Depuis hier, je suis une vraie rouennaise, ou presque. Car je ne sais pas si une fille qui a besoin d’accoster trois personnes dans la rue pour trouver son chemin peut être appelée de la même façon qu’une personne qui est née et a grandi dans la ville.
Je suis arrivée à 21h30 hier soir, avec une valise trois fois plus lourde que moi et plein de choses indispensables à l’intérieur, comme 5 pinces à cheveux différentes (on ne ses jamais, des fois qu’elles se cassent), des paires de chaussures que je ne porte presque jamais, une cravate rose à pois de couleur indéfinie (« oh, tiens, j’avais oublié que j’avais acheté ça quand j’avais 12 ans ! ») ou encore un sachet de pâtes.
Je ne sais pas pourquoi, j’étais paniquée à l’idée d’avoir besoin de quelque chose une fois arrivée et de ne pas l’avoir sous la main. Finis, les allers et retours, c’était le grand départ.
Une partie de la promo avait convenu sur Facebook qu’on se retrouverait tous dans un bar près de l’Hôtel de Ville pour faire connaissance, et surtout pour occuper notre soirée qui risquait d’être bien vide puisqu’on ne connaissait personne, ou presque.
Ce qu’il y a de bien, c’est qu’une fille de ma classe a aussi été acceptée à Rouen. Je l’ai donc rejointe au bar et, assise à côté d’elle et discutant de tout et de rien en sirotant une bière, j’ai commencé à observer – plus ou moins – discrètement ceux avec qui je vais passer trois ans.
Et je me demande si je ne vais pas devoir me serrer la ceinture ! 
Pas un garçon ne serait-ce qu’un minimum attirant à plusieurs mètres à la ronde.
Bon, on est pas là pour ça, mais quand même, c’est décevant.
Les deuxièmes années sont arrivés et ont entonné des chansons paillardes. Il y avait un monde fou, et les gens se levaient, discutaient quelques minutes, retournaient à leur place, regardaient un gars fortement alcoolisé se mettre à poil sous les applaudissements des élèves ici réunis, allaient commander un deuxième verre, puis un troisième verre…
Ambiance détendue et laissant présager de belles soirées ! 
La soirée s’est prolongée assez tard, j’ai fais connaissance avec une fille de ma promo adorable qui a fait sa classe préparatoire à la Réunion et habite donc depuis deux mois seulement en France, et qui m’a gentiment proposé lorsque je lui ai avoué que j’allais passer la nuit par terre ce soir faute de clic-clac de dormir chez elle.
On est rentrées chez elles, on s’est fait des pâtes au pesto à 3 heures du matin, on a énormément discuté, partagé nos expériences, je lui ai posé une tonnes de questions sur la vie à la Réunion, puis on s’est endormies paisiblement vers 4 heures et demi.
Il est bientôt 9 heures et, comme à mon habitude (j’ai l’impression que je n’ai fais que ça de mes vacances), j’attends que les livreurs sonnent à ma porte pour m’apporter mon très désiré clic-clac…
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