Mesrine : l'Instinct de Mort

30 oct 08

Je vais rarement au cinéma, mais je me suis laissée tentée lundi avec Mathilde. Après avoir hésité à regarder le dernier film de Woody Allen, nous nous sommes décidées à aller voir Mesrine : L’Instinct de Mort, racontant la vie du célèbre gangster français.

J’avoue que j’étais plutôt sceptique. Il faut dire qu’on est rarement gâtés en ce qui concerne les films français.
De plus, je n’avais vu aucune des autres réalisations de Jean-Francois Richet, et je ne savais à peu près rien de la vie de Jacques Mesrine – ce qui a étonné Mathilde puisqu’il a apparemment rythmé la vie des médias durant toute sa cavalcade dans les années 70 et qu’il est devenu une sorte de légende du crime.

Première bonne surprise : c’est Vincent Cassel qui joue le rôle de Mesrine, et il est bluffant de justesse et de réalité.
On oublie très rapidement l’acteur pour se laisser emporter par la vie du petit criminel de Clichy, qui commet des braquages dans des maisons de riches de retraités et se montre extrêmement débrouillard dans les situations délicates.

Malheureusement pour lui, Jacques Mesrine est aussi doté d’un tempérament bouillonnant – déséquilibre psychologique peut-être dû aux horreurs qu’il a vécu durant la guerre d’Algérie où il était soldat – qui lui vaut des incartades risquées dans le milieu de la pègre.
Recherché activement par la police française, traqué par les criminels qui lui reprochent d’avoir désobéi aux règles, il dérape lentement mais sûrement, obligé de fuir en permanence, commettant des crimes de plus en plus graves, alternant périodes d’incarcération et de liberté, amours fusionnels ou sans lendemains, le tout à un rythme de plus en plus effréné qui ne laisse pas une minute au spectateur pour souffler.

Lorsque la séance a été finie, Mathilde et moi-même étions étrangement crispées, comme si nous étions encore dans le feu de l’action.
Le réalisateur a su utiliser des effets de caméra pour rendre toute l’horreur ou l’incompréhension qui se dégage de certaines scènes. Expliquant sans justifier les actes de Jacques Mesrine, il semble admettre que certains passages de sa vie demeureront pour toujours insolubles pour tous, et a préféré se retirer derrière la simple narration des faits, sans rajouter une couche de pathos qui aurait été superficielle et inutile.

C’est donc un film que je conseille à tous et à toutes de voir pendant qu’il est encore dans les salles, et surtout avant la sortie du deuxième Opus, Mesrine : L’Ennemi public n°1, qui aura lieu le 19 novembre. Âmes sensibles, s’abstenir.

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3 réponses à: Mesrine : l'Instinct de Mort

  1. Lenny écrit :

    Je vais essayer d’aller le voir, tu m’en as donné envie ;)

  2. Céline écrit :

    Ce que je trouve impressionnant avec l’histoire de Mesrine, c’est le mythe surtout dans les ciné. Tout le monde le voit comme un héros. Tout le monde oublie qu’il a tué et qu’il était, comme tu dis, complètement déséquilibré. Enfin, le mythe du Robin des Bois marchera toujours.

    Le pire c’est qu’à cause de la guerre d’Algérie, il est devenu extrêmement raciste. Et maintenant, il est vu comme une idole dans les banlieues. C’est quand même bizarre…

  3. Lilou écrit :

    Je voulais aller le voir, mais c’est finalement le dernier Woody Allen qui l’a emporté :)
    &Merci pour le truc des commentaires, je vais y remédier :)

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