en 3D, et que je pensais en prendre plein la vue, voir des papillons voler autour de moi au point de pouvoir les saisirs, frissoner devant des paysages d’une profondeur trompeuse.
- Parce qu’il y avait Johnny Depp et que j’adorais son maquillage sur l’affiche.
En fait, rien de tout ça. J’ai été très déçue. Déjà, pour voir le film en 3D, il fallait faire une croix sur la VO et se soumettre au doublage ridicule en français. Du coup, je n’arrive pas à savoir si Mia Wasikowska – celle qui joue Alice – est mauvaise actrice ou si c’est sa voix française qui ne lui fait pas honneur. La plupart de ce qu’elle dit sonne creux, on ne croit pas en ses émotions, surtout quand elle feint la colère et la détermination. Ce qui est dommage pour une héroïne.
J’ai d’autant plus regretté d’être allé voir le film en 3D que celle-ci est un prétexte pour nous faire payer un peu plus cher pour des lunettes. On a l’impression que le film n’a pas été prévu pour la 3D, celle-ci est réduite au minimum syndical, et n’apporte pas grand chose. Pas de grands frissons, donc. Et les lunettes font mal au nez.
Ensuite, l’histoire est édulcorée au possible, perdant beaucoup de sa profondeur. Le chapelier fou n’est pas assez fou, la Reine Rouge est affublée d’un prénom et de quelques réactions niaises, il n’y a plus de « non-anniversaire ».
Au début, j’ai été ravie qu’Alice ait 19 ans, je pensais que Tim Burton en profiterait pour développer sa personnalité. Mais ce n’était qu’un moyen pour développer une pseudo tension sexuelle entre la jeune fille et le chapelier.
Bon, j’ai conscience d’assassiner le film, mais c’est que j’ai vraiment été déçue. Si on fait abstraction de toutes les espérances qu’on peut avoir en allant voir une adaptation d’Alice au Pays des Merveilles par Tim Burton en 3D avec Johnny Depp, on passe un bon moment. Les graphismes sont dignes de tout film de Tim Burton, avec cette atmosphère si particulière qui correspond très bien à l’univers de l’oeuvre de Lewis Carroll.
La Reine Rouge est très réussie, et mention spéciale au lièvre qui déclenchait systématiquement les rires lorsqu’il apparaissait à l’écran. L’ambivalence du Chat est plutôt bien rentranscrite, et j’ai aimé en général la plupart des habitants un peu loufoques du Pays des Merveilles.
En bref, c’est un bon film, bien en deçà des espérances qu’on pourrait avoir. Une version édulcorée de l’oeuvre orignale façon Disney qui vous fera passer un bon moment, mais en vous fera pas vraiment rêver.









