EDIT : Après deux jours d’utilisation, je me suis prise au jeu. C’est motivant, ça donne envie de continuer à écrire, et on y fait de jolies rencontres. Je ne le vois pas vraiment comme un moyen de se faire éditer – leur procédé de sélection est assez obscur et je n’ai pas le pedigree nécessaire – mais comme un site communautaire où les 600 personnes inscrites partagent la même passion.
Vous l’avez remarqué, quand je suis en période d’écriture, je ne parle que de ça. Et ça tombe bien, parce que la reprise de l’écriture de mon roman coïncide presque avec l’ouverture de MyMajorCompany Books, un site d’édition participative. Après le succès du chanteur Grégoire en France, c’est la deuxième fois que le fils de Jean-Jacques Goldman se lance dans une aventure de ce type, et j’avoue que je suis un peu plus sceptique sur la version destinée aux livres.

Je résume quand même le fonctionnement pour ceux qui ne connaissent pas MyMajorCompany. N’importe quel artiste (ou écrivain dans la version MMC Books) peut créer un profil, partager ses œuvres, faire de la publicité, etc. N’importe qui peut devenir potentiellement producteur/éditeur en misant de l’argent sur le poulain en lequel il croit le plus. Lorsqu’une certaine somme est atteinte, la production ou l’édition de l’œuvre est lancée et les éditeurs touchent chacun une part sur les ventes.
À titre d’exemple, les producteurs de Grégoire avaient récupéré chacun 17 fois leur mise !
Je n’aurais jamais pu m’inscrire sur la version tournée vers l’industrie musicale, étant donné que je chante comme une crécelle et que j’ai arrêté de jouer au piano voilà maintenant dix ans, mais je me suis inscrite aujourd’hui sur MMC Books. On m’a demandé de choisir un pseudo littéraire. Bon, ça tombe bien, je ne voulais pas utiliser mon vrai nom, mais je n’allais pas mettre Mitsu non plus.
Là, c’est le moment où j’introduis subtilement un petit lien qui n’a rien à voir avec le sujet mais qui m’a bien fait marrer : Générez votre nom de plume. C’est fichtrement bien fait, et moi, je m’appelle donc madame Nana F. Mais Nana c’était ridicule, donc j’ai pris Sophie. BREF. WTF. TG.
J’ai bien étudié les profils de ceux qui avaient déjà plein d’éditeurs généreux, et je me suis créé un profil tout beau tout propre, avec de jolies photos issues de mes séances en tant que modèle, un pitch accrocheur façon école de commerce, bref, tout ce qu’il faut pour attirer le chaland. Non, mais regardez-moi ça, cliquetez sur la jolie bannière.

Et puis, j’ai attendu. Et attendu. Et attendu.
Moi qui m’imaginais ne plus savoir où donner de la tête tant j’allais avoir de commentaires constructifs sur les extraits que j’avais mis en ligne, j’ai été un peu déçue. Alors je suis allée voir ce qui se passait sur les pages des auteurs à succès. Ah, tiens donc, il faut avoir plein de « fans » pour monter dans le classement et se faire repérer un minimum !
Mais comment devient-on fan d’un auteur ou d’une œuvre, en ayant seulement quelques pages sous la main ? Ou plutôt, comment convaincre les gens de « devenir fans » (cliquer sur le petit coeur en haut à gauche) ?
En allant spammer leurs profils, pardi !
Et c’est ainsi que je me suis rendu compte que, mis à part quelques auteurs indéniablement talentueux, MMC Books était avant tout une grande cours de récré façon Skyblog kikoolol où tout le monde se courait après en se suppliant de devenir fans mutuels. Ce qui se comprend, car apparemment, pour avoir le droit de recevoir des mises, il faut être approuvé par le comité de lecture de MMC Books. Pour être approuvé, il faut être lu, et donc se faire remarquer un minimum. Le classement étant basé sur le nombre de « fans », bah, vous faites vites le lien.
Au final, pour espérer se faire éditer sur MMC Books, vaut mieux être un bon publiciste qu’un bon écrivain. En effet, si ça ne prend que quelques minutes d’écouter une chanson et de juger de son potentiel succès commercial, juger un livre prend beaucoup plus de temps. Avant de miser, la plupart des éditeurs liront sûrement le synopsis pour voir s’il est bankable, peut-être la biographie de l’auteur (c’est mieux d’avoir été journaliste ou d’avoir grandi dans une cité), et pis c’est tout.
Espérons tout de même que je me trompe.
Je vais quand même essayer de m’investir un peu sur ce site ces prochains jours, pour étudier le phénomène plus en profondeur et aiguiser mes dons en communication. Je pourrais par exemple créer un groupe Facebook « si je n’ai pas 100 fans sur MMC Books en 2 jours, je m’expatrie au Groenland ! »