La gentillesse des New Yorkais
17 nov 11 New York, rencontre, voyageChaque jour passé à New York m’apporte une nouvelle preuve de la gentillesse des habitants de la Grosse Pomme.
Lorsque je suis arrivée ici, que j’avais encore du mal à savoir où se trouvaient Uptown et Downtown, que je confondais les métros express – qui s’arrêtent uniquement aux stations importantes – et local – qui s’arrêtent toutes les trois minutes et mettent une éternité à traverser Manhattan, que je ne comprenais rien à la numérotation des bâtiments, j’ai rencontré un nombre incroyable de gens prêts à m’aider dans la rue.
Par aider, je ne veux pas dire pointer du doigt une vague direction puis se barrer, comme le feraient la plupart des parisiens, mais m’accompagner jusqu’à l’endroit que je cherchais, m’expliquer la suite du trajet sur le plan, me demander pourquoi j’y allais, ce que je faisais à New York, etc.

Wanna come under my umbrella?
Hier, je me rendais à une dégustation dans un liquor store, quand il s’est mis à pleuvoir des cordes. En quelques secondes, j’étais trempée. J’attendais à un passage clouté pour traverser, quand une dame d’une cinquantaine d’années s’est approchée et m’a demandé si je voulais venir sous son parapluie. J’ai refusé en la remerciant – j’étais à un block du store – mais je n’ai pas pu m’empêcher de penser que ce ne serait jamais arrivé en France.
Au liquor store, j’ai raconté l’anecdote au manager. Il m’a dit que ça ne le choquait pas, et que cette gentillesse avait une explication très simple : presque tous les New Yorkais ne sont pas nés ici. Ils sont donc arrivés un jour, se sont posés les mêmes questions, se sont perdus, et tendent maintenant la main à ceux qui viennent de s’installer ou sont simplement de passage.
The bus stop you’re looking for is actually on the other side of the street.
Après la dégustation, j’ai décidé de prendre un bus pour traverser Central Park et rentrer plus rapidement chez moi. Je lisais le plan à l’arrêt de bus, quand un vieux monsieur m’a dit que je devais prendre le bus de l’autre cote de la rue.
« Comment savez-vous que je vais dans le West Side ? »
« Facile, vous avez l’air dominicaine. »
« Raté, je suis française. »
« Oh, comment vous appelez-vous ? »
« Anna. » (mon vrai prénom est imprononçable pour les américains, donc j’utilise celui-là)
« Oh, Anna ! »
Le vieux monsieur m’a accompagnée jusqu’à mon arrêt de bus en me racontant l’histoire d’Anna, une bonne amie à lui maintenant décédée, qui ne s’était jamais mariée et avait vécue seule toute sa vie avec ses 12 chats dans un appartement de l’East Village qu’elle payait 35 dollars par mois. Puis il a attendu le bus avec moi, même s’il devait le prendre dans l’autre sens, et m’a serrée dans ses bras avant que je ne monte, comme un grand-père l’aurait fait avec sa petite-fille.
You’re the only girl who manage to be cute with short jeans and stockings.
Tout à l’heure, je fumais une cigarette avec un collègue, et une femme m’a lancé ça en passant. C’est une autre manie des New Yorkais : quand ils aiment quelque chose, ils ne peuvent s’empêcher de le dire, même à une inconnue. Combien de fois ai-je eu le droit à des « Oh my god, I love your necklace ! » le matin dans le métro ? Une fois, je lisais le journal dans le métro quand un type s’est penché et m’a fait : « I totally love this actor, he is so charismatic ! Did you see that movie ? You should totally watch it ! » and so on pendant tout le trajet.
Encore quelque chose qui va me manquer à mon retour en France.






17 novembre 2011 à 21 h 13 min
Sympathiques toutes ces petites anecdotes.
Il m’a dit que ça ne le choquait pas, et que cette gentillesse avait une explication très simple : presque tous les New Yorkais ne sont pas nés ici. => oui, j’imagine que l’histoire du pays et de NY (sa « culture ») y sont pour beaucoup.
Bref, si toutes les villes du monde et leurs habitants étaient comme ça (ouverts et prêts à aider), ce serait le pied ! ^^