L'amitié

10 déc 08

Quel sujet niais, allez-vous me dire. L’amitié. De Lorie aux applications Facebook, on ne cesse de nous rabâcher ces « Best Friends For Ever » et tout ce qui va avec.
Je réfléchi en fait à cela depuis le moment où j’ai ouvert ma boîte aux lettres, aujourd’hui, et que j’y ai trouvé une carte de Noël envoyée par ma correspondante japonaise, Moe. Je me suis sentie affreusement mal, car je n’ai pas répondu à ses derniers mails et que je ne lui pas envoyé quoi que ce soit depuis des lustres. Non pas que je n’en avais pas envie, non pas que je manquais de temps, mais à chaque fois que je pensais à elle, je n’avais pas de papier + crayon + enveloppe + timbres sous la main, ou je considérais que j’avais tout simplement mieux à faire et que lui écrire pouvait bien attendre un ou deux jours de plus.
Et de fils en aiguilles, je suis restée plusieurs mois sans lui donner la moindre nouvelle.

Je vous préviens, la suite est longue, et pas franchement intéressante ^^

Et la gentille Moe, sans crier garde, m’envoie cette carte de Noël (qu’on peut déplier et utiliser pour décorer son bureau, et oui, on fait pas les choses à moitié au Japon) pour me souhaiter tout le bonheur du monde et la réussite de mes concours à la fin de l’année.
Alors forcément, dans ce genre de situations, on culpabilise, et son se demande ce qu’on a fait pour mériter autant d’attention.

Ce que j’ai fais, pendant maintenant à peu près un an et demi, c’est lire religieusement ses messages à propos du béguin qu’elle avait pour un garçon de sa classe, ouvrir un dictionnaire français-anglais pour trouver les bons mots, lui apprendre tout ce que je savais sur notre culture et m’intéresser à la sienne, entre autres choses.
Et ça, elle ne semble pas l’avoir oublié, malgré mon silence persistant de ces derniers temps.

J’ai une fâcheuse tendance à oublier mes amis lorsque nos liens se distendent un peu. Je considère qu’une amitié s’entretient et ne peut survivre si elle n’est fondée que sur de vieux souvenirs d’aventures partagées dans le passé. Lorsque j’ai eu la sensation de ne plus ressentir ce lien si particulier avec mon amie de toujours, qui avait traversé avec moi les pires moments de ma vie, sur qui j’avais toujours pu compter, j’ai tout simplement coupé les ponts et arrêté de lui donner des nouvelles jusqu’à ce qu’elle se lasse d’en demander et m’oublie. Enfin, je suppose qu’elle ne m’a pas oubliée, tout comme je ne pourrais jamais l’oublier, mais on fait semblant et on passe à autre chose.

C’est un peu comme lorsqu’on casse un jouet. Il y a deux types de personnes : celles qui gardent le jouet cassé et le posent sur une étagère, car elles y attachent une valeur sentimentale et ne peuvent s’en séparer sans avoir l’impression de se débarrasser d’une partie d’eux-même. Puis il y a celles, plus pragmatiques, qui le jetteront, tout simplement, car ils considèrent la période de leur enfance terminée et qu’il est ridicule de conserver un objet qui n’a plus d’utilité.

Je n’ai jamais voulu d’un simulacre d’amitié où on ne fait que se souvenir de ce qu’on a vécu sans plus rien vivre de réellement nouveau. Je n’ai jamais voulu d’une fausse amitié, où l’on s’envoie quelques messages de temps en temps histoire de dire qu’on pense encore à l’autre. Car une pensée de temps en temps ne fait pas un amitié.
Lorsque mon meilleur ami a cessé de répondre à mes coups de fil pendant quelques semaines, j’ai décidé que c’était fini. Il a bien essayé de me contacter à nouveau par la suite, mais j’étais passée à autre chose.
Et j’étais persuadée d’avoir raison, d’avoir tout compris, de gérer les choses comme il le fallait. Je ne faisais pas partie de ces personnes qui s’empêtraient dans des amitiés sans signification, qui se sentaient entourées alors qu’elle ne fréquentaient que des camarades, des connaissances, des gens avec qui on passe le temps et avec qui on va boire un verre. Je ne voulais pas me rassurer, me donner l’impression d’avoir quelqu’un sur qui compter alors que ce n’était pas vrai.

Je crois maintenant avoir eu tord. Une amitié peut se mettre en veille quelques temps, par la faute d’un ou de l’autre, ou même de circonstances extérieures, puis se réveiller un jour, sans prévenir, et être presque aussi vivante qu’au premier jour. Le peu qu’on a perdu, on peut le reconstruire. On ne peut tourner le dos à tout ce qu’on a vécu avec un ami, qui n’est pas un objet que l’on jette lorsqu’il est usagé.

Sans la savoir, Moe m’a fait réaliser cela aujourd’hui. Je vais aller faire un tour dans les magasins demain pour lui dénicher quelque chose digne de la remercier, puis lui envoyer un colis, avec une longue lettre.
Désolée pour cette longue dissertation sur un sujet que je n’affectionne pas particulièrement, mais je voulais juste être sûre que cela reste gravé quelque part au cas où, on ne sait jamais, une envie subite de jeter un de mes amis me revient.

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2 réponses à: L'amitié

  1. Childwood écrit :

    Welcome coupine. Je sais pas non plus entretenir une amitie, comment qu’on fait ?
    D’ailleurs on est coupine forever ?
    Ok je sors >>

    ps: t’es libre un jour pendant les vacs de Noel toi ?

  2. Lenny écrit :

    En général j’ai du mal à tenir une amitié, mais il y en a deux ou trois, j’les rendrais pour rien au monde !

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